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Hanielophir

LES CONFESSIONS D’UN CAPEUR

février 28, 2013 9:47 Publié par
Je suis un capeur et ça m’étonnerait que vous n’en soyez pas un, vous aussi. Je sais aussi que vous vous demandez ce que j’entends par capeur, alors je vous explique. Un capeur est une personne adepte du CAP et qui ne peut s’en passer. Vous n’avez encore rien compris et je comprends. C’est pourtant très simple ! Sur Facebook ont fait du CAP, c’est-à-dire Commenter Aimer Partager.  Vous savez maintenant pourquoi je crois que vous êtes aussi des capeurs. Cependant, il y a une différence entre vous et moi car je ne Commente rien, je n’Aime rien et je ne Partage rien ! Toutefois, je fais bien du CAP sur Facebook, mais ma démarche consiste à Chercher, Appâter et Plumer. Les capeurs de mon genre sont nombreux et nous avons décidé de nous différencier des autres. Nous vous avons ainsi décerné –  à vous les capeurs classiques  –, un diplôme en DEA, pour dire que vous ne faites que Discuter et Echanger entre Amis. Alors que nous autres, nous sommes des capeurs diplômés en DUT, ce qui signifie Distraire Uniquement pour Taxer des gens qui ne savent que faire de leur fric. Quand j’ai commencé à mettre le CAP sur Facebook, je vivais avec mes parents. J’étais le meilleur client du cybercafé de mon quartier car il était impossible pour moi de passer un seul jour sans me mettre en ligne. Mais, c’est lorsque mon ami Davido a reçu son virement de 5 000 euros, après avoir « capé » un européen, que je me suis dit que Facebook était une vraie voie de salut pour moi. Depuis ce temps, je n’ai plus jamais mis les pieds à l’école. J’étais en classe de 3ème. J’ai tout abandonné pour me consacrer exclusivement à ma nouvelle activité. Et c’est comme ça que j’ai développé une addiction intraitable à Facebook. J’ai bradé tout ce que j’avais et utilisé toutes mes économies pour disposer d’un ordinateur portable et d’une connexion. Je ne sortais presque plus de la maison à cause de Facebook. Mes parents ne comprenaient rien en mon attitude et ont vraiment tout fait pour me venir en aide. J’ai dû quitter la maison familiale pour qu’on arrête de me donner des conseils que je n’aimais pas entendre. J’ai ainsi déposé mes valises chez Davido, à quelques mètres de chez mes parents. Mon ami a accepté que je partage son studio le temps que je voulais. On se connectait chaque jour et on passait notre temps à lancer des demandes d’amitié sur Facebook. Parfois, je passais des nuits blanches devant mon écran, tellement il était difficile pour moi de me déconnecter ! Après mon départ de la maison familiale, mes parents ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour que je revienne. La première initiative est venue de ma mère qui m’a convaincu de l’accompagner au village, sous prétexte que mon grand-père, à qui je tiens beaucoup, voulait me voir d’urgence parce que mourant. Je n’avais pas le choix que de la suivre. J’y ai fait trois jours, et cela me semblait une éternité. Dans mon village reculé, il n’y avait pas de connexion internet. J’ai donc passé trois interminables jours sans Facebook ! Que ce fut insupportable ! En réalité, ma mère m’a conduit au village pour autre chose. Pour elle, j’étais possédé par un esprit et elle voulait m’en délivrer. Elle fit ainsi appel à une grande féticheuse du village qui me réveilla une nuit avec des incantations bizarres. On me traina dehors, presque de force, et après trois pirouettes, deux plongeons et une transe, elle me remit des plantes sensés chasser le soit disant esprit malin. C’est curieux mais depuis ce passage au village, je ne me suis jamais autant accroché  à Facebook. C’est même juste après que j’ai commencé à passer mes journées le ventre creux. Mais rassurez-vous, ce n’est pas parce que je ne trouvais pas de quoi à manger. Le problème c’est que dans ma situation actuelle, je suis tellement dépendant à Facebook que je ne sens plus la faim. Si vous me voyez présentement, vous allez rire avant de couler une larme ! Quelques jours après mon passage au village, c’est au tour de mon père, fervent chrétien, d’entrer en jeu. Un matin, alors que j’étais hyper occupé, il débarqua chez Davido avec un commando de 5 pasteurs, armés de bibles aux formats encyclopédiques. Une autre méthode allait être pratiquée pour tenter de chasser à nouveau le fameux esprit malin qui me contrôlait. Dans un tohu-bohu infernal alimenté par des prières guerrières, j’entendais des « Esprit de Facebook sort de son corps !!», « Esprit d’internet libère ce garçon !!». Sachez que trois ans sont passés après cette séance musclée de délivrance et je suis toujours sous l’emprise de Facebook. Je reconnais que je souffre d’une dépendance à ce réseau social et j’ai le sentiment de courir derrière des mirages. Mais il est difficile pour moi de faire autre chose que ça. Je ne suis cependant pas seul à vivre un tel martyr. La situation de la femme du cousin de Davido est aussi très préoccupante. En tant que capeuse en DEA, elle reste continuellement scotchée à son portable, même sous la douche, et reste connectée parfois jusqu’à 1 h du matin. Son mari n’arrête pas de se plaindre de sa nourriture qu’il trouve toujours brûlée ou plein de sel, à cause de Facebook. Il nous confia qu’une nuit, alors qu’il s’employait à remplir convenablement son devoir conjugal et qu’une « panne de moteur » l’empêchait d’accélérer sur la route qui mène au septième ciel, sa femme lui sortit un « lol » au visage, une réaction qu’il était loin de trouver drôle. En fait, elle avait son portable en main et, pendant que son mari était à la manœuvre, elle envoyait des messages en cachette. Franchement! Moi, j’ai besoin de marquer une pause pour faire autre chose ! Mais je n’ai pas cette force là. J’ai l’impression d’être pris en otage, d’être condamné ! Mais hier, j’ai eu une petite lueur d’espoir ! Davido m’informa de ce que le 28 février a été choisie comme la journée mondiale sans Facebook. Une journée sans Facebook ? Certainement l’occasion tant attendue pour faire la pause dont j’avais tant besoin. Pour moi, le petit Zuckerberg avait l’intention d’actionner un bouton depuis son bureau pour empêcher tout accès à Facebook. Mais Davido me fit comprendre que ce ne sera pas le cas. Cette journée a juste été pensée pour permettre au gens de prendre conscience de l’addiction de certaines personnes, comme moi, à Facebook, et que chacun devrait songer à l’utiliser avec modération. Comme j’aurais aimé que l’accès à Facebook soit impossible ne serait-ce que pendant 24 heures! Je pourrai enfin apprécier ce qui se passe autour de moi car je suis déconnecté de la réalité depuis des années. Le 28 février est donc une date symbolique. Chacun est donc libre d’accéder ou pas à Facebook. Inutile de vous dire ce que je ferai ce jour-là. Mais une chose est sûre, cette journée sera certainement la plus célébrée de tous, malheureusement sur Facebook.  
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Cet article a été écrit par Hanielophir

