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TRAGÉDIE A ACE (5)

septembre 30, 2013 8:00 Publié par

Le lendemain dès 6 heures, N’Gouan était au domicile de Mélyssa lui préparant le petit déjeuner en attendant qu’elle se réveille. N’étant pas au courant de sa présence, elle entra dans la cuisine, où se il trouvait, dans le plus simple des vêtements. A cette vue, toutes les émotions du weekend précédant lui remontèrent à la tête. Ils firent l’amour tendrement et sauvagement comme des bêtes plusieurs fois, puis elle se prépara pour aller au chevet de son homme. Les jours passèrent sans qu’il n’y ait aucune amélioration visible de l’état de Mr Bokossa, il était toujours inconscient. Pendant ce temps les liens qui unissaient nos tourtereaux se faisaient de plus en plus étroits. N’Gouan prenant très à cœur sa mission de veille sur Mélyssa, passait de plus en plus de temps avec elle dans la maison de Mr Bokossa. Moments pendant lesquels ils s’adonnaient aux galipettes, leur jeu préféré.

Un soir, couchée sur sa poitrine, après une énième partie de galipettes, elle lui avoua son amour en lui demandant même où avait-il été tout ce temps, ne faisant surface que maintenant alors qu’elle était déjà engagée dans une relation avec un homme qui n’avait guère de temps à lui consacrer, et qui croupissait d’ailleurs sur un lit d’hôpital. Elle maudit pratiquement le jour où elle le rencontra, espérant à demi-mot qu’il disparaisse. Mr Bokossa, sentant sûrement l’entourloupe qui se tramait dans son dos repris le dessus dans le combat qu’il menait contre la maladie. En effet, les médecins avait trouvé l’origine du mal et était catégorique : il devrait se réveiller d’ici deux à trois jours. Cette nouvelle provoquait une liesse chez tout le personnel de la clinique PISTACH, à ACE et chez la fille de Mr Bokossa. Tous étaient contents, tous sauf N’Gouan et Mélyssa qui réussirent tant bien que mal à cacher leur déception. Le soir, couchés dans le lit de Mr Bokossa, ils pleuraient à chaudes larmes tout en s’aimant car ils savaient qu’il s’agissait sans doute des derniers moments où ils jouissaient d’une telle liberté.

Le lendemain, après avoir veillé toute la journée Mr Bokossa et alors qu’il s’apprêtait à rentrer, N’gouan demanda à sa bien-aimée de le devancer. Il ne tarderait pas à la rejoindre, lui fit-il comprendre. Alors il revint discrètement dans la chambre de Mr Bokossa, en évitant soigneusement de se faire voir. Puis, une fois dans la chambre, alors qu’il se trouvait seul avec Mr Bokossa, il se mit à arpenter la salle dans tous les sens se répétant inlassablement : « Elle serait avec moi s’il n’existait pas ». Puis, remonté comme une pendule il se précipita vers le chevet du lit où, d’un calme macabre, il coupa, sans état d’âme, l’arrivée d’oxygène. Sûr de son forfait, il se faufila dans la pénombre de la nuit jusqu’à l’extérieur du bâtiment, marcha plus d’un kilomètre puis sauta dans le premier taxi pour rejoindre la maison de Mr Bokossa où l’attendait patiemment Mélyssa. Elle lui avait concocté une soirée érotique très épicée pour la der des ders. Lumière tamisée, bougies parfumées, champagne chambré, rien n’était trop cher ni trop beau pour lui. Très vite, il oublia son méfait et se laissa choir sous le coup des chaudes, tendres et passionnées caresses. L’extase, encore une fois atteignit des sommets, son sentiment de bien-être était tellement grand qu’elle se mit à pleurer encore une fois. Il la prit dans ses bras, la serra fortement puis lui chuchota à l’oreille :

–          Ne t’en fais pas, il n’est plus une entrave à nos projets.

–          Qu’est-ce-que tu en sais? Le mec va se réveiller demain, tu restes là à me dire qu’il ne sera plus une entrave pour nos projets, arriva-t-elle à dire entre deux sanglots.

