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Kakou Bi

UN 31 DECEMBRE

février 19, 2013 8:45 Publié par

« C’est Bon, ça y est! » Dis-je en un soupir…

Après l’exécution d’un geste digne du gentleman cambrioleur, je venais d’ouvrir la porte de la maison familiale. Il était temps! J’avais vraiment besoin de repos et de réflexion après cette fête mémorable ! Oui, aussi bizarre que cela puisse paraître, une soirée festive m’avait donné à réfléchir. Certes, la majorité des souvenirs qui y étaient liés donnaient plus à sourire qu’à cogiter, mais ils étaient tous entachés d’une sensation désagréable qui avait fini par réduire la joie suscitée par ces instants de folie : je me sentais terriblement seul.

Bien que les jolies filles fussent en grand nombre sur place, aucune n’avait été en mesure de me soulager. Cette situation me rappelait un dicton que j’avais entendu peu de temps auparavant: « aucune femme ne peut mieux prendre soin de toi que la tienne ».

Ce sage devait sûrement penser à moi, tant ses paroles retranscrivaient les évènements que je vivais avec justesse. En effet, cela faisait huit jours que Kris ne donnait plus de ses nouvelles. Je n’avais même pas eu droit à un message pour Noël. Mademoiselle avait repris son célébrissime silence radio. Mais cette fois, c’était trop me demander que de lui courir après, j’étais agacé par sa mauvaise habitude de se replier sur elle-même plutôt que d’exposer les problèmes.

Cependant, en ce petit matin, j’avais pris une décision. Plus question de jouer à ce jeu par trop stupide et sournois. Je devais prendre mes responsabilités et faire comprendre à Kris que la plaisanterie avait assez duré, quitte à prêter le flanc. Elle dépassait vraiment les bornes.

Kris, Kris, Kris, je vais m’en souvenir pendant longtemps! Deux fois dans l’année déjà, nous avions tenté de nous engager, et chaque fois nous nous étions séparés. Cette troisième tentative partait pour être la bonne tant on avait pris de résolutions. Des heures de conversations à négocier ce contrat juteux et durable que devait être notre relation, une complicité à toute épreuve, et tellement de ces petites choses de nature à embellir la vie de couple. Tout semblait idéalement lancé.

Seulement, après un mois, nous avions eu plus de bas que de hauts entre l’absentéisme de Madame et la volonté de Monsieur de voir physiquement sa moitié aussi souvent que possible. Et je dois reconnaitre que ce n’était pas toujours de sa faute. En effet la genèse de notre engagement coïncidait avec une période trouble pour Kris. Ma perle venait de rater son année et cela l’avait plongé dans un état proche de la dépression. Ma présence s’était donc avérée primordiale pour lui rendre son si beau sourire. Cela dit, au regard de la situation tendue qu’elle vivait en famille, il était hors de question qu’elle se libère suffisamment pour passer du temps avec moi. C’était la principale source de nos disputes. Mais bon, malgré tout, nous essayions de maintenir la flamme, qui avait tendance à vaciller….jusqu’à ce soir où tout a basculé.

C’était l’anniversaire de Kris. Sa famille avait donc organisé une petite fête pour célébrer l’évènement, fête à laquelle j’avais été bien évidemment convié par ma chérie en tant qu’…ami. Oui c’est bien ça! En tant que vulgaire copain de faculté. D’après elle, présenter un homme en pareille circonstance serait déplacé, sachant qu’elle venait à peine d’être inscrite dans sa nouvelle école et qu’elle était surveillée de près. Comme si ça ne suffisait pas, pendant que j’étais en route, elle m’envoya un message dans lequel elle mentionnait qu’il fallait que je rentre chez moi! D’après ses dires, il n’était plus possible qu’il y ait d’invité autre que la famille. Surpris, mais surtout remonté contre mon « beau-frère » ,je balayai sa consigne du revers de la main et quelques dizaines de minutes plus tard j’arrivai sur les lieux. Pour m’assurer que Kris ne sortirait pas pour m’intercepter après que je l’aie averti de ma présence, j’empruntai les escaliers plutôt que l’ascenseur. Je dois dire que je ne ressentis aucune fatigue à traverser les treize étages tant j’étais occupé à me demander ce qui ne tournait pas rond. Ah oui c’est vrai, j’ai oublié de mentionner que je venais de voir, au rez-de- Chaussée, son frère-que je connaissais de visu- qui était descendu chercher des chaises, en nombre relativement élevé. Plutôt étrange pour une fête sans invité extérieur ! Quoi qu’il en soit, j’en allais bientôt en avoir le cœur net. A peine arrivé sur le pallier, je tombai nez à nez avec Kris qui m’annonça immédiatement que tout cette histoire n’était en fait qu’une farce destinée à s’assurer que j’allais venir, me sachant borné. Pour être honnête, je fus soulagé mais également flatté de savoir que mon bébé me connaissait aussi bien.

