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Licka choops

LE BONHEUR PAR LA FOI (1)

septembre 15, 2012 9:00 Publié par

Ariane faisait partie de ces filles qui savaient ce qu’elles voulaient. Elle avait été éduquée dans les règles et avait eu une enfance des plus joyeuses. Son adolescence, elle l’avait passée à l’internat de son lycée d’excellence Sainte Marie situé à Cocody. De ce fait, elle eut un cursus brillant et sans faute jusqu’au bac. Cependant, sa vie sociale en paya le prix ; car elle n’avait jamais eu d’amis et les autres la trouvaient un peu hors service.

Mais que faire des amis quand on a la famille ? Après son bac elle alla à Paris continuer ses études chez une amie de ses parents.

Plusieurs années d’études après, notre petite solitaire revient au pays, son diplôme d’architecture en main au grand bonheur de sa famille.

Il est 20 heures, il pleut dehors et l’aéroport FHB est plein de monde. L’avion vient d’atterrir. En descendant  les marches de l’appareil, Ariane sent comme un pincement dans sa poitrine, revenir au pays après si longtemps était pour  elle un pas vers une vie nouvelle. Elle avait demandé à sa famille de ne pas venir la chercher, elle prévoyait rentrer en taxi. Marchant la tête baissée, l’esprit loin de la réalité,  elle ne voyait rien ; jusqu’à ce qu’elle entende son prénom. L’appel venait de derrière. Elle reconnaissait cette voix féminine si douce à ses oreilles. C’était bien  Élisa,  sa grande sœur. Le sourire qui ornait le visage d’Élisa laissa place à un visage interrogateur quand elle vit sa sœur.

C’est sans un mot qu’elles montèrent en  voiture. L’atmosphère était  lourde, le silence pesant, c’est Ariane qui décida de rompre ce silence :

–   Parle-moi Élisa !

–   Te parler ? Pour te dire quoi ? Que  je suis contente ? Que je te félicite ?

–   Pardonne-moi Élisa je ne voulais pas!  snif

–   Oh ! Non, ne pleure pas Ariane tu en décevras plus d’un ! Imagines la surprise des autres qui t’attendent à la maison. Non mais je rêve ! Et tu es a combien ?

–   5mois !

En effet notre petite Ariane portait une grossesse de 5 mois qu’elle avait cachée à sa famille et même à sa tutrice. Apprenant son état elle avait décidé de quitter la maison de sa tutrice pour vivre en colocation avec une de ses amies. Elle avait coupé ainsi les ponts avec sa tante sans donner d’explications. La question qu’elle redoutait le plus était qu’on lui demande qui était l’auteur de cette œuvre, vu qu’elle n’avait jamais présenté quelqu’un comme compagnon.

Le voyage se passa sans mot, bientôt Élisa débarqua devant la villa de ses parents dans le quartier de la Palmeraie non loin de l’Église N.D.I.

Quand la mère et le père d’Ariane virent leur fille enceinte, ils ne surent quoi dire ni comment le dire, ils restèrent silencieux. Ariane se mit à pleurer elle était mal en elle-même et se laissa tomber dans le canapé, se prit le visage entre les mains et se mit à crier :

–   Parleeez ! Dites quelque chose ! Mais pitié, ce silence me rend folle.

–   Que veux-tu entendre ? cria son père. Comment oses-tu venir ici enceinte ? J’espère que le père arrive bientôt ! SINON …

–   …sinon quoi, papa ? Tu me mettras à la porte ? Figure-toi que je pèse le mal que je vous fais. J’en suis navrée mais je ne suis plus votre petite fille d’avant. J’ai 24 ans aujourd’hui et je vis de mes propres moyens alors s’il te plaît.

–   Qui est le père ? demanda sa mère sur un ton calme et ironique.

–   Il fallait poser cette question avant de me regarder de haut et de me juger, je ne veux pas en parler. Pardon mais je dois y aller.

–   Où ? demanda sa sœur.

–   À l’hôtel ! Cela vaut mieux. Je reviendrai dans la semaine vous parler.

