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Nene Fatou

YASSINE

novembre 10, 2013 9:46 Publié par

Trois ans déjà! Waouh! Oui, trois ans que tu es partie. Tu me manques. Et j’ai toujours mal. Je suis vraiment désolée, mais c’est comme cela. Je sens ma poitrine se serrer et pour couronner le tout, bientôt ce sera le 13 septembre, pour me rappeler que tu es partie en paix. Tu sais, les gens ont eu tout faux sur toute la ligne. Ils pensaient que j’allais surmonter rapidement ton départ. Parce que trois ans pour moi, c’est trop tôt. Je me souviens de nos délires; surtout lors du dernier anniversaire que nous avons fêté ensemble. Ton invité qui était gêné face à nos fou-rires. A tel point que nous avons vite recadré la causerie. Je traverse une période très difficile – une autre épreuve de DIEU pour le sondage… de foi – j’entends ton rire à l’évocation de ce sondage. Tout semble se désarticuler. Tu n’es plus là pour qu’on échange. Je suis si lasse et je pense que je vais jeter l’éponge. Tu vois ce que je veux dire. Reprendre mon baluchon et partir. Toujours l’âme d’une nomade.

N’dèye, je t’entends me dire : » ah ma vieille-mère! Vis pour toi et non pour les gens, ni à travers les gens. Peu importe ce qu’ils pensent de toi. Du moment où tu es en symbiose avec Dieu. Certes, nul n’est parfait. Mais nuis le moins possible ». Oui, nuire le moins possible! Cependant, comment savoir qu’on a posé un acte répréhensible, si tout a été dicté par le cœur, par la seule volonté de bien faire et qu’on est entouré de gens qui  » comptabilisent » ? Avec toi, c’est tout autre. Tu me fais me sentir importante, utile et grand-sœur. Oui, je suis la grand-sœur! Et j’use de mon autorité, mais je n’en abuse pas. Tu ne manques pas de m’appeler pour avoir de mes nouvelles, même si on est brouillé; les brouilles ne manquaient pas. On mettait les pieds dans le plat, avec la manière. Et on repartait de plus belle. On se retrouvait à Yop à cuisiner pour les voisins. Je me rappelle, qu’à deux dans la cuisine, pour des recettes que tu as vues à la télé, je terminais souvent seule la préparation. Et j’aimais cela. Je me sentais « capable ». Et tu es partie. Si soudainement. Sans me prévenir. Je sais que tu as essayé. Toutefois, je n’y ai pas prêté attention. Comme quoi, on avait le temps. Quelle erreur!

Et arriva ce jour où tout semblait se liguer pour me mettre hors d’atteinte. Je n’étais joignable par personne. Et c’était le week-end! Le lundi, j’avais un rendez-vous en ophtalmologie; je ne voulais plus y aller, tellement je me sentais lourde, sans raison apparente. J’y suis allée quand même. Et c’est en route que le réseau s’est souvenu de moi: j’étais à nouveau joignable. Un coup de fil m’informant que je devais me rendre à la grande famille. En l’espace de deux heures, je reçus cinq coups de fil me demandant ma position. Le dernier coup de fil m’a trouvée chez notre opticien avec qui je parlais de toi. Arrivée à la maison, j’ai lancé un  » bonjour » très enjoué qui n’a pas rencontré la réponse escomptée; personne n’osait me regarder en face. Cela m’a un peu ébranlée. J’ai rejoint maman dans la chambre. Elle m’a proposé à boire, j’ai décliné; puis elle a insisté pour que je mange. Je lui ai répondu que je jeûnais. Il était 13h20. Elle m’a dit d’aller prier. Hum! Hum! Ai-je répondu. Je sais que tu as quelque chose à me dire. Je ne pourrai pas prier sans savoir de quoi il est question. S’il te plait, dis-moi. Me regardant dans les yeux, elle mit fin à mes inquiétudes:  » Yassine est partie en paix ». Sans mot, je me suis levée pour me préparer pour la prière. Seule, dans la chambre, sur le tapis pour magnifier mon Seigneur, j’éclatai en sanglots. Je suffoquais. COMMENT? OH COMMENT, MON DIEU? Et non pourquoi? Mon Dieu, absous ses péchés, ouvre-lui les portes de Ton paradis. Amine.

Maman est venue me chercher. On n’attendait que moi que pour aller à l’enterrement. Donc je ne pourrai pas la voir pour lui dire au revoir. « Non » a été la réponse, je n’étais pas venue à temps. Les hommes étaient déjà partis au cimetière. Yassine, prie pour moi pour que DIEU me fortifie! Tu me manques et aujourd’hui plus que jamais. Pardonne-moi, si je pleure en pensant à toi; je ne peux m’en empêcher. Pardonne-moi si je te fais souffrir. Sais-tu que  » THE DENTIST » m’a appelée, il y a deux semaines ? Il n’arrivait pas à te joindre. Dans la paix du seigneur, ma petite sœur s’est endormie, lui ai-je dis.

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Cet article a été écrit par Nene Fatou

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Comments (9)

  • Sadjee 10 novembre 2013 à 23 h 31 min

    La gorge nouée…la gorge nouée.

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    • Nene Fatou 11 novembre 2013 à 9 h 18 min

      La mienne l’est aussi, quand je pense à elle…

       Reply
  • Josya Kangah
    Josya KANGAH 11 novembre 2013 à 7 h 21 min

    Histoire, Triste, fluide et bien racontée.

    Merci Nene Fatou

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  • Licka choops 11 novembre 2013 à 16 h 04 min

    je reste sans mots

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  • Skyrocket
    Skyrocket 14 novembre 2013 à 13 h 59 min

    J’ai eu du mal a retenir mes larmes. Le texte est bien ecrit, que Dieu aies pitie de son ame et fortifie sa famille.

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  • KABA Kouda 12 décembre 2013 à 15 h 42 min

    Trop émouvant, difficile de perdre un proche, un être cher.

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