J’entrai donc d’un pas assuré dans l’appartement, parfaitement détendu, avec l’assurance que la soirée allait bien se passer. Tout se passa effectivement très bien jusqu’au moment du repas. Le moment où arriva Hassan, le voisin. C’était un habitant de l’immeuble, un ami de la famille visiblement, au regard des familiarités qu’il avait avec les autres convives, surtout avec Kris. J’appris au gré des bribes de conversation que j’entendis qu’il avait été victime de la farce dont j’avais fait les frais plus tôt. Mon sang ne fit qu’un tour. En qualité de quoi avait-il eu à se voir bénéficier du même traitement que moi, qu’importe le domaine? De quel droit s’adressait-il à Kris avec autant d’aise? Qui était-il en réalité?

Avec toutes ces questions, il est clair que la suite de ma soirée fut peu agréable. J’en voulais à ma dulcinée de me laisser pour compte bien qu’elle sut que je n’avais personne d’autre à qui parler mais surtout que c’était pour elle que j’étais là. Trop occupée à faire la causette à Hassan, Kris ne remarqua même pas que mes yeux lui jetaient des éclairs. J’avais l’impression d’être de trop et la sensation d’être en face d’un rival potentiel me hantait à chaque instant. Bref, c’était loin d’être le meilleur anniversaire auquel je sois allé. Au point où je perçus mon départ comme un soulagement et, à vrai dire, j’eus l’impression que ce sentiment était partagé par mes hôtes.

Suite à cette soirée, je commençai à ressentir une certaine cassure entre nous, qui allait se confirmer sans attendre. Les jours qui ont suivi, elle était plus absente que jamais. Les cours avaient commencé et Kris, voulant se donner à fond entre son année ratée et son retard dans sa nouvelle école, m’avait relégué au second plan et ce passage sans transition entre une présence quasi permanente-pas toujours physique certes- et ce silence, je l’ai très mal vécu. Cependant s’il était vrai que j’avais de bonnes raisons de lui mettre un peu la pression pour qu’elle donne des nouvelles plus souvent, ma manière de le faire relevait la plupart des cas à du harcèlement.

De guerre lasse, Kris finit par craquer. Elle me fit comprendre que je passerais toujours après ses études, suppliant presque de la laisser rattraper son retard. Piqué au vif mais néanmoins conscient de mes erreurs, je décidai de la laisser tranquille et de vaquer à mes occupations en attendant les congés de Noël, me contentant de répondre invariablement aux gens qui me demandaient de ses nouvelles: « elle va bien, elle est à fond dans ses études »

Quelques jours avant le début des congés, je refis surface par l’intermédiaire des éternels messages, mais cette fois ils ne nécessitaient pas de réponse. Et franchement, je me serais bien passé des réponses dépourvues de la chaleur que je lui connaissais, et auxquels j’ai eu droit. Le fossé que je craignais s’était bel et bien creusé. Sur le moment j’imaginai que ma Belle avait quelqu’un d’autre dans sa vie. Et mes pensées me guidèrent naturellement vers Hassan! En effet, En plus de la douche froide qu’avait été la fête d’anniversaire, certains détails semblaient confirmer mes soupçons. Il s’agissait principalement de son soudain accès de pudeur un soir où l’on était arrivé à proximité de son domicile, il ne fallait surtout pas que les « gens de l’immeuble » nous voient nous embrasser. Mais bon, ce n’était pas assez pour prouver quoi que ce soit. J’envoyai donc au rebut toutes mes pensées négatives et attendis que mon ange me donne tort. Mais il n’en fut rien.

Le premier jour des congés, Kris m’informa de son départ prochain pour l’intérieur du pays afin de passer Noel en famille. J’étais consterné à l’idée de savoir qu’elle ne serait pas avec moi et assailli par celle de la savoir dans d’autres bras. En toute objectivité je m’y attendais un peu. Les évènements qui suivirent me donnèrent raison puisque, à compter de ce jour, je ne reçus plus de ses nouvelles. Et honnêtement, je ne fis rien pour que ça arrive. Comme je l’ai dit plus haut, j’étais las de lui courir après, de lui faire les yeux doux à chacun de ses caprices. J’en étais arrivé au point où j’estimais en avoir assez fait, même trop et qu’il était temps que mademoiselle prenne sur elle.

Mais bon, au fond je crois que c’était majoritairement ma faute tout ce qui arrivait. J’avais attiré à moi toutes les petites frictions qui étaient en train d’avoir raison de notre couple. J’étais en permanence torturé par la pensée qu’un fantôme de son passé puisse refaire surface et perturbe ce qu’on a mis tant de temps à construire. Je ne voulais tellement pas qu’elle aille voir ailleurs que je me pliais en quatre pour la satisfaire. Je lui donnais tout l’amour dont j’étais capable à telle enseigne qu’elle n’avait pas à se battre pour moi, surtout qu’avec son problème académique elle avait vraiment besoin de soutien. Or, c’est bien connu, les choses pour lesquelles l’on ne souffre pas n’ont pas grande valeur à nos yeux.

