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Licka choops

La chienne (3/4)

juillet 31, 2015 2:57 Publié par

Céline pleure très fort. La clé tourne dans la serrure avec précipitation. Elle est tellement captivée par la voix qu’elle entend dans la radio, qu’elle ne le voit pas entrer. Lui est très en colère. Rien de diffèrent d’hier d’ailleurs. Toujours la même humeur morose. Céline ne l’entend toujours, pas, elle ne le voit même pas. Trop occupée à regarder le film qui passe à travers sa petite radio. Assise à même le sol, sa morve mêlée à ses larmes dégoulinent jusqu’à sa bouche.

– Que fais-tu ? hurle-t-il dans son dos, en la faisant sursauter.

Céline tremble de peur, d’une main hésitante, elle diminue le son de sa radio.

-Rien…rien, je… j’écoutais juste une émission. Je ne t’ai pas entendu rentrer je suis désolée, explique-t-elle maladroite en se relevant.

Marc-Olivier lui caresse la joue avec une douce brutalité. A ce moment précis, tout son être à envie de faire mille pas en arrière. Son cœur bat vite, elle lui fait un sourire vide.

-J’ai envie de toi Céline, avoue-t-il en descendant sa main plus bas sur sa poitrine. Céline a peur. Hier, et même avant-hier elle avait cédé à ses demandes. Il la prenait toujours contre son gré, qu’elle soit fatiguée ou non, elle devait satisfaire sa libido et ensuite prendre ses coups sur toute sa peau. Céline se mit à penser aux mots de la femme à la radio.

« Mon corps me paraissait laid à présent. Parfois devant la glace, je ne pouvais plus le contempler, il n’y avait que des bleus et des blessures à voir. Chaque bleu, avait son histoire. Chaque histoire avait son mal. Nous les femmes battues, nous sommes souvent si mal comprises. Les gens nous regardent avec de gros yeux. Pour eux, nous sommes des folles, nous aimons la souffrance. Ah mais si vous saviez comme c’est faux! On rêve toute de pouvoir reprendre à zéro, de fermer la porte à cet amour lorsqu’il tape. De ne jamais le laisser rentrer. Parce qu’une fois qu’il pénètre dans votre cœur, il s’infiltre dans tout votre corps, atteint votre cerveau, et il paralyse votre raison. Transforme vos peurs et vos doutes en espoir. Vous aimez, vous espérez que cet homme que vous aimez redevienne doux. Vous vous sentez coupable de son changement. Vous vous croyez misérable, et vous n’avez plus la force de rêver mieux pour vous. Une chienne, voilà ce qu’on devient ; on quémande de l’affection, on mange ce que l’on nous donne sans jamais aboyer. »

Ces mots lui parlaient. Ces mots disaient le mal qu’elle vivait. Alors pour la première fois de sa vie elle se rebella et osa dire ce mot qu’elle lui croyait interdit de prononcer.

-Non je ne veux pas Olivier.

-Tu me parles à moi là ? s’énerve-t-il, répète un peu voir !

-Non Olivier je ne veux pas, répète-t-elle dans un élan de courage.

Pour toute réponse, elle reçut le premier coup, d’une longue série.

(A suivre)

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