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Tanya Gourenne

L’ ECRIN DE MON AMOUR

octobre 29, 2012 1:00 Publié par

Tous les hommes se ressemblent, mais toi tu es différent. Ils te haïssent jusqu’à ce jour parce que tu ne leur ressembles pas. Tu n’étais qu’un simple étudiant, rien d’autre. Un homme insignifiant, effacé à volonté, pleutre parfois même. Rien d’autre. Pour eux, c’était tout. Mais à mes yeux, tu étais bien plus. Je t’ai vu, et j’ai su. La profonde conviction que tu renfermais un trésor intouché, vierge de toute de toute profanation, d’emblée je l’ai eue.

Dans la chaleur de ton étreinte, j’ai ressenti l’espérance qui te fait vivre. Dans la candeur de ton regard, j’ai vu tout l’amour dont tu t’es armé pour ne pas les haïr en retour. Dans le ton modéré de tes paroles, j’ai entendu tes cris de douleur, tes hurlements mille fois tus pour ne pas répondre à leurs injures, leurs malédictions aucunement fardées. Trois fois humilié. Le matin, le midi et le soir tombé. Ils se sont acharnés pour te briser, pour te convaincre que tu n’étais pas à la hauteur. Pas à ma hauteur. Et pourtant !

Toi le rejeté, d’avance disqualifié, c’est toi que j’ai aimé. Parmi tous ceux-là, imbus de leur paraître pour combler l’atrophie de leur être, qui se sont autoproclamés dignes de par leur statut social, c’est plutôt toi qui fus l’élu de mon cœur. Comme un seul homme, tous contre toi, ils ont crié haro sur moi. Contre leurs préjugés, leurs stéréotypes et leur mentalité borgne je me suis battu. J’ai tenu tête à ma famille pour qui cette union était un affront, une transgression à leur rang, une éclaboussure immonde sur leur nom. Et Ô combien je ne le regrette pas ! Si seulement tu pouvais savoir cela ! Si tu pouvais voir combien mon cœur exulte chaque fois que tu es là, debout malgré leurs coups bas! Si seulement tu pouvais ressentir cette sensation surréaliste, cette joie qui transcende mon corps, mon âme et mon esprit, et qui me rassure d’avoir fait le bon choix à chaque fois que je te vois ! Et Ô combien je ne regrette pas ! Ce choix, je le referais mille fois, car je crois en toi. Je vois en toi. Tout ce que les autres ne voient pas.

Rien de ce qu’ils font ne devrait te surprendre. Il n’y a de leur part rien de nouveau. C’est hier qui se reproduit aujourd’hui, et demain aura la même coloration. Que leurs calomnies, leurs railleries, leur mépris, leur condescendance, leurs attaques psychologiques ne te déstabilisent pas. Pas aujourd’hui ! Tu l’as surmonté hier. Nous l’avons surmonté ensemble. Et je suis toujours là ! Je continue de croire en toi.

Qu’ai-je à te redire tout mon amour ? L’amour se dit en peu de mots, simplement parce qu’il en existe peu pour l’exprimer dans tous ses contours, toute sa profondeur, toute sa hauteur. Mais le cœur parfois ne retient que ce qu’il entend constamment, ce qu’il voit en tout temps. Alors, je vais te dire tout ce que voit mon cœur, tout ce qu’il a vu depuis tout ce temps, afin que le tien l’entende, le retienne pour aujourd’hui, demain et tous les jours qui suivront. S’il me faut te réitérer l’indéfectibilité de mon amour, que cette lettre soit pour toi une antienne à jamais imprimer dans ton esprit. Qu’elle devienne un écho assourdissant qui fera taire leurs mots. Qu’elle soit un antidote qui viendra neutraliser le venin de l’amertume, du doute qu’ils veulent t’inoculer.

Chaque fois qu’ils te balanceront à la figure que tu ne seras jamais rien, que tout en toi jusqu’à ta propre existence n’est qu’un gribouillis de la création, une rature sur l’harmonie de la terre, répond-leur que s’ils ont tant de temps et d’énergie à consacrer à ta personne, c’est bien parce que tu es un homme d’exception, un homme qu’ils ne seront jamais.

