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Hanielophir

MERCI MON FILS ! (1)

mars 15, 2013 5:36 Publié par

M. Béssékon entra dans la chambre d’Apollos et, d’un coup de pied à la Roberto Carlos, le fit sortir de son sommeil.

« Petit paresseux, tu es encore couché à cette heure-ci ! Hors de ma vue avant que je t’arrache les yeux !», gueula-t-il à l’endroit de son garçon.

Apollos fit un bond spectaculaire pour se mettre sur ses jambes avant de filer en vitesse, comme s’il venait de voir le diable. Que lui avait-t-il pris d’être encore endormi alors qu’il était déjà 7 heures du matin ? Il savait pourtant que son père considérait le fait d’être au lit après 6 heures comme un sérieux outrage à la bienséance, et lui réservait des punitions insupportables en cas d’excès de sommeil.

M. Béssékon était un homme très difficile à vivre à cause des règles de vie et de conduite qu’il imposait aux autres, et ne faisait absolument pas de cadeau à sa femme et son fils. Tel un dieu sur terre, aucun des deux ne pouvait le contredire, aller contre ses principes ou lui désobéir, au risque de se faire sévèrement bastonner. Sa mauvaise réputation avait même pris tout le village de Nikisso où personne, même le chef, n’arrivait à lui faire entendre raison lorsqu’il battait sa femme ou son fils.

Apollos, 8 ans, fils unique de M. Béssékon, ne s’adressait à son père que lorsque celui-ci lui demandait quelque chose. Il limitait ainsi les incessants coups qui se ruaient sur lui, chaque fois qu’il prononçait un mot que son géniteur trouvait déplacé. A son âge, il devait se rendre, dès 6 heures, à la boutique de son père afin de recevoir les premiers clients. Pour la tenue de ce commerce, M. Béssékon refusa de l’inscrire à l’école, alors qu’il avait dépassé l’âge indiqué par les autorités, une situation que la mère du petit n’avait pas appréciée. Elle le lui avait fait savoir et cela lui avait malheureusement coûté une dent.

Apollos vivait très mal toutes les fois où sa mère se faisait battre sauvagement par son père. Et les scènes de bastonnade était quasiment les mêmes ! Quand M. Béssékon, pour des raisons farfelues, envoyait des coups de poing sur sa malheureuse épouse, Apollos se retranchait dans un coin de la maison et, tout en tremblant, se rongeait le pouce de la main gauche. C’était une habitude chez ce garçon, une chose qui se produisait chez lui lors des fortes émotions. Et à chaque fois que les cris de douleur de sa génitrice montait dans la maison, il tremblait de plus en plus jusqu’à ce qu’il se mette, à son tour, en pleurs, le pouce gauche à la bouche.

Généralement, lorsque le garçon fondait en larmes face aux scènes insoutenables de bastonnade de sa génitrice, son père s’en prenait toujours à lui en tenant des propos du genre :

« Puisque tu pleures alors que je n’ai pas affaire à toi, autant que je te frappe correctement pour que tu te mettes à l’aise ! ».

Il joignait aussitôt l’acte à la parole avec des coups de pied et des uppercuts qui atterrissaient sur le petit homme qui, pour se protéger, se recroquevillait sur lui, la tête entre les genoux et les mains sur la nuque.

En plus d’être violent, monsieur Béssékon était d’une jalousie maladive. Sa femme n’avait pas le droit de mettre du temps au marché ou d’adresser un petit salut à un passant. Il la soumettait à un interrogatoire musclé qui se terminait toujours par une bastonnade.

Un soir, la mère d’Apollos reçut la visite d’une amie. Quelques minutes après, elle décida de la raccompagner et, à force de papoter en route avec sa visiteuse, ne vit pas le temps passer. Dès son retour à la maison, elle fut accueillie par son mari qui, dans la tête, s’est fait un film tout en couleur. Il était persuadé que la bonne dame avait fait un détour chez un de ses amants et la couvrit d’invectives.

« Femme aux mœurs légères, d’où sors-tu comme ça ? », demanda-t-il en hurlant à la dame qui l’ignora royalement. Elle en avait marre de ce genre d’accusation et décida, cette fois, de ne pas faire attention à son homme. Tout ceci, sous le regard d’Apollos, assis dans un coin du salon.

« Mais je rêve ou quoi ? Je te parle et tu ne me réponds pas, tu m’as oublié ou quoi ! ».

La dame s’arrêta en face de lui, le fixa du regard et lui donna comme réponse un petit silence qui le mit hors de lui. Alors qu’elle venait de lui donner dos, il lui fit un croque-en-jambe, style Riner, qui la terrassa. Et, juste après qu’elle se soit retrouvée à terre, il se jeta sur elle avant de lui administrer de violents coups de poings dans le ventre…

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Cet article a été écrit par Hanielophir

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Comments (7)

  • Krys Closran 15 mars 2013 à 19 h 41 min

    Ahi, jespère ke ya une suite hein… Jespere ke le père va mal mourrir hein!

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  • Hanielophir
    Hanielophir 15 mars 2013 à 19 h 57 min

    Sois pas pressé Krys! Ce n’est que la première partie!

     Reply
  • KABA Kouda 16 mars 2013 à 7 h 34 min

    Vivement la suite

     Reply
  • licka choops 16 mars 2013 à 8 h 51 min

    les hommes violent sont des hommes à qui il manque l’estime d’eux meme. C’est triste j’espere qu’elle est pas morte ! vivement la suite

     Reply
  • Heidi 16 mars 2013 à 22 h 00 min

    Et la police? ça n’existe pas dans cette contrée…? Tant de violence gratuite, c’est assez frustrant.

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  • Skyrocket
    Skyrocket 19 mars 2013 à 8 h 38 min

    Franchement, que doit-on faire à ces hommes violents? On pourrait croire qu’ils ont tous été traumatisés dans leur enfance pour rejeter autant leurs frustrations sur les autres. Bravo pour ton texte en tout cas j’aime.

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  • Hanielophir
    Hanielophir 19 mars 2013 à 10 h 42 min

    Merci Skyrocket!

     Reply

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