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Lynda Kamakou

TOURISME OU ACHAT?

août 27, 2013 11:08 Publié par

C´était le 1er janvier, les enfants de la cour commune du vieux Sédou allaient pouvoir réaliser le voeux qu´ils chérissaient depuis des mois. Ils s´imaginaient déja dans leurs plus beaux habits. Aujourd’hui serait sans doute le plus beau jour de leur existence car ils ne se contenteraient pas seulement de rendre visite aux « tontons » du quartier pour avoir quelques pièces d´argent.Pour ce 1er janvier il existait une particularité qui le rendait différent des autres.Pour ce 1er janvier ces enfants, qui n´étaient jamais sorti de leur commune, iraient visiter l´hypermarché Sococé aux 2 plateaux.Ces enfants ajoutaient aux curiosités que l´on pouvait avoir dans ce pays l´hypermarché Sococé. Il était devenu un vrai monument. Il avait la même valeur que la basilique Houphouet Boigny, le pont de lianes ou la dent de Man. Il était devenu un vrai site touristique qui suscitait la curiosité de ces enfants.Leurs amis leur en avaient mis plein la vue. Ils voulaient eux aussi découvrir cette merveille locale.

Ils étaient huit au total et seraient guidés par celui qu´ils appelaient leur « vieux père » qui apparemment connaissait tous les coins et recoins de sococé. Tout était bien parti pour une visite touristique réussie. Chaque enfant devait remettre 500f cfa pour son transport au nommé « vieux père ». Déja avant le 15 décembre tous les enfants avaient donné leur participation. Pour eux la visite à sococé faisait partie des délices de la vie. Ils étaient enclin à croire que c´était tout le bonheur d´une vie. En tout le montant de la participation s´élevait à 4000f cfa. Le « vieux père » qui semblait désintéressé avait sa petite idée sur la gestion de l´argent que les enfants lui avait remis.

À 14h tous les enfants étaient devant sa porte. À la grande satisfaction de ceux ci le guide était prêt. On aurait dit qu´il craignait la colère de ses touristes. Dans le mini car le guide fit en sorte qu´une place soit occupée par 2 enfants.Ils descendirent au zoo. Le « vieux père » s´adressa aux enfants en ces termes: « Faites une file indienne, sococé n´est plus loin ». Ils marchaient comme s´ils étaient en Galilée pour voir la tombe de Jésus. Juste devant l´hypermarché les enfants s´exclamaient: « Enfin sococé! » Aucun d´eux n´était épuisé par la marche.Tous les regards convergeaient vers eux mais ils n´en faisaient aucun cas. Ils suscitaient une certaine hilarité chez les vigiles. Ces derniers avaient détecté la provenance de ces enfants et savaient qu »ils n´étaient pas venus pour des achats mais pour du tourisme. Les autres enfants s´étonnèrent de voir 8 enfants marcher en file indienne sans paniers ni poussettes admirant simplement les rayons. Quand les enfants de la cour commune du vieux Sédou remarquèrent que l´on pouvait prendre ce qui était dans les rayons, ils voulurent en faire autant. Mais leur guide leur défendit sévèrement de toucher à quoi que ce soit. Ils ne comprenaient pas pourquoi les autres enfants pouvaient remplir leur panier et eux non. Le guide leur expliqua que rien de ce qui se trouve à sococé n´est gratuit. Mais les enfants n´en croyaient rien parce que quand les autres enfants remplissaient leur panier personne ne leur demandait des comptes et ils circulaient librement sous le regard bienfaiteur des vigiles .C´était dur pour ces enfants de réaliser qu´ils ne pouvaient même pas emporter un petit biscuit.Parmi eux 3 avaient décidé de subtiliser quelques articles mais comme les voleurs non professionnels n´arrivent jamais au bout de leurs projets, ils ne purent rien emporter. Dès que l´un d´eux prit un sachet de céréales de maïs, il le déchira par inadvertance et presque toutes les céréales se retrouvèrent par terre. Le guide se mit à tempêter: « Petits démons, croyez moi je ne ferai pas la prison à cause de vous.Vous les enfants de pauvres on ne peut pas vous rendre service sinon on devient malheureux. Vous m´avez dit que vous vouliez visiter sococé et non voler à sococé. Pour qui est ce que vous vous prenez? Pour des supermans? Qu´est ce que vous avez imaginé? Que vous pouviez voler ici? Ne savez vous pas qu´il y a des caméras partout? » Quand ils entendirent « caméras » ils se mirent  à faire des grimaces croyant qu´ils passeraient à la télévision. Certains adressaient un mot à leurs parents, d´autres dansaient, chantaient. La situation était devenue incontrôlable pour le guide qui ne savait que faire.  » On rentre! » leur cria- t-il. Mais aucun des 8 enfants ne semblait entendre cela.Les vigiles qui avaient senti le ridicule de la situation volèrent au secours du guide. Ils firent comprendre aux enfants que la visite était terminée et qu’il fallait rentrer à la maison. Les enfants se mirent à pleurer en gisant au sol. Les sauveteurs du guide furent désarmés. Le guide fut contraint de rester avec ses petits jusqu’à ce que les vigiles fassent sortir les enfants par la force , l´heure de la fermeture étant arrivée.