Chaque fois qu’à travers leur discours, ils essaieront de te bâtir un monde sans avenir, une vie sans espoir, dit-leur que ton futur n’est pas au pouvoir de leur langue et sache que demain t’appartient à toi seul.

Ne te fie pas à ceux d’entre eux qui useront de paroles doucereuses. Ne te laisse pas cueillir dans les filets de leurs manipulations sentimentales. Quand ils te diront que tu es pour moi un fardeau, un mauvais joug contraignant l’avenir luxuriant qui se profilait à moi, même quand ils te prieront pour l’amour que tu dis avoir à mon égard de te retirer, de m’oublier, de quitter le navire, rappelle-toi que l’amour est une demeure et que j’ai choisi d’y demeurer avec toi. Sache que la vérité, la vie et la joie qui y habitent sont plus fortes que les commérages de ceux qui sont dehors. Rappelle-toi que cette demeure est bien trop précieuse pour que tu les laisses y accéder.

Rappelle-toi tout cela, et ne doute pas. Attends patiemment l’aurore qui viendra clore la nuit de ton humiliation. Réjouis-toi car elle annoncera à tous ceux-là, le jour de ta gloire qui se lève. Le jour où  tu les surprendras de par ton éclat. Je ris d’avance en imaginant leurs têtes ! Crois seulement en toi et tu verras. Cette lumière en toi qui fait briller mes yeux chaque fois que je te vois, elle jaillira du trou noir auquel ils t’avaient destiné. Elle jaillira jusqu’à les éblouir, les aveugler, les ramener brutalement aux ténèbres qui leur ont donné le jour.

Je te l’ai dit, tu ne leur ressembles pas. A toujours ils t’en voudront pour ça, car jamais ils ne seront comme toi. Au fond, tu es ce qu’ils voudraient être. Marche la tête haute, anobli de l’envie que te portent les autres, aguerri de leur jalousie, affranchi de leur prétention, et voie les pour ce qu’ils sont : des aigris chroniques qui ne font que traverser la vie, toujours à pointer leur nez chez autrui, incapables qu’ils sont de demeurer dans leur propre puanteur. Sois fier, toi qui, dès le début, as su vivre parce que tu as su aimer les autres. Je ne finirai sans te bénir, sans bien te dire, que contrairement à ce qu’ils tentent de faire croire, ce n’est pas toi qui ne me mérites pas, c’est plutôt moi qui suis trop honorée de t’avoir comme époux.

Ton épouse.

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Cet article a été écrit par Tanya Gourenne

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Comments (2)

  • Sadjee 30 octobre 2012 à 17 h 24 min

    Ecriture puissante et efficace, j’aime beaucoup…et je trouve l’objet de la lettre très touchant, mais 1- je ne perçois pas précisément ce qu’elle voit en lui, et que les autres ne voient pas, mais là encore, ça peut s’expliquer par le fait que l’amour n’a pas besoin d’alibi, elle l’aime,point barre. 2-là est mon véritable problème, je n’arrive pas à « toucher du doigt » l’amour qu’elle lui porte, je ressens plus le défi envers ceux qui s’opposent à leur union que la passion qu’elle lui porte.Est-ce-fait exprès? ( « Qu’ai-je à te redire tout mon amour ? L’amour se dit en peu de mots, simplement parce qu’il en existe peu pour l’exprimer dans tous ses contours, toute sa profondeur, toute sa hauteur)

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    • Tanya Gourenne
      Tanya G 1 novembre 2012 à 1 h 16 min

      Merci Sadjee pour ton commentaire assez pertinent puisque tu soulèves un pan passé sous silence. C’est effectivement « un defi envers ceux qui s’opposent à leur union » car la passion, aussi forte soit elle, peut s’effriter si elle laisse la porte ouverte aux « on-dit » (donc, il fallait fermer cette porte). Après, la passion se vit à deux, dans l’intimité.

       Reply

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