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Vanessa

UNE RENCONTRE INATTENDUE

novembre 21, 2014 10:30 Publié par

Je quittais le marché de Génie 2000 quand je la vis. A dire vrai, c’est elle qui m’avait reconnue. Ce matin- là, mon esprit était plutôt préoccupé par l’agapè que mon ONG organisait. Nous avions décidé de clore notre prochaine rencontre par un repas. Je venais d’acheter de l’attiéké, cette semoule de manioc dont raffolent les ivoiriens. C’était Amenan, ma camarade du quartier que j’avais perdue de vue.

     Nous  étions heureuses de nous revoir après tant d’années. Nous sommes  restées dans les bras l’une de l’autre, émues par cette accolade. Les passants nous bousculaient. Nous nous sommes séparées. Dans nos yeux mille et une questions. Les clameurs du marché nous empêchaient de nous entendre :   « ma chérie, ma ché viens voir y a jolis oignons », « pardon on veut passer libérer le chemin avec vos marchandises ! », « laisse-moi est-ce que je t’ai dit que je viens pour acheter des habits ».

L’appartement d’Amenan n’était pas loin du marché. C’est là que nous avons échangé plus amplement autour d’un café et de madeleines. Je ne pouvais m’empêcher de regarder Amenan dans les moindres détails. Elle avait complètement changé. Son teint de fève de cacao séché faisait des reflets. Elle portait une tenue en pagne qui dessinait ses courbes. Elle était devenue très belle. Je me suis souvenue des haillons et des habits démodés qu’elle portait quand nous étions plus jeunes. Elle qui vivait avec sa marâtre et sa demi-sœur  dans un studio exigu au quartier Koumassi Prodomo. A quoi était dû ce changement ? J’avais hâte de savoir ce qui s’était passé dans sa vie.

-Dis-moi Amenan comment as-tu  quitté Koumassi pour Génie 2000 ? Je veux en savoir plus. Tu n’as pas intérêt à me cacher quelque chose.

-C’est une longue histoire, Brigitte. J’espère que tu as du temps.

J’avais oublié ma réunion et les boules d’attiéké posées sur la table centrale. J’appris ainsi qu’à la mort de son père sa marâtre l’avait emmenée dans une agence de placement de servante. Dans le contrat sa marâtre était celle qui devait recevoir son salaire.

A douze ans, elle avait travaillé dans une première famille. Son gain servait aussi à scolariser sa sœur. En fin de mois lorsqu’ elle retournait en famille sa marâtre lui  donnait la somme de 2000 francs avec une nouvelle robe et un dessous en lui disant de ne pas tout dépenser afin d’avoir les moyens de revenir à nouveau à la fin du mois suivant. Parfois elle se disait que sa marâtre devenait affectueuse.

Durant deux ans, elle n’avait jamais su le montant exact de sa paie. Une nuit, le fils de ses patrons avait tenté de la violer. C’était un jeune à la mauvaise fréquentation, drogué la plupart du temps.  Seule sa mère le soutenait. Son père  n’hésitait  pas à le sermonner ou  à le chasser  quand il était saoul. Il n’était jamais à la maison. Il partageait  la même chambre qu’Amenan mais pas le même lit. Ses cris et ses pleurs avaient alerté ses patrons.  Pour éviter d’éventuels désagréments, ils lui avaient  demandé de partir.

Elle avait travaillé ensuite dans une autre famille. Là elle fut inscrite en cours du soir. Elle y allait après ses travaux.

-Brigitte! Dieu ne dort pas. Ma patronne a aimé mon attitude. Je m’occupais très bien de sa fillette et j’entretenais parfaitement sa maison. Ce qui n’était pas le cas avec les précédentes. C’est ainsi que je me suis remise à étudier. Des années plus tard j’ai obtenu mon brevet et le concours d’institutrice.

-Je vois bien que tu portes une alliance. Où est celui qui partage ta vie? Vit-il avec toi ici? Et comment l’as-tu rencontré ?

-Arrête de m’accélérer avec tes questions! Il avait l’habitude de venir où je travaillais. C’est le fils à un ami de mon ancien patron. On vit ensemble depuis qu’on est marié. Cela fait maintenant cinq ans.  Il n’est pas encore rentré sinon je te l’aurais présenté.

-Que fait-il?

-Il est l’assistant du ministre de la famille, de la femme et de l’enfant.

-Maintenant parle-moi de ta sœur. Qu’est-elle devenue?