Indépendamment de toutes ces vérités, je voulais en ce matin tenter un dernier coup de Poker, la nouvelle année n’était plus qu’à deux jours et il fallait que je sois fixé. D’ailleurs ma Kris me manquait cruellement, nous ne nous étions plus revus depuis sa fête. Je lui envoyai donc un message, qui se résumait à « Reviens ou Pars définitivement » avec pour consigne de répondre avant le soir. Pour tout vous dire, nonobstant mon attitude démissionnaire des jours d’avant j’espérais au moins qu’elle me « dise quelque chose ». Mais bon, le moins que l’on puisse dire c’est que ce fut un coup d’épée dans l’eau, à mon grand désarroi. Je ne reçus aucune réponse, aucune réponse. C’était pour moi le comble du mépris. Le lendemain de ce jour de grande frustration, le 31 Décembre, je fis part de ma décision à travers un énième message à ma désormais « ex petite amie ». Et la réponse à laquelle j’ai eu droit me révolta comme jamais auparavant!

Selon Kris, j’étais « trop mou », « l’homme des rêves de nombreuses filles mais pas des siens », il lui fallait « un homme, un vrai » qui « se fasse désirer ». Bien que je lui aie répondu par la suite tout ce que j’avais sur le cœur -par des formules bien senties mêlant amertume et ironie- je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir mal . J’avais l’impression d’être un mouchoir jetable dont on se débarrasse lorsqu’on a fini d’essuyer ses larmes. Pire que ça, d’être victime d’une escroquerie, Kris m’avait promis monts et merveilles et je lui avais donné tout ce dont j’étais capable. Je lui promettais même le meilleur dans un futur proche. Le comble pour un homme, qui de surcroît a une telle opinion de lui-même: se faire mener ainsi par le bout du nez. Pathétique!

En y regardant de plus près, l’on pourrait se dire que les choses se seraient peut-être mieux passées si j’avais su me contrôler et rester lucide. Si mes pensées étaient orientées plus sur ce que je voulais que sur ce que je ne voulais pas, si je m’étais un peu plus fait désirer, quitte à être moins présent pour elle quand elle en avait besoin et si, et si… Je ne le saurai certainement jamais. Mais il est évident que j’en ai tiré de grandes leçons pour l’avenir…

L’histoire aura retenu, au-delà des toutes ces péripéties, que cette année sur le déclin avait emporté avec elle notre histoire à nous, que la « romance » entre Kris et Tony s’était achevée… Un 31 Décembre…

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Cet article a été écrit par Kakou Bi

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Comments (5)

  • SAS
    sas 19 février 2013 à 11 h 30 min

    J’aime bien la narration. Merci

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  • Kitchin
    kitchin 19 février 2013 à 13 h 04 min

    coté Narration, c’est ok. Bah, j’ai trouvé le texte un peu long, et il faut avoué que l’histoire n’est pas vraiment entrainante, mais bon courage et j’espère tu sauras tiré profite de mes critiques.

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  • Manu Manuh 19 février 2013 à 18 h 19 min

    Certains paragraphes paraissent inutilement longs, sans apporter grand-chose à l’évolution de la trame. La concision est le propre de la nouvelle.

    J’admire l’aisance de l’auteur pour la narration. Des dialogues auraient sans doute rendu ce texte plus dynamique. Par surcroit, l’histoire ne tient vraiment pas en haleine.

    « C’est Bon, ça y est! ». Pourquoi une majuscule à « Bon »?

    Akwaba. Bienvenu au club!

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  • Heidi 19 février 2013 à 20 h 57 min

    Salut Tony, tu as un joli texte mais l’histoire n’est pas entrainante. On a un peu hâte que ça se termine à cause des longueurs. On sait d’avance ce qui va se passer et on a une impression de « il raconte trop sa vie » si je puis m’exprimer ainsi. On comprend les émotions de Tony mais on arrive pas à les ressentir. Il manque une petite étincelle pour partager le raz le bol, la tristesse, la solitude, la déception. Le personnage est très introverti et on le perçoit bien. Ses sentiments sont aussi forts que contenus.

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  • Licka choops 20 février 2013 à 17 h 48 min

    tony kasper lol à la tony parker quoi? bon en ce qui concerne ton texte je l’ai pas lu,je l’ai survolé, j’ai fait comme les profs qui corrigent que les intro et les conclusions simplement parce qui l’histoire m’a pas captivé, déjà le titre ne donnait pas suspence! et moi j’aime le suspence et les tragédies lol , enfait les autres ont fait le tour des critiques, j’espère qu’elles te serviront et surtout ne te décourage pas parce que tu peux faire mieux et tu es ici chez toi nous sommes là pour t’aider
    courage tony parker

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