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Cynthia Ses

2ème Apéro Livre de la Fnac Cap Sud

mai 28, 2018 8:26 Publié par

Après une première expérience très enrichissante au mois d’Avril, c’est avec beaucoup d’impatience que j’attendais la programmation de l’Apéro livre de la FNAC du 24 Mai 2018.

Passionnée de lecture, de psychologie de l’enfant et de tout ce qui a trait à leur épanouissement, le thème « la lecture et les enfants » tombait à point nommé.

Un peu stressée par mon retard, la découverte de visages familiers me remet  immédiatement  d’aplomb et crée en moi comme un sentiment d’appartenance à ce groupe hétérogène d’amoureux du livre de la FNAC.

En sirotant tranquillement ma coupe de vin… plutôt jus de fruit (restriction de l’allaitement), je m’imprègne de la conversation et on en arrive aux bienfaits de la lecture pour et avec les enfants.

D’abord nous avons abordé le fait de créer un moment d’échange privilégié avec son enfant. Avec la gestion du quotidien et la course permanente contre la montre, les parents sont la plupart du temps dans l’injonction : « Dépêche-toi ! Habille-toi vite ! ».  Lire avec son enfant devient donc l’occasion de marquer un temps d’arrêt, de créer ce moment de partage qui permettra d’améliorer la qualité relationnelle et qui peut très bien s’intégrer à la routine du coucher histoire de canaliser leur trop plein d’énergie.

Ensuite l’enrichissement du vocabulaire. Dans la vie quotidienne nous utilisons en moyenne 500 mots chaque jour dans nos conversations. La lecture permet donc de confronter les enfants à de nouveaux mots. J’ai été obligée à ce stade de la conversation de faire un mea culpa, quand je fais la lecture à mes enfants, j’ai l’habitude de paraphraser les mots en apparence compliqués, leur lire l’explication mais pas le mot. J’ai pris conscience que les priver de ces mots est une atteinte à l’amélioration de leur vocabulaire.

Enfin, la lecture permet aux enfants d’apprendre à se concentrer et à écouter. Certains enseignants présents ont confirmés que les jeunes enfants ont de plus en plus de mal à rester concentrés en classe et ont donc suggéré que ce serait un moyen efficace pour y remédier.

Alors que faire lire aux enfants ?

Pour répondre à cette question une sélection de livres nous a été présentée.

Pour les plus petits, nous avons découverts les livres objets ou livres sensoriels, la matière leur permet d’être palpés et mâchouillés à souhait. Le prototype présenté comprend même un nounours, ce qui évoque plus un jouet qu’un livre et un moment de plaisir en perspective. La collection petit ours brun des éditions Bayard pour les enfants au stade d’apprentissage avec des titres comme petit ours dit non, petit ours fait pipi comme un grand m’a fait penser à Bibi n’aime pas l’école de Murielle Diallo que j’ai lu à ma fille pour préparer sa premièrerentrée scolaire, et Kyatou cache ses dents de Fatou Keita à la perte de ses premières dents de lait.

En ce qui concerne les pré-ados et les adolescents, Elisa Villebrun nous plonge dans l’univers YAMAY avec le premier tome de sa saga :le monde des reflets. Pour l’auteur, le moyen pour captiver les adolescents est de leur raconter une intrigue à laquelle ils peuvent s’identifier, leur présenter un héros auquel ils peuvent s’attacher et leur raconter une histoire de façon simple mais qui tient compte de la complexité de leur état d’esprit.

Nous avons aussi été gratifiés de l’intervention rafraîchissante de la jeune auteure Grace Minlibe, qui nous a présenté son livre « Tristesse au paradis » qui a obtenu une mention spéciale au SILA 2018. Ce livre raconte une histoire d’amour entre une adolescente de 15 ans et un adulte de 26 ans qui ne tourne pas aussi bien que prévu au grand malheur de la jeune fille. Le réalisme dans ce livre qui change des histoires habituelles à l’eau de rose nous a particulièrement conquis.

La soirée continue, on ne voit plus le temps passer tellement les interventions des uns et des autres nous plongent dans des émotions diverses.

D’abord l’auteur Landry Messou nous entraîne dans un moment de fou rire en nous partageant des anecdotes sur son livre les 400 coups d’Abidjan qui raconte des histoires vécues. Ce livre a connu un démarrage tellement fulgurant qu’il est en ce moment en rupture de stock.

Ensuite les libraires nous ont présenté deux livres qui créent de vives réactions chez les parents premier amour qui connait un rejet systématique et l’encyclo de la sexualite 4/6 ans qui a provoqué une crise de nerfs chez une mère. On en a conclu que certains sujets ne cadrent pas avec notre culture ivoirienne et sont encore tabous dans les relations parents-enfants. Pour le coup j’avoue que même moi qui prône l’éducation sexuelle dans mes coachings ai été refroidi par les premières lignes de l’encyclo.

Enfin, un constat est fait en ce qui concerne les ventes de livres pour enfants au niveau de la FNAC, les livres les plus demandés ne sont pas ceux qui ont les meilleurs contenus. La plupart du temps les parents demandent aux enfants de choisir sans vraiment les orienter. Le plaisir de lire n’est plus transmis, il est exigé.

Pour conclure, il faut que les parents s’impliquent de plus en plus pour donner le goût de la lecture aux enfants. Les auteurs, bibliothèques et autres structures littéraires doivent aller de plus en plus vers les enfants des milieux défavorisés. Le coût du livre n’est pas toujours  l’obstacle principal quand on voit des parents se détourner de livres qui coutent 3000 FCFA au détriment de jeux vidéo à 70 000 FCFA. Les auteurs qui prennent le risque d’écrire dans un contexte ivoirien ou l’écriture ne nourrit pas vraiment son homme sont à féliciter et à encourager.

Je suis ressortie de cette soirée qui a finalement duré trois heures la tête pleine d’idées, des collaborations en perspectives et des étoiles pleins les yeux.

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Cet article a été écrit par Cynthia Ses

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