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Skyrocket

LA TRAÎTRISE OU LA PRÊTRISE

septembre 17, 2012 10:15 Publié par

« Gisèle, j’entre au séminaire demain.»

Cette phrase d’Alphée, mon cousin et meilleur ami prendra tout son sens demain. Lorsqu’il y a de cela quelques années, il l’avait prononcée, je me suis efforcée de croire qu’il allait rendre visite à Georges, l’un de ses amis sur le chemin du sacrement de l’ordre. Aujourd’hui, je me rends compte que mon Alphée sera consacré prêtre demain à la Cathédrale St Paul du Plateau. Je n’ai jamais été une grande croyante et cela faisait partie de mes points de divergence avec Al qui lui, ne ratait jamais la messe dominicale. Je pourrais faire n’importe quoi pour Al mais je ne peux pas accepter qu’il devienne prêtre et je compte bien le lui dire.

« Allo! » J’ai toujours aimé la voix à demi cassée de mon ami. Il la compare souvent à celle de Garou tandis que selon moi, il a plutôt la voix de DJ Arafat.

– Al, je peux passer chez toi ?

– Quelle est cette question idiote ? Depuis quand as-tu besoin de me prévenir avant de passer me voir ?

– Désolée, mais vu que maintenant tu passes ta vie entre la cour familiale et le presbytère je ne sais pas où te trouver.

– Je suis en famille actuellement, je t’attends.

– Ok, à toute à l’heure !

Quinze minutes plus tard, je suis dans un taxi en direction d’Angré. Les oncles paternels d’Alphée ont construit une villa pour leur mère à la rue des manguiers et depuis deux ans, Al  s’y est installé. Je me souviens du jour où papa me l’a présenté comme étant un nouveau membre de notre famille. J’avais alors treize ans quand lui, à qui la mort venait d’arracher à la fois parents et sœur, en avait quinze. Etant enfant unique de mes parents, j’ai vu en cet étranger, le frère que mes parents n’ont pu me donner. Al était le fils d’un ami de papa, et  à la mort de ce dernier, papa a jugé bon de s’occuper de lui vu qu’aucun membre de sa famille ne vivait au pays, et Al ne voulait en aucun cas aller à l’étranger. En Afrique, les liens profonds d’amitié entre nos parents, accompagnés d’une même identité culturelle, font de nous les enfants des cousins de cœur, mais avec Al nous étions également devenus des confidents.

« Madame on est arrivé ». La voix du chauffeur me rappelle que j’ai atteint ma destination et que je ne peux plus reculer. Je trouve mon hôte devant le portail avec un large sourire, signe qu’il ne comprend pas la douleur qui est mienne en ce moment. Nous entrons dans la maison et après avoir refusé un quelconque rafraîchissement, il est temps pour moi de donner l’objet de ma visite.

– Gisèle, je t’écoute. Tu as l’air soucieux.

– Je le suis Al, et avant que tu ne me demandes pourquoi je vais te le dire. Je te prie tout simplement de mettre en pratique le silence que l’on t’a appris au séminaire et de m’écouter jusqu’au bout.

– Hum ! Ma chérie, quelle est donc cette affaire qui est si préoccupante, j’espère que ce n’est pas l’un de tes amoureux qui te fatigue. Je suis toute ouïe.

– Rassure-toi, il ne s’agit pas vraiment de ça, mon ami. Avant toute chose, merci d’avoir été une oreille attentive pour moi durant toutes ces années. Demain, nous sommes supposés assister à ta messe de consécration mais malheureusement je n’y serai pas. Tu as toujours été la pour me soutenir et notre amitié a triomphé de plusieurs épreuves. Mais cette fois je pense qu’elle est arrivée à terme.

– Où as-tu vu, Gigi, que les prêtres ne peuvent pas avoir d’amis de sexe opposé ?

– S’il te plaît ne sois pas hypocrite, nous ne sommes que deux dans cette pièce. Cela fait maintenant sept ans que nous nous mentons à nous-mêmes, que dis-je, que tu me mens et que moi je fais comme si je ne sais rien. Tu sais, que je t’aime Al, alors pourquoi fais-tu tout ça ? Je n’ai pas besoin de te le dire car tu as très vite compris que mes sentiments avaient dépassé le stade de l’amitié depuis bien longtemps déjà. Cela ne t’a pourtant pas empêché de sortir avec Audrey.

– D’où sors-tu ces histoires là ?

– Je suis au courant de tout, alors n’essaie pas de nier. Je pensais qu’on ne devrait jamais avoir de secret l’un pour l’autre. Lorsque tu es entré au séminaire, j’ai perdu tout espoir de me tenir à tes côtés en robe blanche devant l’officier de la mairie. C’est le cœur meurtri que j’ai regardé les années passer alors que celui que j’aimais plus que tout au monde avait décidé de rester célibataire à vie. Mais si je suis là aujourd’hui, ce n’est pas pour moi, mais pour elle. Cette amie qui ignore tout de mes sentiments pour toi et qui est venue me confier son secret. Ainsi donc, malgré ton entrée au séminaire, tu continuais une relation sécrète avec la seule amie que j’ai en dehors de toi. Il y a de cela bien longtemps que je sais ce qui se passait entre vous, mais je voulais te laisser l’opportunité de m’en parler de plein gré. J’ai attendu, le moment où tu daignerais te souvenir de notre amitié et te confierais à moi. J’ai attendu en vain que tu abandonnes le chemin de l’ordre pour lequel tu n’es apparemment pas fait. J’ai prié tous les jours à l’église, moi qui n’y mettais les pieds que pour les grandes fêtes. Demain, tu voudrais te marier avec l’église mais moi je refuse cela. Dans moins d’un mois Audrey mettra au monde tes enfants. Ces jumeaux qu’elle attend auront un père que tu le veuilles ou non, je te donne juste deux heures pour me faire part de ta décision. Je t’ai aimé et je t’aime encore, mais j’aime aussi mon amie et même si je vis avec cette profonde douleur d’un amour non partagé, je refuse qu’en gâchant ta vie, tu gâches aussi la sienne par la même occasion. Tu as mon numéro, j’attends ton appel dans les deux prochaines heures…

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Cet article a été écrit par Skyrocket

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Comments (5)

  • Symphonie
    Symphonie 19 septembre 2012 à 23 h 39 min

    Ton histoire est efficace, la lecture est facile, et la chute est inattendue. L’histoire est écrite, mais il y a quelques fautes dans les tournures de phrases. Bon courage et vivement un autre écrit

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  • Skyrocket
    Skyrocket 20 septembre 2012 à 12 h 47 min

    Merci Symphonie j’essaierai de faire moins de fautes.

     Reply
  • Sylvain Lefrancet
    Lefrancet 21 septembre 2012 à 11 h 13 min

    Le début m’a bien captivé, mais je trouve la fin un peu précipitée. Même si au niveau de la nouvelle on parle de chute, je pense qu’il faudrait peut être une réconciliation et pourquoi pas une relation sexuelle avec cette amie. Et après son départ, le nouveau prêtre se livrer à un monologue intérieur, partagé entre son désir de s’inserer dans la vie religieuse et son amour pour ses deux filles…..style simple comme Biton koulibaly.

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  • Skyrocket
    Skyrocket 22 septembre 2012 à 23 h 01 min

    Merci pour la remarque

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  • click here 19 août 2013 à 20 h 00 min

    Cheers! It’s the most effective moments to brew the in the future and it’s minutes to be at liberty. Yeah bookmaking this had not been a speculative decision terrific post!

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