Ce retour brutal était source d’inquiétude pour tout le monde. Ariane arrêta un taxi et descendit dans un petit hôtel pas loin, après avoir réglé les formalités elle monta dans sa chambre. Fatiguée des émotions de la journée, elle alla prendre un bain bien mérité. Parfois elle regardait son ventre dans le miroir et pensa au père et à sa vie brisée, puis elle pleurait sans trop savoir comment faire face à cette situation.

Toute la semaine, elle se concentra sur l’ouverture de sa boîte. Elle avait déjà plusieurs clients, justement aujourd’hui elle devait rencontrer un gros client pour un énorme projet.

–   Madame, le patron va vous recevoir, première porte à gauche au fond du couloir.

–   OK merci.

Habillée d’un tailleur noir très classe, sur ses talons hauts, son sac de travail Cartier à la main, Ariane marchait avec élégance. Bientôt, elle était devant monsieur Diop Cheick, homme d’affaire très influent possédant de nombreux biens immobiliers tant en Côte d’Ivoire qu’au Sénégal, son pays d’origine.

–   Ah ! bonjour mademoiselle entrez donc et prenez place. Je vous sers à boire ?

–   De l’eau, s’il vous plaît !

–   Ok ! Christiane, apporte-nous des rafraîchissements et une bouteille d’eau minérale, s’il te plaît ! Bon je suis à vous, mademoiselle Kouao.

–   Appelez-moi Ariane, je vous en prie !

–   Tutoyons-nous donc Ariane, déclara Cheick en riant. Tu as  reçu mes propositions ?

–   Oui, en effet Cheick, mais j’avoue ne pas vraiment entrer dans ta vision, tu veux ouvrir une chaîne d’hôtels de luxe, mais je trouve sans vouloir te blesser que tes idées sont un peu rudimentaires, loin du glamour et de la classe que l’on s’imagine quand on pense à un  hôtel de luxe ! Euh, je ne vais pas trop vite j’espère !

–   Non, pas du tout ! J’écoute, Ariane.

–   Ok ! Voici mes plans pour ton hôtel j’ai bossé dessus depuis la France. Quand tu m’as contactée, je n’avais pas beaucoup de temps. J’ai donc fait un dossier qui explique chaque étape du plan et quand tout sera ok, je repasserai.

–   J’admire ton professionnalisme, il n’y a aucun problème. Je lirai moi-même le dossier et je t’appelle.

–   Ok merci, bonne journée !

–   A toi également !

Cheick était un personnage bien particulier, drôle et travailleur. Il avait le respect d’autrui et plusieurs autres valeurs morales qui faisaient de lui un employeur d’exception, un ami de qualité, un fils de fierté et ses origines diverses lui donnaient un visage agréable à regarder.

Il était 19 heures quand le taxi d’Ariane gara devant la porte de ses parents, après une semaine à les éviter, il était temps se disait-elle, d’affronter ses peurs car elle ne pouvait garder en elle ce mal. C’est au salon des affaires qu’on la recevait ; salon des affaires parce que chez les Kouao quand une affaire se montrait grave, les concernés entraient dans ce salon sombrement décoré, aux fauteuils rouges, à la tapisserie beige et aux lumières tamisées. Au mur, il y avait des peintures d’artistes amateurs achetées, soit aux feux tricolores, soit dans de petits magasins ou encore offertes par des amis.

–   Maman papa, Elisa, je suis désolée de ne pas vous avoir dit plus tôt que j’étais enceinte, j’aurais voulu mais la nature ne s’est pas mise de mon côté et j’en ai perdu la force. J’ai connu un homme, nous avions une relation qui selon nos proches serait pour toujours et nous nous aimions. De race blanche, c’était un jeune espagnol qui vivait en France et il fut mon guide sur la fac. Bref, il m’avait  présentée à sa famille comme sa fiancée et nous projetions de nous marier. Et bien sûr, de venir ici faire les procédures que cela demande. Je connais les règles des relations hommes-femmes. J’avais choisi l’abstinence, mais voyant le mariage proche, je me suis laissé guider par la chair. Quand Rodrigo a su qu’il serait père, il fut l’homme le plus heureux du monde, mais le lendemain, il était dans l’avion pour se rendre auprès de sa sœur malade. Deux jours après son arrivée, il m’a fait parvenir une bague et me fixa une date pour le mariage. Oh ! Que j’en étais heureuse ! Mais voilà qu’un soir, son frère arrive chez moi, en larmes m’annonçant, la mort de son petit frère. Je suis revenue ici le cœur brisé ayant perdu mon homme et n’ayant jamais pu voir son corps. Sa famille m’a soutenue le premier mois du drame, mais après sa mère et ses sœurs ont commencé à dire que mon enfant n’était pas de leur fils et qu’une négresse comme moi avait certainement empoisonné leur enfant ! SNIF

