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Christian Loua

MARIE, POURQUOI SI TOT?

juin 9, 2014 8:58 Publié par

Derrière la fenêtre cadrée, il y a mes yeux las de regarder la vie, sous son morne aspect depuis. Ce regard éteint, répand le feu de ses projecteurs sur la façade biscornue d’un palmier. Les feuilles graciles, au gré du vent, dansent sans modération. Elles caressent le vent léger et, expriment au moyen d’une mimique, leur contentement amplifié. Il y a de l’harmonie dans cette aventure. C’est à l’instar de Roméo et Juliette. Le vent et les feuilles se donnent l’amour. Toute la structure du palmier semble approuver cette union subite. C’est un parfait mariage aux allures alléchantes. Quand par moment, le vent freine sa visite, les feuilles du palmier n’ont de cesse de clamer leur envie ; leur désir de poursuivre la caresse, leur envie récurrente de goûter aux saveurs de l’amour. C’est la drague de la nature. Même les arbres se rient de ma piteuse existence. Cette existence sans MARIE.

Je regarde ce beau spectacle à mon aise, par l’entremise de la fenêtre. La vie m’a cependant joué un tour. Celui de l’éternelle séparation. Toute beauté intérieure m’a disparu, car mon soleil est parti. Parti loin, très loin. Vers l’inconnu destin. Aujourd’hui c’est l’expression d’un éternel désarroi. Je ne sais point, si pour m’en remettre, le temps me gratifiera d’un éventuel répit. Revenir dans l’instant des meilleurs sentiments. Car le mal est déjà consumé et, c’est irréversible.

Je pense tout bonnement aux délicieux moments de notre union. Celle-là même, qui avait jeté la lumière dans les tréfonds éteints de mon être. Cette union mystique, et fugace toutefois, qui me laisse une orgie d’ancre noire dans la mémoire.

Ah oui, je l’ai perdu celle-là, pour de bon. Le concours des circonstances, parviendra certes, à me caresser les sens, pour m’offrir une autre. Cependant, MARIE n’a d’égal que la singularité de ses cordes raffinées. Le doux son de sa voix, est l’ineffable symphonie des DIEUX. Elle a le don d’affranchir son possesseur de la souffrance. Et c’était moi. Je revois, sa bouche toujours béante, qui répand les saveurs de mes chansons délicieuses.

Encore, mes sens n’arrivent pas à divorcer de ce prégnant souvenir. Comment l’oublier de toute façon ! Comment passer sous silence ses plaisirs uniques ? Ce matin où ta douce voix avait fait battre en retraite le sommeil, qui alourdissait mes paupières. Ce jour-là, tout le monde reluisait de bonne humeur. Ma courte chambre, parvenait difficilement à contenir ta voix. Même Maman, qui trouvait parfois que je passais trop de temps avec toi ; s’était pressée de contempler ta voix délicate. Devant la porte, elle avait épinglé son pas. Ensuite, sans résistance, ses épaules s’étaient ébranlées, pour échouer doucement sur le rebord de la porte. Ses yeux rabattus, redessinaient son visage. Elle voyait l’amour, lui dire bonjour. Ainsi pour le signifier, sa face esquissait de légères allées et venues, au rythme de la mélodie. Oh, comment dire non à ces instants-miel. Maman s’oubliait entièrement dans les profondeurs de cet exquis moment. Ses pensées voyageaient à destination du passé. Ses pensées l’emmenaient savourer derechef sa rencontre avec papa. Et là, elle ne pouvait soutenir l’ampleur grandissante de ses impressions, tant et si bien que de ses yeux, s’échappaient de l’eau. Comme des perles.

C’est toi MARIE, qui nous a fait goûter à tous, cet indicible bonheur. Toute cette joie. Et maintenant, je suis là à te pleurer comme un gamin. Toujours, tu me manqueras MARIE. Moi le musicien sans compagnie dorénavant.  Je suis seul, puisque je n’ai pu trouver une comme toi. Une avec des cordes souples et un son divin. Une avec des rondeurs saisissantes et un corps bien dessiné. Une qui transforme les humeurs et les sentiments. Une comme toi MARIE : ma belle guitare…

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Cet article a été écrit par Christian Loua

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Comments (3)

  • Mireille Silue 16 juin 2014 à 1 h 20 min

    Illusion reussie, je pensais plutot a une chanteuse. Je me demande bien ce qui est arrive a Marie. Dans tous les cas, du courage, j’espere que tes blessures finiront par etre pansees. Eh Marie nous a fait ca deh! Beau texte !!!

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  • KABA Kouda 10 juillet 2014 à 15 h 50 min

    lol!!! Tu m’as bien Bluffer!!! Yako pour Marie

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  • Christian Loua 1 août 2014 à 19 h 11 min

    je vous remercie beaucoup pour vos chaleureux encouragements. merci beaucoup!

     Reply

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