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Marck_Andy

LA FILLE DU NOTAIRE

octobre 4, 2013 11:50 Publié par

Quelle était cette fille qui faisait son entrée digne d’une princesse dans la salle de classe? Tout le monde avait les yeux fixés sur elle. Et comme cela était su d’elle, elle se donnait à cœur joie à des déhanchements, comme sur un T de défilé de mode. Andrew se demandait si cette fille n’était pas mannequin à ses temps perdus.  C’est juste à côté de lui qu’elle avait jugé bon de prendre place. Il se doutait bien qu’elle prendrait la seule place vide qui restait dans le fond de la salle – ce genre de fille a toujours aimé le fond de la classe.

Nous étions à la deuxième semaine de la rentrée académique et c’était maintenant que Doriane Péhé venait en classe pour la première fois. Les leçons de l’après-midi midi terminées, c’était à lui Andrew Jayson N’guessan que miss Péhé s’adressa pour savoir si les cours avaient bel et bien commencé. « Est-ce que la plupart des professeurs ont commencé à faire cours ? Est-ce qu’il y a beaucoup à copier si je veux me mettre à jour? » avait-elle voulu savoir. Andrew lui confirma alors que les cours avaient commencé depuis une semaine effectivement et qu’elle n’avait manqué que deux leçons de deux heures chacune véritablement. Quand elle demanda s’il était possible d’avoir les matières dont il était question pour se mettre à jour le lendemain de leurs conversations, il répondit par l’affirmative.

Andrew avait entendu parler de coup de foudre dans certains romans et  films mais là, il le vivait. La nuit fut trop longue pour lui. Il voulait que le jour se lève pour se rendre à l’école et revoir la  belle Doriane. Andrew n’avait pas dormi toute la nuit quasiment, ne cessant de penser à cette fille qui avoisinait le mètre soixante-dix de taille et aux courbes bien dessinées. Le jour le surpris au lit. N’eut été la vigilance de sa mère, il serait  arrivé en retard à l’école. L’absence de Doriane à son arrivée en classe le rendait un peu loin des cours du jour ; chose qui lui arrivait rarement depuis qu’il avait fait ses premiers pas à l’Ecole.  Il espérait toujours la voir rentrer de manière magistrale en classe comme elle l’avait fait hier mais hélas! Les cours du soir prirent fin et point de Doriane à l’horizon.

Ce n’est que le lundi de la semaine suivante que miss Péhé mit encore les pieds à l’Ecole Technique de l’Enseignement Supérieur du Plateau (ETESP). La première chose qu’elle chercha à faire était de se mettre à jour auprès de son voisin Jayson. Tout le monde l’appelait Andrew mais elle disait ne pas être « tout le monde » donc elle préférait l’appeler Jayson. Ce qui ne déplaisait pas au jeune homme puisque c’était son prénom qu’il aimait le plus – il aimait beaucoup Jayson Kid un célèbre basketteur de la NBA et faisait tout pour avoir son style de jeu quand il jouait au basketball ; son sport préféré. Il se demandait souvent pourquoi tout le monde préférait Andrew à Jayson. Il trouva lui-même la réponse à sa question : c’est parce que c’est le prénom qui vient juste après son patronyme.

L’année académique allait bon train et Andrew cherchait le moyen de faire connaître ses sentiments de plus en plus fort à la belle Doriane. C’est auprès de William qu’il demanda conseil. Puisque William apparemment s’en sortait pas mal avec les filles de l’Ecole.  Il fut très vite découragé par le « come-back » de Willy comme il aimait l’appeler.

« Cette fille n’est pas de ta catégorie, man. Elle et toi, c’est comme si tu demandais à l’équipe de Sabé Sports de Bouna de jouer contre le FC Barcelone. Est-ce que tu vois un peu mon pote? Tu n’as jamais fait attention à ses venues à l’école ? C’est toujours elle qui est déposée dans des voitures de grandes marques. Il parait même que Monsieur Doumbia le Directeur d’étude a flashé sur elle mais il est sorti zéro zéro. Regarde un peu son style ; une fille à papa jusqu’aux orteils… »

Willy lui avança une argumentation qui aurait découragé plus d’un. Mais Andrew restait la tête sur ses épaules car il savait ce qu’il voulait, pour employer ses propres termes. Et ce qu’il voulait ou plutôt celle qu’il voulait c’était Doriane Péhé. Il commença donc à mettre sa stratégie en place pour lui faire savoir ses sentiments. Mais quand il se retrouvait seul, les propos de Willy lui revenaient en tête. Et à y penser de près, Willy avait parfaitement raison. Andrew habitait Abobo et Doriane aux Deux Plateaux Perles. En effet lorsque le professeur d’Anglais technique avait demandé à chaque étudiant de se présenter et de dire son lieu d’habitation, lui avait simplement dit Abobo sans rien ajouter. Après avoir pris quelques informations la concernant, il apprit que le père de Doriane était un notaire qui gérait les affaires de plusieurs hommes importants du pays.

Il fini par obtenir le numéro de la fille qui faisait tant rêver. Ce fut alors le début des SMS et des appels. Cela faisait déjà plus d’une semaine que ce petit jeu avait commencé. Chacun en savait un peu plus sur l’autre. Il su ,en plus des informations qu’il avait déjà, que sa mère était cadre au Bureau National d’Etude et de Développement (Bnetd). Quant à lui, il lui signifia qu’il était le fils d’un homme qui faisait ses propres affaires et d’une mère enseignante.