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Comments (6)

  • Spé Ciale 28 février 2013 à 9 h 59 min

    lol pas mal

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  • Marck_Andy
    Marck_Andy 28 février 2013 à 11 h 37 min

    Très ingénieux! Salut les Capeur

     Reply
  • Licka choops 28 février 2013 à 13 h 36 min

    c’est bien cherché lol bravo je cap

     Reply
  • Hanielophir
    Hanielophir 28 février 2013 à 19 h 00 min

    Merci, mais j’espère que vous avez le bon diplôme en CAP!!!

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  • Armie Pockpa 2 mars 2013 à 10 h 07 min

    C’est mon Grand « Kiff » et cette phrase là  » Quelques jours après mon passage au village, c’est au tour de mon père, fervent chrétien, d’entrer en jeu. Un matin, alors que j’étais hyper occupé, il débarqua chez Davido avec un commando de 5 pasteurs, armés de bibles aux formats encyclopédique » m’a tué de rire imaginez un peu l’epaisseur des bibles là meme… Il est atrocement croyant le pere du personnage jusqu’a y aller avec 5 pasteurs … y(avait de l’huile sainte et de l’eau benite aussi ? ptdrrr

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  • fantastyck 5 avril 2013 à 11 h 49 min

    le « lol » m’a tué !!!

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