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Daphney Tarek

PEUR D’AIMER

décembre 6, 2012 2:19 Publié par

Mon Prénom  est Teddy. Après mes études  en sciences économiques en Norvège, je n’ai pas chômé longtemps ; la « fraîcheur » de mes diplômes  a eu raison des autres prétendants au poste de responsabilité que j’occupe dans l’une des plus grandes  banques du pays.

D’un point de vue pécuniaire je suis à l’abri du besoin.

« Profession : Analyste financier , Taille : 192 cm,  Couleurs des yeux : gris,  … »

C’est entre autre quelques informations  qui figurent sur la page de signalement de mon passeport que je tiens en main. Je regarde ma photo.  On dit que je suis beau. Depuis que je suis tout petit on me le rabâche sans arrêt. Mes yeux gris je dois les tenir de grand-père ; le papa de maman. Il est norvégien. Je lui dois une fière chandelle. Pour draguer, je peux attester que ça sert !

En général, je n’ai juste qu’à dire bonjour, mes yeux font le gros du boulot. Ma carte de crédit  » Gold »  finit de les achever. Parfois, c’est d’une facilité énervante.

Dans quelques heures je prends l’avion pour New-York… j’ai pris mes vacances. La vérité c’est que je fuis. Quoi ?  Le pétrin dans lequel je me suis fourré. Qui ?  Une femme; c’est vrai que je devrais être habitué  à les voir me courir après. N’est-ce pas mon train-train quotidien ? Mais cette fois c’est différent. C’est Marion, la fiancée de Franck  mon cousin. Elle ne veut plus se marier: pour moi .

J’ai cru que j’allais défaillir quand elle m’a dit cela, au restaurant d’un grand hôtel il y a quelques jours ; on avait pris une table, un peu cachée. Cela expliquait le fait qu’elle soit aussi désinhibée. Elle m’avait embrassé en guise de salutation. Tout de même, le restaurant était bondé de monde

Comment j’en étais arrivé  là?  Je ne comprends pas moi-même, je vous assure. On ne l’a fait qu’une ou deux fois, mais c’est tout. On ne quitte pas son mari comme ça ! Sur un coup de tête.

–   Tu es folle, Marion !

–   Folle de toi, Teddy

–    Tu as pensé à Franck ?  Le mariage est dans moins d’un mois.

–    Justement !  je préfère le quitter maintenant plutôt que de vivre un mariage basé sur des mensonges. Je t’aime Teddy

Mon Dieu ! Qu’est-ce-qu’elle raconte??  Elle dit qu’elle m’aime !  Comme ça ? Pour rien ? Ça c’est le propre des femmes. Toujours à utiliser les mots hors de leurs contextes. Je comprends maintenant pourquoi on les appelle le sexe faible. Attirance, désir, physique, pulsions, pour ne citer que ceux là ! Dans la langue française, il y avait  tellement de mots pour qualifier ce qui se passait entre nous ! Amour. Où est ce qu’elle était allée dénicher celui là ? A quel moment elle avait commencé à croire que c’était de l’amour ?

A chaque fois que  je plongeais mon regard  dans le sien  avant de l’embrasser ? Ou quand après nos ébats  particulièrement relevés, je dois le reconnaître, je lui disais qu’elle était  une femme magnifique ?  Chose que je pensais vraiment.

Tout le monde savait que Marion  était intelligente, avait un joli minois, des formes alléchantes, mais personne n’imaginait tous les talents insoupçonnés dont j’avais eu la chance de profiter ; comme une fois, inoubliable,  avec sa bouche, elle avait … bon ! Souffrez que je vous épargne  les détails. Elle a vraiment pété les plombs.

J’ai essayé de la raisonner.

–     Princesse  – je l’appelais comme ça pendant nos moments à deux …comprenez ! C’était histoire de nous mettre dans l’ambiance – on ne peut pas faire ça à Franck ? Que vont dire les parents ? Tu sais que sa maman souffre d’hypertension ?

–   Ce sera difficile, mais on sera deux ; on va leur faire comprendre.

–   C’est vrai que les moments qu’on a passé ensemble  ont été  très marquants mais valent-ils la peine de renoncer à la stabilité que Franck est  prêt   à t’offrir ?

–    C’est avec toi que je veux faire ma vie Teddy. Tu as ouvert  les yeux de mon cœur. En deux semaines tu m’as fait ressentir ce que ton cousin n’a jamais pu me faire ressentir depuis 6 ans.

Je n’en croyais  pas mes oreilles. Je me demande ce qui m’a inspiré cet écart de conduite. De toutes les femmes avec lesquelles je pouvais batifoler ces dernières semaines, pourquoi a-t-il  fallu que ce soit avec celle de Franck ?

Mais je ne suis pas le seul fautif dans cette histoire. Franck aurait pu demander à un de leurs chauffeurs de conduire sa fiancée pendant ses courses. Il aurait fallu que vous soyez  là pour voir comment  j’ai résisté. C’est elle qui  avait commencé à me parler de ses doutes. Vous savez, ceux que toute personne sur le point de sauter les deux pieds joints dans l’aventure du mariage aurait. Ces doutes  qui leur font se poser des questions du genre : est-ce que c’est la  bonne personne ? Est-ce que je suis vraiment prêt pour ça ?  Est ce que je l’aime ?

Quand je l’ai prise dans mes bras la première fois, c’était pour la rassurer, lui dire que c’était normal de douter avant de faire un si grand pas. Un câlin fraternel. Et puis lui est venue cette idée de faire une surprise à son mari. Elle voulait lui interpréter « leur chanson » au piano et voulait que je sois son professeur de musique pour la circonstance. En gentil futur beau cousin que j’étais, c’est volontiers que j’avais accepté de lui donner les cours tous les après midi dans mon appartement.