–          Mr Bokossa ne se réveillera pas, j’en suis sûr! dit-il d’une voie impassible.

Le lendemain, il préféra se rendre directement au boulot, laissant Mélyssa aller seule à l’hôpital. Elle y trouva une agitation anormale alors que tout le monde lui interdisait l’accès à la chambre de Mr Bokossa. Finalement, le médecin qui s’occupait de son mari finit par venir la rencontrer. Il lui apprit que son mari était décédé pendant la nuit dernière. Alors qu’elle l’interrogeait sur les causes de son décès, il l’informa que la machine qui l’aidait à respirer artificiellement s’était arrêtée et que son mari était mort asphyxié. Le docteur l’informa qu’une piste criminelle étant privilégiée, un détective souhaiterait l’entendre. Elle n’attendit pas la fin des propos du médecin, car prise dans un accès de colère elle s’était lancée comme une fusée vers sa voiture. C’est rouge de colère qu’elle fit irruption dans le bureau de Mr N’gouan en criant :

–          Qu’est-ce que tu as fait à mon mari?

–          Moi?

–          Qui d’autres vois-tu dans ce bureau?

–          Je me suis juste assuré qu’il ne nous gêne plus. Il est loin maintenant.

–          Assassin! Assassin, tu as tué l’homme que j’aimais? Je vais le dire à la police.

–          L’homme que tu « aimais »? Qu’est-ce que tu veux dire par là? Ne m’as-tu pas dit que tu m’aimais? Que tu voulais faire ta vie avec moi?

–          Aimer un assassin? Tu t’es bien regardé? Tu viens à peine de commencer à travailler et tu veux que je fasse ma vie avec toi? Est-ce que tu peux entretenir une femme comme moi? J’ai fait une erreur en te laissant entrer dans mon intimité, toi un moins que rien. Je vais illico te dénoncer à la police.

A ses mots, elle s’enfonça dans le couloir qui menait aux escaliers, il la rattrapa juste avant qu’elle ne s’engage dans les escaliers et l’agrippa violemment. D’un geste brusque, elle le repoussa avec énergie et trébucha dans les escaliers. Elle fut retrouvée, deux étages plus bas, raide morte le cou brisé. Alors que la foule commençait à s’attrouper, il remonta vite dans son bureau. Il entendit le brouhaha se rapprocher de plus en plus de son bureau. Pris de panique, il se lança vers la fenêtre de son bureau et se jeta dans le vide. La ville fut dévastée par ce triple homicide qui venait d’attrister la compagnie ACE et la famille Bokossa. Chacun y allait de sa théorie, de ses supputations mais nul ne savait l’histoire tragique qui liait ses trois décès. Même l’imagination la plus fertile reste incrédule devant le cours du destin…

FIN

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Comments (11)

  • Josya Kangah
    Josya Kangah 30 septembre 2013 à 10 h 38 min

    Très belle histoire, jusqu’au bout nous avons été tenus en haleine.
    Dommage que la fin soit aussi « tragique »

    Merci Boss

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  • Stephanie 1 octobre 2013 à 0 h 27 min

    vraiment tragique la fin mais je te tire encore mon chapeau.

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  • Licka choops 1 octobre 2013 à 1 h 06 min

    ahhhh ton roxan là aussi deh il est ouf le mec! lol bravo c’est un très beau texte dans l’ensemble. Bonne description et des personnages et des émotions. L’humour y est aussi, le suspense également. Et que dire de ton imagination! ton style et tout le reste! tu avais les bons ingrédients et tu nous a fait un bon repas. Par contre faut plus écrire beaucoup lol ça fait fuir les gens comme moi et on peut passer à coter de quelque chose. Merci

     Reply
    • BOSS
      Boss 2 octobre 2013 à 22 h 46 min

      Loool, c’est compris promi. On va travailler sur la longueur

       Reply
  • Manu Bake 3 octobre 2013 à 14 h 43 min

    J’ai particulièrement apprécié la première partie de cette longue série ; l’auteur cerne le personnage en quelques lignes, plante le décor et nous imprègne de son tempérament haut en couleur.
    Le texte cultive un suspense haletant qui va grandissant au fil des paragraphes.

