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UN NOUVEAU COMBAT COMMENCE

novembre 14, 2014 10:45 Publié par

Deux plateaux, Angré, cela faisait trente minutes que Sandrine Abié, debout à son balcon, regardait passer et repasser les véhicules qui empruntaient la voie goudronnée non loin de son immeuble.

Elle se rappela soudain la nuit où tout a basculé pour elle. Cette nuit d’il y a six ans qui l’a totalement transformée. Elle avait gardé tout cela au plus profond d’elle et aujourd’hui, tout remontait à la surface comme si nous étions 288 semaines en arrière.

Elle essayait de s’en détourner, cependant, c’était comme si la providence lui en voulait et semblait tenir à lui infliger une sévère punition. Elle se rendit alors dans la cuisine, ouvrit le troisième placard partant de la gauche, suspendu au mur puis dirigea sa main vers la bouteille de whisky déjà entamée.

Elle ne prit même pas la peine de chercher un verre. Elle porta la bouteille directement à la bouche.

Elle en voulait à son entourage de n’avoir pas fait l’impossible pour la sortir de cette situation après le drame qu’elle avait vécu…

C’est ivre et presque inerte que Joan la trouva étalée à même le sol lorsqu’il vint quelques heures plus tard lui annoncer qu’elle avait été retenue dans une société de la place pour un poste qu’elle rêvait d’occuper depuis qu’elle était sortie de l’institut polytechnique avec un diplôme d’expert-comptable.

Il la souleva puis pris la direction de la salle de bain ou il l’allongea dans la baignoire et renversa un seau d’eau glacé sur elle.

–  Sandrine, ne penses-tu pas qu’il est temps de prendre part à une de ces réunions d’alcooliques anonymes, histoire de prendre conscience de la chance que tu as contrairement à d’autres qui malgré tous leurs soucis essaient tant bien que mal de sortir la tête de ce gouffre dans lequel tu t’es plongée depuis cet accident qui a couté la vie à maman ?

Je comprends que tu t’en veuille d’avoir été au volant cette nuit là et de n’avoir pas cédé à tes blessures afin de la suivre. Cependant, n’as-tu jamais envisagé que Dieu a un plan pour toi et qu’il ne saurait te prendre avant que tu ne l’aie accompli ?

Réfléchis bien ! Je laisse la carte de visite de la société qui désire t’embaucher et les indications du lieu où se tiennent les réunions d’alcooliques anonymes sur la table du salon. A un de ces jours !

Elle entendit quelques minutes plus tard la porte d’entrée claquer. Il venait de s’en aller, la laissant toute seule, livrée à ses pensées et aux bouteilles d’alcool qui avaient rempli l’armoire de la cuisine.

Il lui vint l’envie de boire quelques gouttes, mais elle s’en retint. Encore allongée dans la baignoire, elle fit un retour dans le passé et se rendit compte des ravages que l’alcool avait pu causer dans sa vie depuis le jour où elle toucha à sa première bouteille. Ses joues se remplirent de perles salées.

Aujourd’hui, cette introspection a conduit mademoiselle Abié devant cette porte qu’elle peine à ouvrir. Au-dessus de la poignée, il est inscrit en bleu ciel, sa couleur préférée « Faites de votre vie quelque chose de beau ». C’était la salle de réunions des personnes qui avaient marre de rester prisonnière de l’alcool et avaient décidé de s’en libérer…

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Cet article a été écrit par pticoeur

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Comments (3)

  • Licka choops 14 novembre 2014 à 16 h 07 min

    hello j’aime bien le pseudo  » ptcoeur » je me demande si tu es une femme ou un homme, mais je penche pour dire que tu es une femme. Voilà ton texte il est simple, se laisse lire facilement c’est cool. Tu abordes avec simplicité un sérieux problème ! L’alcool qui s’est fait aide soignante de certains coeurs blessés. Merci de donner pt message d’espoir à travers « Faites de votre vie quelque chose de beau ».
    Mon ptt soucis ptcoeur c’est que moi j’aime l’émotion et c’est vrai c’est triste de se sentir coupable de la mort de sa maman vu les circonstances, encore plus triste de mettre sa vie en pause pendant 6 ans à cause de la tristesse et le remord ! Mais je voulais mieux percevoir cela, mieux sentir que l’alcool avait gaché sa vie. Mieux vivre toute cette histoire. Sinon merci ptcoeur

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  • pticoeur 17 novembre 2014 à 14 h 33 min

    Coucou Licka! Oui oui je suis une femme, merci pour le commentaire, je tacherai de remedier aux imperfections dans le prochain article 🙂

     Reply
  • Marshall Kissy
    Marshall Kissy 24 novembre 2014 à 9 h 04 min

    J’aime ce détail peu commun (288 semaines) « comme si nous étions 288 semaines en arrière »
    J’aime tout aussi cette phrase « Ses joues se remplirent de perles salées » dont la poéticité m’étreint joliment… 🙂
    Un effort de création qui est à saluer !

    Coquilles
    Je comprends que tu t’en veuille (veuilles)
    des personnes qui avaient marre de rester prisonnière (prisonnières)

    Mon avis : l’intrigue de ce récit m’a très peu emporté… La question qui y est traitée est essentielle, d’actualité, mais manque un peu de profondeur.
    Félicitations pour ce premier texte ! Et sache que nos remarques sont surtout constructives. Loi de nous toute idée délétère, très loin de nous toute malveillance !

    *** Le poète de l’Espoir ***

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