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MONSIEUR PØCKPÄ

LA VÉRITABLE HISTOIRE DE LA FEMME QUI EN EUT MARRE…

mai 21, 2014 7:25 Publié par

Rédigé le Lundi 23 Janvier dans les locaux du Service Médical des fonctionnaires de la Mugefci sur une feuille du CNED.

à Affoh Guenneguez ….

Ce matin-là, Wassia renifla une fois, non, deux, peut-être trois ou quatre fois avant de cracher la glaire qu’elle était parvenue à emprisonner dans sa bouche par le biais de sa salive. Les pleurs d’un nouveau-né, le sien, sûrement couché à l’intérieur, dans sa vieille cabane de Sicobois, déchirait le silence mais elle ne semblait s’en soucier…

Ce matin-là, on aurait dit de Wassia qu’elle était tout droit sortie d’une danse macabre de sorcières: ses cheveux, sales, éparpillés formaient quelque chose de broussaille ou peut-être était-ce ses joues incroyablement creuses, son physique bas-tuyaux, son ventre gonflé par le cholestérol et les excès qui jouaient un tel contraste ? Qu’en sais-Je !

Ce matin-là,Wassia d’humeur maussade, s’accroupit dans un coin pour se verser un peu d’eau sur le visage, posa par terre le vieux gobelet qui avait servi à cette opération et s’essuya la face avec un pan du morceau de pagne douteux, enfin hygiéniquement parlant qu’elle s’était négligemment noué à la poitrine.

Dès qu’elle eût terminé sa toilette faciale, Wassia se releva, s’étira tel un assikongo et dévisagea par la suite Foussény, son mari d’un œil inconstant. Il était occupé, assis sur un tabouret à lire et à relire un journal vieux de plusieurs mois.

Ce matin-là, Wassia en eut marre, marre de tout, marre de rien, marre du comble, marre du vide, marre de voir chaque jour cet être étrangement misérable qui lui servait de conjoint, l’aveugler du jaune de son sourire plutôt que de se trouver un travail. Marre du fait qu’on lui demandait toujours ce qu’elle faisait de sa vie et de répondre qu’elle se déshabillait pour cinq cent francs. Marre de voir sa physionomie crouler sous le poids des problèmes. Marre de voir sa peau rougir, zébrer, léoparder sous les affres de la dépigmentation. Elle ne ressemblera donc jamais à la fille au teint clair qui était sur l’emballage du produit qui servait à la décaper, jamais…

Et puis il y avait ce bébé…

Toujours là à gueuler, tenir opéra .Elle avait beau lui donner à téter, le cajoler, le bercer mais rien n’ y faisait, elle n’en pouvait plus, elle s’en mordait les doigts, s’en tirait les cheveux mais lui criait toujours, encore… et encore… encore plus fort…

Ce matin-là, Wassia en eût marre, elle ne voulait plus l’entendre, il fallait faire quelque chose mais quoi donc ?

Un vent noir se forgea dans son esprit…

«Et si…?» Mais oui ! Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ? Elle s’approcha de Foussény, dans un machiavélisme songeur, le visage sans bonté et lui dit :

«Et si on jetait l’enfant ? »

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Cet article a été écrit par MONSIEUR PØCKPÄ

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Comments (1)

  • Mivek DK 20 novembre 2014 à 12 h 22 min

    loool. ton histoire me laisse …… perplexe

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