About Author

Lys

Les chroniques du foyer

septembre 17, 2015 5:13 Publié par
lys.fw Personnages :Fanta DOSSO, Anie KARE, Salif DOSSO.  Assises dans la cour, Anie des feuilles et un stylo en main – Je t’écris cette lettre pour te dire que j’en ai marre de toi … – Ah Anie, tu vas vraiment commencer ta lettre par ca : «  je t’écris cette lettre pour te dire que j’en ai marre.. » ? Toi aussi, adoucis un peu les choses ! – Bon : « je t’écris cette lettre pour te dire que je m’en vais ! » – Et voila que tu pars dans la chanson : c’est le titre d’une chanson non ? – Regarde Fanta ! Je m’en vais, je m’en vais point ! Que je lui écrive ou que je le lui chante ce sera pareil : je ne le supporte plus. – Je comprends mais essaie de te calmer. Tu devrais aussi bien réfléchir à ce que tu vas écrire. On ne jette pas deux ans de relation comme ça. – Tu parles comme ci c’était le seul homme qui restait. Il y a encore des mecs ici, chez moi à Bordeaux et partout ailleurs. – Non ce n’est pas le seul mais j’avoue que vous formiez un beau couple. Alors pourquoi ne pas se donner une chance ? – J’en ai déjà donné 4 plus les fois ou je n’ai pas compté. – Ah bon ? – Oui, Fanta. Je n’en peux plus   Anie, les yeux embués de larmes – Cet homme je l’aime. Mais c’est devenu un vrai calvaire de faire chemin avec. – Tu n’exagères pas un peu là ? tu n’es quand même pas entrain de porter les maux de la terre entière au travers d’une relation amoureuse. – Non, je pense que le millième que je supporte me suffit ma chérie. – Bon dépose ta plume et viens me dire exactement pourquoi tu veux partir et chanter aussi. Fanta éclate de rire – Regarde Anie, arrête de plaisanter avec mon malheur. J’ai mal et ça te fait rire. – Toi Anie, toujours en train d’exagérer. Calme-toi et dis-moi tout. Fanta se rapproche, ( Anie hésitante ) – Fanta, Samuel n’est pas le genre d’hommes que je recherchais. Il est parfois un peu … – Un peu quoi ? – Méchant ! Je ne dis pas qu’il me bat ou m’insulte. Son arme à lui : c’est la torture mentale !   Fanta ; l’air surprise – Wou !   Ma chérie, allons doucement : que lui reproches –tu ? Anie, énervée – C’est le bonhomme devant qui on ne doit pas discuter. On parle tu obtempères ! Tu ne dois pas te plaindre. Quand tu parles, tu es compliqué. Quand tu te tais, tu gardes tout pour toi. Au final, on ne sait plus où donner de la tête ! Ton très cher Samuel ne sait jamais demander pardon ou juste faire semblant. Non, lui quand il t’a frustré, tu dois oublier et ouvrir ta gueule pour lui sourire juste après. Fanta souriante.  – Mais ma chérie, les hommes sont comme ça ! Anie qui crie. – Eh bien Fanta, je n’en veux pas des comme ça : je ne veux pas celui-là ou du moins je n’en veux plus de ce modèle !  Fanta toujours calme. – C’est la raison pour laquelle tu le quittes ? Bon ma chère, je vais manger. Anie qui crie plus fort. – Attends, tu es sérieuse là ? Je te parle de mes problèmes de couple et tu vas manger. C’est vraiment parce qu’on se connait depuis 10 ans que je te laisse faire certaine choses hein. Fanta encore calme. – Écoute Anie, je n’ai pas de temps pour les bêtises et vraiment, ton histoire en fait partie ! Les hommes ne savent jamais quand le cœur de la femme est en lambeaux ! Tu aurais dû le savoir après ce brillant doctorat en anthropologie. Pour eux, les plus graves blessures sont le décès, la perte de la virilité, la perte d’argent. Garçon ne sait pas que si tu n’entends pas « je t’aime » , tu as mal ; s’il ne fait pas semblant de t’écouter, tu as mal ; s’il ne se montre pas tendre et attentionné même par occasion, tu as mal. Pour un homme, en tout cas pour certains, il est le sommet de toute l’évolution : LE CHEF. Et qui dit « chef » dit : celui qui ne demande JAMAIS PARDON, celui qui n’a jamais HONTE, celui qui n’est jamais ROMANTIQUE : ça lui donne de l’urticaire, celui qui a le seul et dernier mot : t’écouter reviendrait à se montrer trop faible. Chez lui a Guibéroua, Toumodi , Samatiguila ou même à Bordeaux là bas, il parle et on exécute. Toi encore, il ne vient pas te sauter dessus pour des relations intimes quand il vient juste de te rabattre le caquet pour une question que tu lui as posé. Je trouve que tu as de la chance et qu’il est gentil : tu dois le prendre ca comme ça.   Anie devenue calme. – Mais ce n’est pas ce genre de relations que je souhaite Fanta. Ce genre de souffrance, très peu pour moi. – Tu devras apprendre à faire avec. A sourire même quand tu as envie de pleurer, à te taire même quand tes propos sont justifiés, à donner raison, à demander pardon pour des choses pour lesquelles tu n’es pas responsable.   