-Elle a passé plusieurs fois le Brevet d’Etude du Premier Cycle sans succès. Elle s’est fait entretenir par un homme marié depuis lors. A présent, elle vit à Marcory Résidentiel avec sa mère dans une maison louée par son amant.

J’ai été émue de savoir qu’elle était devenue directrice d’une école dans son quartier quant à  moi j’étais comptable dans une entreprise de transit. Elle m’informa également qu’elle était la fondatrice de l’Association pour la Restauration des Droits de la Femme(ARDFEM). Cette association  a permis aujourd’hui de valoriser le travail de femmes de ménage avec un salaire minimum de quarante mille francs. J’ai résolu ainsi de l’inviter à la prochaine conférence qu’organisait mon ONG Ligue Ivoirienne Des droits de l’Homme(LIDH).

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Cet article a été écrit par Vanessa

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Comments (5)

  • M.C AGNINI
    M.C AGNINI 21 novembre 2014 à 12 h 02 min

    Merci Vanessa mais j’avoue que j’ai lu ce texte jusqu’à la fin en restant sur ma faim. Il n’y a pas vraiment eu l’accroche que j’attendais.
    Dans ce paragraphe par exemple, on perd le message que tu veux véhiculer. Il y a beaucoup trop d’événements alignés selon moi : « Durant deux ans, elle n’avait jamais su le montant exact de sa paie.[…] Pour éviter d’éventuels désagréments, ils lui avaient demandé de partir. »
    Ce que je retiens pourrait se résumer ainsi : « Une nuit, le fils de ses patrons avait tenté de la violer. Ses cris et ses pleurs avaient alerté ses patrons. Pour éviter d’éventuels désagréments, ils lui avaient demandé de partir. »

    Pour ce qui est du sujet abordé, la moralité est bonne.
    Merci pour ce texte et beaucoup de courage pour la suite. .

     Reply
  • Licka choops 23 novembre 2014 à 7 h 44 min

    Il me semble que le fond de ton histoire est bien, comme le disait steph bonne moralité mais je n’ai pas du tout accroché, je sais pas pourquoi. Je trouve le style trop basique, basique dans le sens ou je n’ai plus l’habitude le lire ce genre d’histoire, pour moi plus de recherches stylistique rendrait ce texte plus lisible à mon gout hein. J’aurai bien voulu voir au milieu de ce langage familier, plus d’élégance de mots, dans les tournures de phrases, et aussi dans les émotions;
    Quoi qu’il en soit pour la moralité ton texte est à saluer et je t’encourage vivement. Merci

     Reply
    • Vanessa 23 novembre 2014 à 9 h 59 min

      Merci pour tes remarques j’en tiendrai compte pour ma prochaine histoire.

       Reply
  • Marshall Kissy
    Marshall Kissy 24 novembre 2014 à 7 h 52 min

    Revoilà le silencieux-à-ses-airs-neufs 🙂
    Bonjour Vanessa ! Bienvenue ! Bienvenido ! Wilkommen ! Akwaba ! Et bon soleil à ton encre 🙂
    Comme à mon habitude, j’aimerais m’attarder sur la forme.

    D’une manière générale, je note que nombreuses sont les virgules qui manquent à la narration. On ne fait pas assez attention à elles et pourtant combien cruciales sont-elles !

    Plus spécifiquement, Je note une dis-concordance de temps »verbal dans l’extrait ci-après, c’est à dire, un mélange de présent et de passé qui, ici, n’a pas lieu d’être.:
    Nous étions heureuses de nous revoir après tant d’années. Nous sommes restées dans les bras l’une de l’autre, émues par cette accolade. Les passants nous bousculaient. Nous nous sommes séparées.  » / Nous étions… Nous restâmes dans les bras… Nous nous séparâmes…

    Deuzio, voici une coquille que je me permets de relever (Conjugaison & ponctuation) :
    pardon on veut passer libérer le chemin avec vos marchandises / Pardon, on veut passer. Libérez le chemin

    Je ma’arrête là.
    Encore félicitations pour cette première publication par laquelle tu nous fait voyager dans ton imaginaire !

    ***Le poète d’ l’Espoir***

     Reply
  • Heidi 28 novembre 2014 à 21 h 55 min

    Hello et bienvenue Vanessa
    Je partage l avis des précédents lecteurs. Il y a trop d événements éparpillés en un seul texte’ qui mériteraient de faire le objet de plusieurs nouvelles. Bonne continuation!

     Reply

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