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pticoeur

TRISTE SORT

novembre 25, 2014 10:58 Publié par

Deux heures du matin, Eloise n’arrive pas à s’endormir. Elle est tourmentée par ce que contient l’enveloppe à son chevet. Des questions, elle n’arrête pas de s’en poser. Angoissée, abattue, elle aurait aimé que la vie lui épargne cela.

Pourquoi moi? se demandait-elle.

N’avait-elle toujours pas daigné vivre sainement? Elle voyait ses rêves se briser en mille morceaux. Soudain, sa vue commença à se brouiller, les larmes recouvrait son visage. C’était inacceptable. Comment ferait-elle pour continuer à vivre avec cela? Elle si jeune, était condamnée a mourir, elle n’avait que 15ans et avait des rêves pleins la tête.

Désemparée, elle se dirigea vers la salle de bain où elle empoigna une paire de ciseaux. Elle était sur le point de s’ouvrir les veines lorsqu’elle vit la poignée de la porte de sa chambre tourner. A peine son regard avait croisé celui de sa mère qu’elle s’effondra.

Perdue à la vue de sa fille étendue, baignant dans ce sang, elle fut prise de panique. Elle s’empressa de soulever sa fille et se rua à toute vitesse vers sa voiture.

-Bonjour Mme Kouassi, je suis Docteur Kacou , je suis chargé de m’occuper de votre fille. Elle vient de tenter de se suicider connaissez vous au moins les raisons d’un tel agissements?

-Malheureusement non. J’allais comme toutes les nuits voir si tout allais bien lorsque je l’ai vu s’effondrer, je l’ai donc immédiatement transportée ici de peur de perdre mon unique fille. Je vous en supplie, sauvez ma fille.

-L’hémorragie a été stoppée mais elle a perdu beaucoup de sang, nous ferons tout notre possible pour lui trouver du sang dans les plus brefs délais.

Tourmentée, Mme Kouassi n’arrêtait pas de faire des va et vient dans la salle d’attente. Attendant en vain qu’on lui donne des nouvelles de son Eloise, elle s’endormie dans le canapé de la salle d’attente.

Quelques heures plus tard, elle fut réveillée par une tape dans le dos. C’était le docteur Kacou qui lui demanda de le suivre dans son bureau. Elle se leva et le suivi non sans le harceler de questions auxquelles il se garda de répondre. Enfin à l’intérieur, il la fit asseoir et commença:

-J’ai deux nouvelles pour vous. La première, c’est que votre fille est hors de danger, vous pourrez la voir dès votre sortie. La seconde, c’est qu’elle est porteuse du VIH et je suppose que c’est la raison pour laquelle elle a attenté à sa vie.

Avec un calme olympien, elle lui répondit:

-Merci d’avoir sauvé ma fille, pouvez vous nous mettre en contact avec un centre de suivi ou une ONG de prise en charge des personnes infectée s?

Le docteur acquiesça d’un signe de la tête et lui proposa de la mettre aussi en contact avec un psychologue pour aider Eloise.

Mme Kouassi sortit du bureau plongée dans ses pensées. Si seulement elle avait accepté son statut lorsqu’elle avait été dépistée pendant qu’elle portait encore Eloise en son sein, elle aurait pu sauver sa fille. Elle était l’unique responsable de cela et s’en voulait terriblement. Par sa faute sa fille, son unique fille, son bijou était malade. Cependant elle espérait juste que sa fille accepterait de vivre avec ce « mal » comme elle même avait fini par le faire quelques années après la naissance d’Eloise.

« Vivre avec le VIH n’est pas une fatalité essayons d’accepter ceux qui sont infectés et de ne pas les juger ».

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Cet article a été écrit par pticoeur

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Comments (2)

  • Heidi 28 novembre 2014 à 21 h 35 min

    Bonjour’ la histoire est un peu courte mais agréable à lire.

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  • Farapie
    Farapie 29 novembre 2014 à 14 h 43 min

    L’histoire se lit très facilement, cependant la fin me laisse un peu sur ma faim. Une suite?

     Reply

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