La porte s’ouvre, un homme entre : Salif, l’époux de Fanta – Vous êtes encore en train de critiquer qui ici ? Fanta, soudain nerveuse. – Personne ! On parlait de nos problèmes ! Salif, ironique – Toi Fanta, tu as problèmes aussi. A cause de BAC 160 points tu as eu là, maintenant quand les gens parlent , toi aussi tu racontes problèmes. Franchement, l’homme n’est rien. Fanta, amère. – Pour parler de problèmes là, il faut avoir BEPC comme toi quoi ? Salif , frustré. – Tu m’insultes ? Fanta, ironique à son tour. – Non non , pas du tout ! Je vais préparer ton bain Anie, qui tente de calmer les époux. – Salif , Bonsoir . Calme-toi, pardon. Faut pas l’écouter. J’espère que ta journée s’est bien passée. Salif, essayant de se calmer.  – Excuse moi ma chérie coco. Bonsoir. J’ai compris, je parle plus mais c’est parce que c’est toi hein. Ça va merci. Ça fait un bout, que deviens-tu ? – Ca va , je discutais avec ta femme de mon futur célibat . Salif , choqué. – Ahi , pourquoi ? Anie , la voix triste. – Ça ne marche pas, je vais rester seule et tenter de trouver le bon – Vous les femmes mêmes, c’est pas la peine. – Salif , tu ne sais même pas ce qu’il m’a fait , tu m’accuses. – Mais moi-même je sais que c’est parce que c’est de ta faute. Anie intriguée. – Comment ça? – Ménage, lessive, cuisine, si tu as fais tout ça là sans parler, le monsieur va jamais te chasser. Anie choquée. – Le foyer ne se résume pas à ça ! – Est-ce que tu lui donnes tous les soirs ? – Donner quoi ? – Tu ne vois pas de quoi je parle ? – Non, explique-moi ! Salif, ironique.   – Non, ça va. Si tu vois pas, je comprends pourquoi ca marche pas dans le couple. En tout cas, yako hein. Je vais me laver. Après le bain, Salif, sortant de la douche, seau à la main , serviette nouée à la taille et tout sourire et chantonant. – Fanta Fanta , Fanta la claravelle Fanta d’une voix dure. – Ya quoi ? Salif, d’une petite voix presqu’inaudible. – Hé !  j’ai dit ton nom seulement … Fanta sur la défensive. C’est ça j’ai répondu «  ya quoi » là ! Salif, avec un sourire mi-figue, mi-raisin  – En fait… j’ai un peu mal au dos, pardon faut faire tu vas me masser. – Tu ne vas pas aller à l’infirmerie Salif ? Une radiographie pourrait t’aider hein. – Non ça ne me fait pas trop mal. Mais c’est pour que tu regardes s’il n’y a rien de grave quoi ? Fanta , imperturbable. – Salif , demain va à l’hôpital pardon. En plus moi-même j’ai mal à la tête, si je me penche pour voir ton dos, nous deux on risque de tomber malade. Salif, tout à coup nerveux. – Bon c’est bon merci ! Envoie mon repas ! Anie se lève. -Le couple DOSSO, je vais demander la route. – Aurevoir Anie, je salue ton mari. Fanta va te raccompagner.   Anie à Fanta , en chuchotant. – Fanta, je te laisse à tes exercices de kinésithérapie. Je crois que je vais garder le mien de mari. Parce qu’avec ce que je vois là… Fanta riant aux éclats. – Ma chère c’est le championnat qui est là. En plus, si je le laisse, qui sait ce que je vais trouver devant. Lui encore, j’ai appris à maitriser ses besoins, ses envies, à créer des barrages sur les parties qui ne m’arrangent pas et à me protéger contre ses attaques à bouche armées. Elles éclatent toutes deux de rire.  Anie, rêveuse. – Pourtant, ça ne devrait pas être comme ça ma sœur. On devrait être dorlotées tout le temps comme des reines parce que nous donnons la vie, tenons la maison, veillons à leur bien-être. Fanta, moqueuse.  – Je ne sais pas à quoi tu joues mais tu en trouveras peu des hommes que tu cherches. A part Jésus (paix à son âme), Dieu, Mahomet le saint Prophète et quelques autres dieux dont je ne connais pas le nom, tous les hommes sont comme ça. Anie, l’air espiègle. – Tu as déjà essayé ? – Ma chère, ça c’est un autre épisode. Tu te rappelles de …. Salif criant a tue-tête. Faaaaannntaaaaa, où est mon repas ?
Tags : , , ,

Classés dans :,

Cet article a été écrit par Lys

Previous Post Next Post

Comments (3)

  • M.C AGNINI
    M.C AGNINI 28 septembre 2015 à 18 h 58 min

    J’ai apprécié cet échange si naturel et relatant parfaitement le vécu quotidien. J’ai répertorié quelques in corrections :
    ’’Il est UN parfois un peu …’’ =) le UN semble être de trop
    « reviendrait à se MONTER trop faible.  » =) Ne serait-ce pas plutôt « à se montRer » ?
    « Je trouve que tu as QUE QUAND tu as la chance et qu’il est gentil : tu dois le prendre ca comme ça » =) Il semble avoir une in correction
    « Salif , tu ne sais même pas ce qu’il MA fait , tu m’accuses.  » =) Plutôt ce qu’il M’A fait

    A part cela le texte se lit très facilement et donne envie d’être parcouru jusqu’au bout. J’osé espérer que nous aurons la suite de l’histoire de Fanta 🙂
    PS : Tous les hommes ne sont pas des Salif

    Merci LYS

     Reply
  • Carine 17 novembre 2015 à 15 h 34 min

    J’ai bien aimé vous lire 😉

     Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

L'auteur

Lys