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Farapie

Modelage

septembre 15, 2015 5:05 Publié par

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Mon prince s’est décidé aujourd’hui. C’est le jour de notre jour, le grand jour, le jour-j. J’ai attendu avec tellement d’impatience ! Il m’a laissé tout faire toute seule mais ce n’est pas grave je sais combler ses moindres envies ; de douces chansons.  Je passe en revue pour la énième fois ma tenue, elle est merveilleuse ! Comme je l’ai toujours rêvé. Ha combien est-ce qu’il ne m’a pas couté ce rêve.  Combien de fois  mes copines aigries  ne m’ont pas rabattues les oreilles avec des « tu es son objet ou quoi ? »,  «  jusqu’où vas-tu aller pour lui ? », « on n’épouse pas le trophée  ma chérie! » et j’en  passe. Au final, je suis là, chez le maire ! Elles,  où sont-elles ?  Elles vont encore partagées de longues années avec le célibat, moi je ne suis plus à ce stade. D’ailleurs je n’en voie aucune. Elles n’ont sûrement pas digéré la nouvelle. Les jalouses vont maigrir !

Ha Calixte ! Mon cœur, ma raison de vivre ! Calixte c’est le prénom de mon prince, pas besoin de le dire, vous avez bien deviné que c’est l’Amour de ma vie. Que ne ferais-je pour lui ? Où n’irais-je pour lui ? Dans quel trou n’entrerais-je pour lui ? Il est mon tout.

Calixte est à l’origine de ma métamorphose. Moi, jadis vilain petit canard, moche, maigre, noire et sans aucune sensualité, mon coco a fait de moi la femme que je suis aujourd’hui.  Dès nos premiers mois mon chéri m’a dit la vérité, vérité qui peinait à sortir de la bouche de mes proches :

-Bébé, il est vrai que lorsque je te draguais tu étais mince mais juste un peu d’embonpoint et tu seras super !

Des comprimés « bon appétit » par-ci, des repas gras par-là, un peu de suppositoires, beaucoup de sommeil  et me voilà transformer ! Je suis devenue la femme de sa vie. Enfin presque :

-Mon cœur, tu as grossis ça te va si bien. Mais tu sais rien ne me ferais plus plaisir que si la femme de ma vie avait le teint clair comme le soleil. Tu sais avec mon statut, une femme claire à mes côtés ne me rendra que plus influent.

Les désirs de mon petit cœur sont des priorités ! Après  des recettes de savon un peu douteuses,  des huiles aussi collantes que du miel, des laits corporels aux odeurs d’oignon, j’obtiens le teint tant convoité, le teint métis.

Mon chou est satisfait, il n’arrête pas de m’emmener partout avec lui. Je suis devenue sa queue,  sa moitié. Notre amour est « ton pied, mon pied ». Il me chante chaque jour que je suis sa lumière, il me le disait avant mais maintenant la lumière que je suis est plus visible, plus palpable. On est devenu tellement proche qu’il m’accompagne même à la boutique de lingerie fine.  Tiens, la dernière fois alors que j’essayais une pièce assez coquine, mon carreau de sucre n’a pas manqué de souligner ma poitrine un peu trop menue. C’est un petit problème ! Lui dis-je.

Dès le lendemain je suis collé-serré avec une de celles qui se disent esthéticiennes.  « Je veux le massage pour seins et fesses rebondies », lui dis-je entre deux sourires.  Ma blessure sucrée n’a parlé que de seins, mais dans la vie,  quand on nait femme, la prévoyance est le maître-mot. Aucun homme ne parle de seins sans penser au postérieur, surtout les hommes africains. Je prends tout le package. Après plusieurs séances de tortures oh combien délicieuses (et je n’exagère rien.) Mon corps est parfait, prêt à être présenter sous tous les angles. Mes «  lalas » deviennent des «  lolos » et mon « bobaradéni « est transformé en « bobaraba », de quoi faire trembler plus d’un. Le résultat est palpable après que je me sois doté d’un collant des plus collés. Le résultat final est parfait. Mes sœurs, retenir un homme est une tâche complexe. Celles qui ne veulent faire aucun effort n’auront que leurs yeux pour pleurer et à chaudes larmes.

Mon rayon de soleil est satisfait, plus que satisfait. Il me couvre de baisers, de cadeaux, d’attentions. Je n’ai plus de répit, tous les jours de la semaine sont de nouvelles occasions pour me présenter à un ami, une connaissance, un parent. Je suis sa récompense, sa bénédiction, son trophée. Mes sœurs, ce n’est pas compliqué d’obtenir d’un homme ce que vous voulez, il suffit de savoir l’écouter, entendre battre son cœur, saisir ses moindres gémissements, sentir ses soupirs inexprimables et le compte est bon.  Arrêtez de perdre votre temps à commérer dans les quartiers et à vous disputer avec vos amoureux. Vous aimez trop parlez, c’est pour cela que vous n’obtenez rien de bon ou du moins que vous vous contentez des miettes.  En tout cas,  rien ne m’arrête pour satisfaire mon chocolat au miel, quitte à finir comme une drosophile à yeux rouges. Tant qu’il est heureux, le ciel est bleu…

Le moment tant attendu approche, Je me tiens devant la mairie dans mon carrosse, mais une chose me dérange. Je dois dire que cette chose m’a dérangée depuis près d’une semaine déjà. Qui est cette jeune femme qui esquisse un sourire sur le carton d’invitation dans les bras de mon doudou d’amour ? Il me semble que je la connais. Oui, je la reconnais même. Tout porte à croire qu’elle est cette « moi »qu’il rejetait il y’a peu avec  son petit corps adorable, son teint noir d’ébène, ses jambes fines et interminable, mon véritable sosie avant ma transformation. Comment cette moi qui n’est pas moi a pu me faire la concurrence jusqu’à apparaître sur le faire part? Qui sont ces gens qui scandent son « Natacha » avec tant d’émoi ? Surement pas des membres de ma famille ! Ils s’affairent tous autour d’elle comme si elle était la mariée, mais ils se trompent ! C’est  probablement une erreur, cette usurpatrice me vole la vedette alors que je suis la princesse du jour!   Mon tendre bourreau des cœurs n’aime pas ce genre de femme sinon il ne m’aurait jamais poussé à changer. Et puis, qui va hériter de mon teint un peu vert pas endroit ? Et mes seins ? Qui va s’approcher de cet amas de vergetures ? Qui va accepter ce derrière peu régulier parfois ? Ce n’est pas possible, ce salaud n’a pas pu me faire ça ! Aujourd’hui c’est mon jour,  ces vingt-quatre heures sont miennes, « today na today ». Il va m’épouser coûte que coûte sinon je ne réponds pas de moi…

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Cet article a été écrit par Farapie

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Comments (1)

  • Tchonte Silue 6 janvier 2016 à 3 h 56 min

    Ca c’est un lourd goumin deh! Belle lecon Farapie 🙂 C’est toujours un plaisir de te lire. J’espere que ta nouvelle interpellera certaines…

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