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Pascaline Ahissi

La porteuse

septembre 3, 2014 10:46 Publié par

Dès que je sortis du ventre ou j’avais passé un long moment, je sentis une frayeur. Je me demandai dans quel monde me trouvais-je. Franchement, j’étais à l’aise là où j’étais, la personne qui me portait me traitait bien, je mangeais beaucoup, je dormais beaucoup aussi, surtout je riais à chaque instant. La joie était mon quotidien. J’aimais bien ces éclats de rire et nos séances de discussions, surtout quand je l’entendais me dire« je t’aime trésor».

Souvent, nous restions au lit pendant des jours parce que alités, je ressentais ses moindres états d’âmes. Ses tristesses, ses maladies et ses joies. Ensemble, nous traversions ses différentes phases. Je savais que c’était ma présence en elle qui opérait chaque jour un changement dans son organisme. Elle vomissait à tout bout de champ, était nerveuse et paresseuse. Pour moi, elle a dû arrêter son travail car sommée de rester au lit toute la durée de ma présence . Elle supportait mal cette situation, toutefois, jamais, elle ne s’était plainte, au contraire c’est elle qui m’encourageais à tenir bon. J’aimais l’entendre me dire « trésor reste tranquille dans mon ventre car je ne veux pas te perdre».

Les amis, j’étais souvent jaloux quand je sentais la large main d’une tierce personne sur le ventre de ma porteuse, pire je détestais cette personne surtout quand elle lui disait « je t’aime mon amour» je la traitais de grosse vache et de vaurienne, j’avais même envie d’être en face d’elle pour lui donner un bon coup de tête, hélas je n’étais qu’un fœtus. Mais, un matin ne supportant plus de rester coincé pendant que quelqu’un d’autre me volait ma porteuse, je commençai à me tourner sur moi-même, je sentais la souffrance de celle-ci mais je n’y pouvais rien. A force de tourner, ma tête se retrouva à un endroit où j’aperçus un petit chemin et là sans hésiter, je cognai ma tête de toutes mes forces. J’entendais toujours les cris stridents de celle-ci, ainsi que d’autres voix qui l’encourageaient à pousser. De cris en cris et…………………. plus rien, Silence de cimetière, puis ce fut mes pleurs. J’entendis par la suite « c’est une fille ».

Une fille ? Je suis une fille, cool. On me posa sur la poitrine de ma porteuse, je sentis une douce odeur que je pourrai reconnaître parmi des milliers. Par cette odeur, je sus qu’elle était belle, courageuse, aimante, et battante. Je sus aussi que pour rien au monde je ne la changerai contre une autre. Qu’elle soit riche ou pauvre, normale ou anormale, infirme ou pas, mon cœur tressaillait d’allégresse pour elle. Toujours sur sa poitrine, je savourais cet instant magique de découverte quand elle me caressa les cheveux en me murmurant « bienvenue trésor, je suis ta maman, et je t’aime plus que ma propre vie ».

Heureuse d’entendre ces mots, je pleurai comme le nouveau-né que j’étais. Ma joie était infinie. Maman ? J’ai une maman. Bon, c’est clair que je ne comprends pas grande chose pour le moment mais je sais que j’ai la plus merveilleuse des mamans du monde et je l’aime aussi plus que ma petite vie de nouveau-né.

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Cet article a été écrit par Pascaline Ahissi

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Comments (10)

  • Heidi 4 septembre 2014 à 7 h 38 min

    Attendrissant 😉
    Attention aux fautes…

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    • PASCALINE AHISSI 4 septembre 2014 à 16 h 56 min

      ok pour les fautes, je ferai plus attention les prochaines fois.

       Reply
  • PASCALINE AHISSI 9 septembre 2014 à 10 h 44 min

    merci beaucoup si tu as apprécié. je te promets de travailler travailler et travailler.
    merciiiiiiiiii

     Reply
  • judy 13 septembre 2014 à 20 h 39 min

    Wow, am speechless. extremely touching, amazing and just make u feel and go through many emotions. Go ahead

     Reply
  • PASCALINE AHISSI 15 septembre 2014 à 10 h 48 min

    THANK YOU,
    ESPECIALLY YOUR INCENTIVES

     Reply
  • KABA Kouda 25 septembre 2014 à 11 h 20 min

    WAHOU plein d’émotions, tu m’as fait revivre mes 3 accouchements et surtout tu m’as fait essayer d’imaginer ce que le fœtus a dû ressentir durant ma fausse couche…

    BRAVO

     Reply
    • PASCALINE AHISSI 29 septembre 2014 à 12 h 34 min

      Merci KABA , heureuse que tu ai apprécié, et sorry pour la fausse couche.

       Reply
  • M.C AGNINI
    M.C AGNINI 26 septembre 2014 à 17 h 57 min

    En lisant ce texte, j’ai eu la drôle envie de me souvenir de mes expériences personnelles à la lumière de tout ce que tu as su si bien raconter. cependant, jusqu’à la fin j’y croyais toujours, à un rebondissement, un événement inattendu, ou bien même que tu nous ais fait balader en envoyant notre esprit vers un sujet qui n’a rien à voir avec tout ce que nous serions imaginés. Mais je ne l’ai pas vu, ce déclic qui donne tout son sens à la nouvelle.
    Néanmoins, comme le disait Army, la simplicité fait tout le charme de ce texte. Les descriptions transportent aussi le lecteur. Trop parlé on dirait 🙂

    Merci Pascaline pour ce voyage vers la passé-inconnu. (y)

     Reply
  • PASCALINE AHISSI 29 septembre 2014 à 12 h 44 min

    Merci M.C AGNINI, même s’il y a eu une petite saveur qui à manqué.

     Reply
  • Mivek DK 21 novembre 2014 à 11 h 31 min

    j’ai versé ma petite larme en lisant ce texte. Tu exprime si bien ce qu’on vit, ce qu’on ressent quand on attend un bébé!!! félicitation chérie.

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