    En revanche, au fil des parties suivantes, le suspense si bien entamé faiblit et s’émousse ; l’évolution paraît trop prévisible, la trame souffre et en porte les séquelles.

    De même, cette longue série est émaillée de nombreuses fautes de syntaxe. L’auteur saurait les rectifier lui-même en se relisant plus attentivement.

    Je tombe en d’admiration devant le talent remarquable de l’auteur; sa plume est fluide, le texte digeste.

    En somme, la première partie est la plus réussie de cette longue série. Elle a le mérite de susciter un suspense haletant. Malheureusement, l’art , la qualité d’écriture et ce suspense s’effritent au fur et à mesure que défilent les différentes parties.

    Les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs.

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    • Tanya Gourenne
      Tanya Gourenne 3 octobre 2013 à 22 h 32 min

      Manu, Manu, Manu. Longtemps qu’on ne vous avait pas vu, entendu, lu. Bien(re)venue. D’accord avec l’effritement du suspens.

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  • Manu Bake 3 octobre 2013 à 15 h 12 min

    A l’équipe de 225nouvelles,

    Je sais votre charge de travail importante.
    Seulement, vous serait-il possible de varier quelque peu les différentes photographies qui illustrent les textes?

    Ce sont toujours les mêmes, et à la longue, cela suscite une certaine monotonie.
    La monotonie est ennuyeuse.

    Ne serait-il pas bon de laisser aux auteurs la liberté de proposer eux-mêmes les illustrations de leurs textes?

    Je suis un lecteur assidu de cette plateforme, et je trouve, très souvent , que les illustrations ne vont pas de pair avec les textes qu’elles accompagnent.

    Ce n’est qu’une simple suggestion. Je salue vos efforts pour la promotion des lettres.

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    • 225nouvelles
      225nouvelles 4 octobre 2013 à 8 h 03 min

      Bonjour Manu, ce débat a déjà été abordé plusieurs fois mais visiblement nous devons fournir encore plus d’efforts. Voici quelques éléments de réponses.

      1-quand il s’agit d’une série, tous les épisodes de la série ont la même image. C’est fait exprès.

      2-Nous avons pu acquérir quelques images libres de droit après les remarques des lecteurs mais malheureusement elles ne cadrent pas du tout avec la plupart des textes que nous recevons, d’où peut-être l’impression qu’il n’y a pas eu d’efforts faits de notre côté.

      3-vous avez raison sur notre base de données images qui est très limitée mais nous avons été déjà victime de plaintes relatives au droit d’auteur. Aussi, nous ne pouvons pas donner la latitude à chaque auteur de publier l’image qu’il veut au risque qu’elle ne lui appartienne pas et engendre des complications fâcheuses. Nous sommes encore entrain de réfléchir à la meilleure formule pour satisfaire nos lecteurs sans compromettre l’avenir du site. Pour le moment nous autorisons ceux qui ont la capacité de dessiner à publier leurs croquis comme cela été le cas avec Armel N ou Sasha. Encore un peu de patience nous espérons pouvoir améliorer cet aspect dans un futur proche.

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  • Marek Lloyd 15 octobre 2013 à 2 h 18 min

    Hmmmm, totalement bluffé.. bravooo

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  • Wonseu
    Wonseu 16 octobre 2013 à 15 h 21 min

    Je dois avouer que je me suis leurrée en prédisant la suite de l’histoire . J’etais loin du compte (Etant donné que Mr Bokossa n’a rien su et qu’ils sont tous les 3 morts)
    J’ai vraiment apprécié l’histoire ! Bravo

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    • BOSS
      BOSS 16 octobre 2013 à 17 h 50 min

      Loool, tu as vu non? On a essayé de faire quelque chose de moins classique, une chute inattendue!

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