Premier cours : un samedi.

A 16h on sonne ; c’est Marion. J’ouvre la porte.

–    Salut Marion. ça va ?

–    Super bien merci Teddy, toi ça va ?

–    Oh plutôt bien. je referme la porte derrière  elle.

Je ne peux m’empêcher de remarquer que sa robe lui va à ravir.

–   Tu es magnifique.

–   Merci, toi aussi, répondit-elle. Ça m’avait semblé bizarre.

–   Ne fais pas de manières voyons, Assieds-toi ! je te sers quoi à boire ?

–   Tu aurais de la limonade ?

–    Limonade. Parfait je te l’apporte tout de suite

Quand je revenais, elle était déjà installée  devant le piano.

– Tu veux qu’on s’y mette tout de suite on dirait ! Tu n’imagines pas tout le boulot qui t’attend….

4e cours.

Je me suis installé auprès d’elle. Elle sentait si bon…Ses mains se posaient sur le piano entre deux gorgées de limonade. Ses lèvres étaient roses à cause de la glace; elle était bizarrement irrésistible. Autre chose tout aussi  bizarre ; on aurait dit qu’elle me faisait de l’œil, me souriait malicieusement comme si elle mijotait quelque chose. Assis à côté d’elle, une multitude de pensées suggestives se bousculaient dans ma tête. J’avoue que j’ai désiré Marion.

5e cours.

J’étais pourtant résolu à contraindre mes pensées  à suivre le droit chemin, mais rien n’y fit ; et mon mur de défense s’écroula lorsque je senti son pied effleurer le mien. La première fois je me suis dit que c’était involontaire mais à la troisième,  la boite de pandore était ouverte. Je la regardai, ses yeux étaient braqués sur mes lèvres. L’appel n’était il pas assez clair ?  Je n’aime pas les histoires, mais quand on me provoque je réagis promptement.

Elle criait mon nom, je sentais des spasmes parcourir son corps.Rassasié de ce que j’avais convoité, je me souvenais que c’était Marion que je tenais dans mes bras.

J’ai cédé une fois après… bon, une autre fois ensuite j’avoue, pour respecter l’adage «jamais deux sans trois ». J’ai dû mettre  fin aux cours, pour éviter de perdre le contrôle des choses. S’il n’y avait pas eu mon cousin, peut être que…D’accord ! Mais Franck existe bel et bien, et il veut passer avec elle le reste de sa vie ! De  quoi me parlait-elle alors? Hors de question qu’elle le quitte pour moi.

–     Marion sois raisonnable s’il te plaît. Ce qu’on a vécu était intense, mais ne vaut pas la peine qu’on chamboule  l’harmonie d’une  famille.

–    Teddy chéri, on peut faire face à ça, ensemble. J’en parle à Franck ce soir.

–    Et qu’est-ce que tu vas lui dire ? Que tu remets six années de relation en cause, pour du sexe ??

–    C’est tout ce qu’il y entre nous Teddy, du sexe ?

–     Excuse moi, ce n’est pas ce que je voulais dire, mais Marion…

–      Je rentre.

–     Tu es fâchée ?

–     Laisse tomber.

–     Je ne voulais pas te blesser princesse, crois moi, s’il n’y avait pas Franck…

–      Alors si tu ressens la même chose que moi, laisse-moi lui parler.

–      Tu sais bien que  ce n’est pas aussi simple que ça…

Personne n’a rien rajouté, on s’est levé après avoir déjeuné. Je l’ai raccompagnée à  sa voiture. J’ai posé un délicat baiser sur ses lèvres et je suis parti.

***

Il est 21h, mon vol est pour 21h30.  J’enregistre mes bagages. Marion  m’appelle, elle vient de sortir de  l’appartement de Franck. Elle a mis fin à leurs fiançailles. Je n’en reviens pas. Elle dit qu’elle me rappelle. Quelques minutes plus tard. Mon téléphone sonne encore ; je décroche . Ce n’est pas Marion mais Franck . Il pleure.

« Les passagers du vol N7Y89, Rock air à destination de New-York sont priés de se présenter à la porte n°3 pour embarcation immédiate »

Je dis au revoir à Franck. Je me dirige vers la porte n° 3.

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Cet article a été écrit par Daphney Tarek

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Comments (7)

  • Sadjee 6 décembre 2012 à 19 h 27 min

    Ecriture fluide, réaliste et joliment imagée, j’espère te lire plus souvent!

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    • Daphney Tarek
      Daphney Tarek 9 décembre 2012 à 12 h 39 min

      Merci Sadjee. j’apprécie aussi tes écrits . je n’ai pas eu l’occasion de te le dire auparavant 🙂

       Reply
  • Josya Kangah
    josya kangah 7 décembre 2012 à 12 h 06 min

    j’ai l’impression d’avoir déjà vu cette histoire quelque part.

     Reply
  • Daphney Tarek
    Daphney Tarek 9 décembre 2012 à 12 h 42 min

    🙂 C’est possible Josya . Tu l’as probablement vue sur le blog de Yehni Djidji où elle avait été publiée il y a longtemps de cela.

     Reply
  • Farapie
    Farapie 17 décembre 2012 à 20 h 24 min

    ta nouvelle est vraiment bien écrite! Bravo Daphney!

     Reply
  • Symphonie
    Symphonie 19 décembre 2012 à 22 h 12 min

    Daphney Tarek, j’adore ton histoire, elle me fait sourire et rire. Teddy, est très attachant avec sa façon de prendre les choses et de les décrire. L’histoire est cependant trop simple et je ne comprends pas la chute.

     Reply

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