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Licka choops

La chienne (1/4)

juillet 27, 2015 4:39 Publié par

La chienne

Ma vie commence avec des lettres d’or. Progressivement l’or a perdu de sa valeur et ma vie a commencé à s’écrire en gouttes de larmes. Pour certain je suis la seule coupable de mon malheur. Au fond ont-ils tort ? C’est vrai que c’est moi, qui ai décidé et peut être voulu être une chienne. J’ai déposé ma dignité dans une gamelle. Et ma dignité a été abusée, bafouée. On y a bavé tous les jours mais j’étais amoureuse et je n’ai pas compris que je finirai malheureuse.

L’amour, être amoureuse, quand j’y repense j’ai un sourire malheureux qui se dessine sur mes lèvres. Etais-je amoureuse véritablement à cette époque-là ? Je ne sais pas toujours pas, comment répondre à cette question. Une chose reste certaine, je croyais aimer. Ce genre d’amour, qui cogne à la porte de votre cœur avec insistance. Qui vient vous hanter jour comme nuit sans répit. Ce sentiment de solitude que vous ressentez quand l’être aimé est loin. Ce besoin constant de savoir que votre amour respire à plein poumon et est baigné d’une douce réciprocité. Oui je crois j’ai aimé cette homme.

J’ai aimé Edouard. Comment aurais-je pu résister ? Il était si tendre, si doux, si prévenant. Je crois que ce qui m’a séduite chez lui, je l’avoue, c’est qu’il m’était interdit de l’aimer. Il avait déjà 37 ans, quand moi je nageais encore dans l’âge de l’insouciance, 16 ! Un bel âge. Je crois que ce qui m’a séduite chez lui, je l’avoue, c’est qu’il m’était interdit de l’aimer. Car en plus d’avoir l’âge de mon père, il était marié à notre voisine de palier. 16 ans! Un bel âge pour faire des folies, pour se tromper et recommencer encore, encore et encore jusqu’à devenir mature.

Edouard et moi, nous nous voyions en cachette. Mes parents l’appréciaient énormément. Sa femme et lui ainsi que leurs trois enfants étaient de charmants voisins. Nous les invitions souvent dîner à la maison. C’est d’ailleurs lors d’un de ces dîners qu’Edouard m’a pris ma virginité. Les cinq minutes, les plus longues, et les plus douloureuses de ma vie. Sur le sol des toilettes j’avais laissé une tache de sang. Je vous l’ai dit, j’étais amoureuse moi ! Son épouse m’aimait bien. J’étais souvent leur baby-sitter. Je crois que, je me plaisais dans cet amour. Je vivais de plus grandes expériences que mes amies. Je pouvais me vanter de coucher avec un homme plus âgé, elles en étaient jalouses, c’était mon privilège. Je pouvais leur montrer les bijoux, les ours en peluche qu’il m’offrait ! Oui pour moi j’étais une reine que demander de plus ?

J’ai liquidé mon adolescence par amour. Bien que marié, Edouard me surveillait à la lettre. Il refusait que je sorte les soirs avec les amis. Il vérifiait mes messages, avait tous mes mots de passe. Je ne me sentais pas menacée, bien au contraire pour moi j’étais protégée et adorée. Tout a basculé un an plus tard, quand sa femme est décédée, d’une longue maladie. Il s’est mis à boire. La mort de sa femme l’avait vraiment affecté. Je pense qu’au-delà de tout, il l’aimait vraiment, elle. Je me refusais de le voir si mal. Boire du noir, dans une bouteille de Gin. Il était si mal au point, que sa belle-famille avait récupéré les enfants. Et moi dans tout ce tourbillon d’émotion, je ne savais plus sur quel pied danser.

Le premier acte de violence… pardon, me replonger dans ce souvenir est pénible. Le premier acte de violence, a eu lieu un soir. Je venais faire le ménage chez lui, comme je le faisais souvent depuis le drame. Je monologuais toujours, pendant que lui, dans son canapé buvait. Mais je prenais plaisir à m’occuper de lui. Et j’ai fini par aimer le son de ma voix. Ce soir-là, quand je suis rentré chez lui, j’ai d’abord entendu des gémissements, puis j’ai vu une petite culotte par terre, dans le salon. Il avait osé, en prendre une autre sur le trottoir, l’emmener chez lui, dans son lit. Je n’ai pas supporté ! En bonne amoureuse compulsive j’ai fait une crise de jalousie maladive. Je me revois hurler, crier, pleurer ! Et lui il continuait de la faire crier de plaisir ! C’est comme si je n’existais pas. Comme s’il ne me voyait pas. Je suis restée là, figée, comme pétrifiée et j’ai tout regardé. Oh Seigneur, mais sur quelle planète étais-je ?

A la fin de sa mission, il m’ordonna de payer son amante d’un soir. J’ai refusé, il m’a giflé, et j’ai cédé. La fille m’a remercié et elle est partie. Depuis ce soir-là, Edouard avait changé à mon égard. Plus aucune douceur. J’étais devenue comme sa femme à tout faire. Le ménage, la cuisine, le satisfaire sexuellement, même quand je ne voulais pas. Oui, pour certain je suis la seule coupable de mon malheur. Au fond ont-ils tort ? C’est vrai que c’est moi, qui ai décidé et peut être voulu être une chienne. J’ai déposé ma dignité dans une gamelle. Et ma dignité a été abusée, bafouée. On y a bavé tous les jours mais j’étais amoureuse et je n’ai pas compris que je finirai malheureuse. On me demande souvent, pourquoi est-ce que je suis restée ! Pourquoi est-ce que j’ai continué. Je vous réponds encore une fois, que je l’aimais. Il y’a des amours impossible à justifier.

(A suivre)

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Cet article a été écrit par Licka choops

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Comments (2)

  • KABA Kouda 24 août 2015 à 17 h 36 min

    hummmm je ne sais quoi dire…. Le coeur a ses raisons que la raison ignore…

     Reply
  • Marshall Kissy
    Marshall K 5 novembre 2015 à 15 h 16 min

    Oui, pour certain je suis la seule coupable…
    je constate que cette phrase est répétée. D’abord au début, ensuite à la fin… Quel est l’effet recherché par cette itération?

    QUELQUES COQUILLES SE SONT GLISSEES PAR INADVERTANCE;
    Paragr2 : Je ne sais pas toujours pas (Je ne sais toujours pas)
    Debut du texte et Fin du texte; Oui, pour certain je suis la (Certains)

    Merci LiChp

     Reply

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