Le « vieux père » remit son manteau d´autorité. « File indienne direction zoo ».  Aucun enfant ne s´exécuta.Ils étaient tous assis sur le trottoir juste devant sococé attendant une voiture pour les ramener dans leur commune. Les rôles étaient inversés.Pour venir à sococé c´était le « vieux père » qui commandait. Pour partir de sococé c´était maintenant les enfants qui commandaient. Les mini cars ne passaient pas devant sococé. La seule option c´était les taxis. Il avait déjà dépensé 500f cfa pour leur aller. Il comptait encore dépenser 500f cfa pour leur retour et garder les 3000f cfa restants pour sa récompense. Mais ces petits refusaient de lui accorder ce plaisir. Certains enfants s´endormaient sur le trottoir.Les passants interrogèrent le guide sur leur présence à pareille heure. Étant à bout il arrêta deux taxis:direction la cour commune du vieux Sédou. Le ´´vieux père´´ qui avait tout planifié pour profiter de l´argent du transport des enfants,avait fini par dépenser lui même son argent. Il dépensa 4000f cfa pour les deux taxis.Quand les parents des enfants vinrent le lendemain le remercier, il refusa de les voir. Dorénavant les enfants et leur « vieux père » se regardent en chien de faïence.

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Cet article a été écrit par Lynda Kamakou

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Comments (5)

  • M.C AGNINI
    M.C AGNINI 27 août 2013 à 16 h 28 min

    Premier constat quelque petites erreurs de mise en forme (ponctuation) et certainement d’inattention :
    « Mais aucun des 8 enfants ne semblaient entendre cela » Plutôt . » Mais aucun des 8 enfants ne semblAIT entendre cela »
    « On aurait dit qu´ils craignait la colère de ses touristes » Plutôt « On aurait dit qu´IL craignait la colère de ses touristes. »
    Pour le reste la trame est bien tenue, hilarité au rendez-vous. Texte réussi mais peut être amélioré vu les possibilités qu’offre le sujet.
    Bravo ! Lynda Kamakou pour ton sens de l’observation aigu . . .

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    • 225nouvelles
      225nouvelles 29 août 2013 à 10 h 26 min

      merci pour vos remarques. Nous procéderons aux corrections.

       Reply
  • malicka 28 août 2013 à 9 h 30 min

    Bonjour lynda merci pour ton texte, comme première remarque je trouve que dans la rubrique drame ne va pas bien avec ton histoire. C’est vrai que par définition du mot on peut percevoir un drame en effet, mais je ne le sens pas beaucoup. Cependant c’est une belle histoire et un belle peinture de la vie des enfants « moins chanceux » si je peux me le permettre. Merci

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    • 225nouvelles
      225nouvelles 29 août 2013 à 10 h 25 min

      Bonjour. L’insertion dans la rubrique « Drame » est de notre fait à défaut d’une catégorie qui convienne le mieux. Nous espérons que la nouvelle version du site en préparation pourra remédier à ce genre d’insuffisance.

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  • Tanya Gourenne
    Tanya Gourenne 28 août 2013 à 18 h 35 min

    Ce texte est absolument drole. Bravo Lynda.

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