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Licka choops

La chienne (2/4)

juillet 28, 2015 9:00 Publié par

Trois mois après la mort de sa femme, mes parents ont découvert toute la vérité. Parce que je suis tombée enceinte, et que je voulais garder ce bébé. Mon père en l’apprenant est devenu complètement fou. Il voulait le faire enfermer. Mais j’ai menacé de me tuer.

Ma mère était désespérée, pour elle, elle avait raté toute mon éducation. Quand Edouard a appris mon état de grossesse, il fut l’homme le plus heureux du monde. Subitement, il promit de mieux me traiter, d’arrêter de boire et de reprendre sa vie en main. Il m’a même demandé de venir m’installer avec lui. Pourquoi aurais-je refusé ? Oui beaucoup t’interrogation dans ma vie.

Les premiers mois de vie commune furent les plus beaux de notre relation. Plus de secrets, nous étions libres de nous aimer partout et devant tous. J’avais laissé tomber l’école, pour mieux m’occuper de ce que j’appelais mon foyer. En plus voyez-vous, Edouard et moi, avions déménagé dans une maison à nous, loin de mes parents. Ma maison je l’avais décoré avec goût. Du rose pâle sur les murs. Des photos de ses enfants encadrés. Je voulais que cette maison, soit un havre de paix. Et que mon bébé naisse dans de bonnes conditions. Tout allait bien ! Je suis certaine que nous aurions pu être heureux. Si seulement, il n’avait pas été licencié !

Perdre son boulot, lui a fait reprendre ses vieilles habitudes. Il buvait, et encore plus qu’avant. J’en avais plus qu’assez de devoir nettoyer sans cesse, me débrouiller pour nourrir la maison ! Je quémandais l’aide de mes amis, de nos voisins. J’étais jeune, sans diplôme, qu’est-ce que j’ai regretté mes choix ! J’étais devenu vieille tout d’un coup ! Les problèmes avaient ridé mon visage. Mais j’étais encore amoureuse. Un soir, il était tard, très tard, et il venait de vider sa dernière goutte de bière. Il en voulait encore. Je n’avais ni l’argent, ni la force de balader mon gros ventre dans la rue, à la recherche d’une bouteille. Alors sans raison aucune, il s’est jeté sur moi. Il m’a frappée au visage. Des coups de poing lourds d’orgueil et de colère. J’avais peur pour mon petit bébé.

Désormais me frapper était devenu sa seconde activité. Dès qu’il était en manque d’alcool, il se rabattait sur moi. Mon corps me paraissait laid à présent. Parfois devant la glace, je ne pouvais plus le contempler, il y’avait que des bleus et des blessures à voir. Chaque bleu, avait son histoire. Chaque histoire avait son mal. Nous les femmes battues, nous sommes souvent si mal comprises. Les gens, ils nous regardent avec de gros yeux. Pour eux, nous sommes des folles, nous aimons la souffrance. Ah mais si vous saviez comme c’est faux. On rêve toutes de pouvoir reprendre à zéro, de fermer la porte à cet amour lorsqu’il tape. De ne jamais le laisser rentrer. Parce qu’une fois qu’il pénètre dans votre cœur, il s’infiltre dans tout votre corps, atteint votre cerveau, et il paralyse votre raison. Transforme vos peurs et vos doutes en espoir. Vous aimez, vous espérez que cet homme que vous aimez redevienne doux. Vous vous sentez coupable de son changement. Vous vous croyez misérable, et vous n’avez plus la force de rêver mieux pour vous. Une chienne, voilà ce qu’on devient ; on quémande de l’affection, on mange ce que l’on nous donne sans jamais aboyer.

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