Ariane fondit en larmes, ses parents comprirent alors son mal, ils étaient prêts à l’épauler et à lui pardonner. Le calme revint enfin mais la douleur restait permanente.

Ce mardi matin c’est la sonnerie de son portable qui la réveilla :

–   Allô ! fit-elle.

–   Oui, allô ! Ariane c’est Cheick comment vas-tu?

–   Bien, j’étais encore au lit.

–   La grossesse te fatigue-t-elle ?

–   Non, pas vraiment mais bon et toi alors ?

–   Euh… très bien ! J’aimerais vous inviter ce soir à une réunion avec mes associés, nous voulons signer avec vous et vous offrir un poste permanent chez nous.

–   Wahouuuu ! Merci beaucoup, bien sûr que j’accepte l’invitation.

–   Super ! C’est chez moi ! A 20 heures. Je vous envoie l’itinéraire par SMS.

–   Ok ! A ce soir et encore merci !

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Cet article a été écrit par Licka choops

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Comments (5)

  • Roger Joséphine 16 septembre 2012 à 14 h 58 min

    Belle histoire mais il m’apparait quelques zones d’ombre. Comment se fait il qu’un homme ayant pour dessein de s’engager avec une femme au point de parcourir des milliers de kilomètres pour se faire gendre, ne se présente d’abord pas à la tutrice qu’il peut aisément voir?
    Et l’histoire quoique belle manque de dynamisme, d’interrelation entre les micro récits.

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  • josya kangah 16 septembre 2012 à 21 h 45 min

    Je partage l’avis de Roger Joséphine. Certains détails manquent à l’histoire. Ensuite, qu’elle soit enceinte ne doit pas occulter le fait qu’elle rentre au pays avec non seulement son diplôme mais aussi et surtout du travail. Cette grossesse devrait représenter la cerise sur le gâteau, un vrai bonheur en somme. L’histoire de l’auteur de cette grossesse laisse planer beaucoup de doutes. Le texte manque de rebondissements. j’espère qu’on en saura un peu plus dans la suite de l’histoire. Quoi qu’il en soit, tous mes encouragements à Licka choops.

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  • Mivek DK 18 septembre 2012 à 10 h 40 min

    tout a fait d’accord avec vous. je trouve l’histoire un peu tirée par les cheveux et pas très réaliste. comme le dit, Roger Joséphine, quelqu’un qui veut épouser une dame, qui l’envoie rencontrer ses parents, qui lui envoie une bague et tout et qui est incapable de se présenter, ne serait-ce qu’à sa tutrice! c’est un peu tiré par les cheveux.!!!!

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  • Licka choops 29 septembre 2012 à 14 h 36 min

    leur relation était secrete,du moins en ce qui concernait la famille de la fille. ils avaient des projets de mariage et comptait en parler a la tante au bon moment afin de commencer les démarches,j’aurai du mieux l’expliquer c’est vra

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  • Licka choops 29 septembre 2012 à 14 h 42 min

    deja pour moi en expliquant son adolescence je pensais avoir fait resortir le caractere difficile des ses parents.Et si vous lisez bien l’on voit que tout le monde était content qu’elle revienne avec son diplome,sa soeur l’attendait avec un beau sourire,fiere et tout mais pour les regles d’ethique de leur famille cette grossesse était mal venu,chaque famille sa pensée je crois
    mais j’apprends beaucoup de vos critiques la suite est disponible et j’espere que vous pourez rejoindre ma vision,toutefois merci beaucoup

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