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Wonseu

PERSONNE D’AUTRE QU’A MOI .

février 5, 2014 10:49 Publié par
Encore une fois tu t’en iras. Comme à l’accoutumée, au lever du soleil, tu enfileras ton pantalon et ta chemise. Tu poseras un doux baiser sur mon front, une rose à mon chevet, un « je t’aime » à la volée puis tu t’en iras la rejoindre. Comme à l’accoutumée, tu reviendras le soir d’après, nous ferons l’amour et le lendemain ce sera le même schéma. Ne vois-tu pas que je souffre de tes passages furtifs ? Ne vois-tu pas le torrent de larmes que tu me fais déverser à chaque fois que tu pars ? Mon cœur saigne, je me meurs d’amour pour toi et mon âme se consume à petits feux. Hier encore, je me trémoussais dans mes draps, dans mon lit, témoins de nos nuitées d’amour. Tu sais, il y a toujours un soupçon de ton odeur, et c’est ce qui fait grandir l’espoir que tu reviendras me faire tienne. Avec toi, les mots n’ont pas de place, tendrement, passionnément, par tes actes et par nos regards, tout se dit. Je me souviens encore de la nuit dernière. C’était magnifique, merveilleux; c’était l’extase. Quand tu es venu, lentement tu défias les bretelles de ma nuisette, caressas ma peau satinée de tes mains grandes et douces. Tu déposas un baiser sur mon front, puis sur mon nez et enfin sur mes lèvres. Tu me posas lentement sur le lit, explorant chaque partie de mon corps. Et moi passionnément, je me tordais de plaisir, de bonheur. Tes mains moites parcouraient chaque centimètre de mon visage, de mon corps tandis que tes lèvres me gratifiaient de baisers tendres et chauds. Cela pouvait durer des heures, car expert tu es dans l’usage de tes mains. Sans effort tu me dénudas, me pénétra, me posséda, et moi, sans grande résistance, je m’étais offerte à toi, me cambrant à chacun de tes mouvements. Comme toutes les fois d’ailleurs, tu vois, je m’en souviens, de la première jusqu’à là toute récente. A chaque fois, c’était comme un mélange de plusieurs saveurs, surtout à l’ instant où tous deux, nous échouions sur la rive du plaisir, de la jouissance. Je ne me lassais jamais de toi, de ton corps contre le mien. S’il le fallait, je t’aurais attaché à moi, pour que jamais tu ne t’en ailles sur la pointe des pieds comme un voleur. Je t’aime, non que dis-je, je suis folle de toi, de ces instants de bonheur que tu me procures. Je ne sais d’ailleurs pas ce que tu lui trouves à cette autre. Je suis plus belle, plus intelligente et je fais mieux l’amour qu’elle, c’est toi-même qui me l’a dit. Mais je devais être patiente, je savais qu’un jour tu serais totalement mien, bientôt, très bientôt. Aujourd’hui encore quand tu es venu, tu m’as dis que tu ne t’en irais pas. Le sourire, tu m’avais donné, comblée de joie, j’étais. Je m’imaginais déjà tout ce qu’on ferait, toutes ces gâteries que tu me ferais. Je n’avais besoin d’aller nulle part, à toi tout seul, tu étais mon univers, mon monde, ma vie. Encore une fois tu t’en iras, me laisseras dans mes draps, je m’y serais faite comme à l’accoutumée, mais tu n’aurais pas du me mentir, enfin je ne sais pas si c’était un mensonge, mais en tout cas tu n’aurais pas du la dire cette phrase. Ce fut la goutte d’eau de trop. Tu n’imagines pas le choc que ça m’a fait quand tu prononças dans ton paisible sommeil « Je t’aime ». Un je t’aime qui ne m’était pas adressé, car à la place de mon prénom, tu prononças le sien. Cette vulgaire femme qui ne savait même pas tenir son homme en laisse. Tu osais prononcer son nom sous mon drap après une nuit pleine d’émotions et de sensations. Je n’eus pas d’autre choix que de faire ce que j’avais à faire, tu n’étais qu’à moi seule et je ne pouvais pas te laisser repartir dans ses bras. Tu vois ce couteau ? Oh non tu ne peux pas, il est planté dans ton cœur. Tu n’as même pas eu  le temps de t’expliquer, je ne t’en ai pas laissé le temps. Tu as seulement ouvert la bouche pour réprimer un cri avant de te vider de tout ton sang, maculant par la même occasion mes draps blancs. Mais ne t’en fais pas, tu ne seras pas seul là bas, je t’y rejoins, les médicaments que j’ai pris font déjà leurs effets. Si tu ne m’appartiens pas, à PERSONNE d’autre tu n’appartiendras.
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Cet article a été écrit par Wonseu

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Comments (4)

  • M.C AGNINI
    M.C AGNINI 6 février 2014 à 12 h 01 min

    « Tu vois ce couteau ? Oh non tu ne peux pas, il est planté dans ton cœur. »
    « Mais ne t’en fais pas, tu ne seras pas seul là bas, je t’y rejoins, les médicaments que j’ai pris font déjà leurs effets. »

    Tu as osé. lol . Tout réside dans la manière de dire. Belle narration.
    Merci WONSEU pour ce texte.

     Reply
  • Marshall Kissy
    Marshall K. 12 février 2014 à 11 h 28 min

    OOOOoooooh ! l’amoureuse enragée !
    j’aime cette forme d’ironie, non, de cynisme plutôt prêté à ton personnage qui dit : «  »Tu vois ce couteau ? Oh non tu ne peux pas, il est planté dans ton cœur. »
    Tragique mais original
    Et il se dégage des dernières lignes une croyance… La vie après la mort… Un ènième débat sur la question s’en trouve lancé !

     Reply

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