Les jours avaient passé. Il se sentait maintenant prêt à avouer à Doriane ses sentiments. Elle le sentait venir et avait déjà préparé sa réponse. Le jour même où il lui déclara sa flamme, elle ne chercha pas midi à quatorze heures pour lui donner sa réponse. « Jay (c’est ainsi qu’elle l’appelait désormais), tu es un garçon qui me plait bien. Tu as beaucoup de qualités. Tu as beaucoup de classe. Tes manières de faire me plaisent bien, mais on ne peut que rester de bons amis. Je t’ai beaucoup observé quelque temps après mon arrivée en classe. Et j’ai tout de suite su  que tu avais un béguin pour moi. Je t’assure que tu ne m’es pas indifférent mais il y trop de choses qui entrent en ligne de compte et qui font que je ne peux pas me mettre avec toi…»

Elle ne leva pas les yeux pendant qu’elle lui parlait. A la fin de ses mots elle lui demanda de ne pas poser de questions mais plutôt d’accepter sa réponse. Il respecta son désir et ne posa aucune question.

De retour à la maison, elle s’enferma dans sa chambre et mit à pleurer à chaudes larmes. Pourquoi le faisait-elle ? Elle aimait le jeune N’guessan mais ne pouvait pas se mettre avec lui. La dernière fois qu’elle s’était mise avec quelqu’un de classe inférieure à la sienne, cela avait mal tourné. En effet Issa Diarrassouba, son ex-petit ami, avait profité de ses  biens et de son nom, puis l’avait jetée comme une malpropre. Quand il avait réussi le test d’entrée au FC Nantes, Club de football de la Ligue 1 française il l’avait abandonné. Elle, Doriane Péhé, qui l’avait sorti de son ‘Gobelet’ natal, un quartier précaire de la commune de Cocody. Quand elle pensait qu’elle avait financé son billet d’avion et lui avait permis d’obtenir les contacts nécessaires qui ont favorisé l’obtention des documents administratifs pour l’Europe, son cœur se serrait encore plus dans sa poitrine. Elle était donc ferme sur sa résolution de ne plus se mettre avec des personnes de la trempe d’Issa Diarrassouba. Et là Andrew payait cash l’ingratitude d’un autre. Ce n’est que plus tard qu’il su les raisons du refus de Doriane. Elle lui avait elle-même étalé les faits.

Quand il fit savoir cela à sa mère une conversation s’engagea entre eux :

–        Mais Andrew bébé, tu pourrais lui révéler ta vraie identité. Qui sait peut-être que cela va changer quelque chose. Parce que pour elle tous les pauvres sont ingrats.

–        Non m’man, je suis pour cette chanson qui dit l’amour n’a pas de frontière. Si elle m’aime vraiment, la classe sociale ne serait pas un problème. reprit Andrew.

–        Oui mon fils c’est vrai ce que tu dis, mais une femme quand elle est blessée, se  méfie de tout.

Ainsi l’enseignante à l’UFR de sociologie à l’Université FHB d’Abidjan pensait convaincre son fils.

–        M’man je ne révélerais pas mon identité à Doriane. Si elle doit m’aimer, elle doit aimer ce jeune de basse classe et non l’enfant du puissant homme d’affaires N’guessan.

C’est à ce stade de leurs causeries que Nadia, la deuxième des enfants N’guessan,  vint leur faire savoir que Monsieur N’guessan, le chef de famille les demandait tous deux pour les présenter à des invités.  Dès qu’ils finirent de descendre les marches de l’escalier, il leur dit.

–        Maître, je vous présente Anne Marie N’guessan, mon épouse et Andrew Jayson N’guessan mon premier fils. Plus besoin de présenter Nadia mon second enfant et la benjamine pour l’instant.

–        Chouchou, lui c’est monsieur Dieudonné Péhé, le nouveau notaire qui sera chargé de suivre nos affaires en Côte d’ivoire. Il est venu avec sa fille qui a oublié son téléphone dans la voiture et qui est allé le chercher. Ah tiens, la voici qui arrive.

A sa vue, Andrew s’étonna : Doriane ! Elle eut la même réaction : Jayson ! Les parents se regardèrent, contents de voir que leurs enfants se connaissaient déjà…

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Cet article a été écrit par Marck_Andy

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Comments (7)

  • missshineejo 8 octobre 2013 à 19 h 42 min

    Mais Mais Mais … Et la suite? 🙁

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  • Kitchin
    kitchin 9 octobre 2013 à 14 h 09 min

    Bravo, bonne continuation

     Reply
  • Ayah 9 octobre 2013 à 20 h 20 min

    Waouh! simplement écrit, réel et profond.
    Félicitation!

     Reply
  • Wonseu
    Wonseu 16 octobre 2013 à 15 h 34 min

    La suite ? 🙁

     Reply
  • mivek Dk 17 octobre 2013 à 16 h 51 min

    Je trouve l’histoire très intéressante mais un peu…. comment dire, il y a un peu trop de détails « inutiles  » , d’insistance sur certains trucs. je me suis un peu forcé à tout lire juste parce que je voulais connaitre la fin et non parce que c’était accrocheur ( pardon d’être un peu dure oh).
    Sinon, j’attends la fin aussi 🙂

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  • yemie 22 octobre 2013 à 15 h 54 min

    j’aimeeeeeeeeeeee!! vite la suite

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  • Aurenzo Amsa
    Aurenzo Amsa 23 octobre 2013 à 9 h 36 min

    Intéressant et bien écrit! Nous sommes beaucoup à attendre la suite alors stp fais vite!! De la manière ton texte se termine sur un « guinguinhou » (suspens) là si tu fais une suite elle sera mortelle!! Mais surement que c’est mieux ainsi, les choses qui n’ont pas de fin sont encore meilleures que celles qui en ont une! En tout cas bonne continuation!

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