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Marshall Kissy

JUSQU’AUX LARMES (1)

octobre 17, 2012 2:42 Publié par

Entre chien et loup, Flaubert rentrait du travail, en compagnie d’une morosité sans partage. Contrairement aux jours précédents, il rentrait à pieds. Pas de taxi à l’ordre du jour. Il s’était décidé à avaler les quelques 10 km dont était distant le chemin qui mène à son modeste appartement… à son « studio ». Et chose inhabituelle, qui plus est, il ne sollicita pas le concours des raccourcis dont il avait le secret. Sur son visage comme subitement couvert de ridules, roulait une petite goutte de sueur qu’il n’avait visiblement pas envie d’effacer. Aucun trait hilare sur ce visage étonnamment exsangue, blême, qui avait habitué les regards qui très souvent le rencontraient  à quelques encablures de son lieu d’habitation, aux sourires profonds, réels, avérés, vrais.

Quelque chose semblait ne pas aller… Flaubert n’allait pas bien ! Mais qu’arrivait-il à ce jeune homme de 27 ans, agent de sécurité depuis 2 ans maintenant, tout droit venu des profondeurs insondables du village pour tenter l’aventure à Abidjan, la géante de luxe… la géante de l’insécurité… la cave aux belles femmes dont certaines faisaient voir de toutes les couleurs et mordre la poussière à des fortunés sans circonspection.

Oui ! C’est maintenant une certitude… Il n’allait pas du tout bien ! Un problème le tracassait. Un souci haut comme la tour Taipei (2ème plus haut édifice du monde, avec plus de 500m de haut et 101 étages, derrière la tour Khalifa.) le tétanisait… En quelques heures, toute sa vie venait de basculer ; de chavirer. La montagne de ses rêves et projets versicolores venait de s’affaisser, de s’effondrer à brûle-pourpoint.

Il y a de cela un peu plus d’une année, le courageux jeune homme revenait d’une balade nocturne lorsqu’il entendit des cris de femme derrière une sorte de cabane. Prudemment, il s’en approcha, histoire d’y voir plus clair. C’est ainsi qu’il remarqua un homme ayant à peu près son âge aux prises avec une femme bien plus jeune que lui. Déjà, le rustre lui avait déchiré les vêtements. L’acte turpide, infâme, ignominieux qu’il était près de poser est un secret de Polichinelle pour tous. Flaubert ne se posa aucune question devant cette découverte funeste. Il bondit sur le bourreau de la jeune femme et le rua rudement de coups dont lui seul avait le secret. Les années « village » lui avaient valu la réputation de beau lutteur d’ébène. Il put constater qu’il avait de beaux restes. En effet, quelques secondes lui suffirent pour débrider la captive des griffes odieuses de son agresseur. Voyant qu’elle était à moitié nue, Flaubert ôta sa chemise dont il la revêtit. Lys, s’appelait-elle. Le reflet des réverbères sur sa face laissait transparaître une magnificence divine. Et même si la beauté est relative, sachez que vous aurez tenu le même discours si vous étiez en ces lieux. Pendant qu’ils marchaient, elle lui conta sa mésaventure. Elle vivait dans une ville de l’intérieur où son fiancé venait de demander sa main à ses parents, des agriculteurs. Seulement, la semaine d’après, personne ne savait où ce dernier était. Sans laisser de trace, il partit pour une destination inconnue. Un ami, après enquête, fit savoir à la jeune femme que son fiancé se trouvait en Abidjan. Sans trop perdre de temps, elle s’y déplaça à son tour, pour retrouver son futur époux. Mais seul problème, où le chercher dans cette immense ville ? Après de longs mois de recherches infructueuses, où elle travaillait comme serveuse dans un bar huppé, Lys décida de retourner auprès des siens. A quelques jours de la date fixée pour son retour, elle rencontra par hasard, celui qu’elle était venue chercher. Mais ces retrouvailles ne se firent pas comme elle l’aurait voulu car Eric, son prétendu fiancé, était en bonne compagnie. C’était cela, la vérité : il avait quitté sa fiancée pour une femme millionnaire, bien plus âgée que lui pourtant. Il s’en est fallu de peu pour qu’elle perde la tête, qu’elle soit soudainement frappée de folie. Elle se souvient qu’elle avait longtemps pleuré… Depuis lors, elle passait le plus clair de son temps à se balader, dans l’espoir d’éteindre, un jour, le feu de sa peine, de son mal, de sa douleur, de sa souffrance, de son chagrin. C’est dans cette quête perpétuelle que ce soir, elle fit les frais de son agresseur. N’eut été l’arrivée de Flaubert, que lui serait-il arrivé ?

La pluie se mit à tomber. D’une bruine, on en arriva à une averse. Ils s’abritèrent sous un hangar isolé, devant affronter l’effroi d’un silence total, dans un quartier réputé pour son insécurité flagrante. Lorsque la pluie calmit, ils ne perdirent pas de temps à se remettre en chemin. Cette nuit-là, elle ne rentrerait pas chez elle. C’était bien trop dangereux, à cette heure, surtout qu’une recrudescence des délits pouvait se constater depuis de nombreux jours. Flaubert offrit son grand lit à son hôte et se coucha à même le sol. Il la raccompagna dès l’aube chez elle. Les jours qui suivirent les rapprocha jusqu’à ce qu’un amour vienne couronner le tout.

Entre ces deux tourtereaux, tout allait pour le mieux. Flaubert n’avait jamais été aussi heureux. Moult semaines se passèrent le témoin. Alors qu’elle faisait toute seule ses courses, Lys rencontra au pif celui pour qui elle était venue à Abidjan. Le premier réflexe qu’elle eut fut de rebrousser chemin afin qu’il ne la voie pas. C’était peine perdue, il s’approcha d’elle.

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Cet article a été écrit par Marshall Kissy

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Comments (7)

  • VALERIE 25 octobre 2012 à 8 h 46 min

    Tu as un style très particulier, presque mondain 😉 VERSICOLORE !!! Jamais je n’avais utilisé ce mot ! Le début de ta nouvelle a comme une force particulière du fait du choix de tes mots… Et tout à coup !!! HAN !!! On passe du « versicolore » au « pif » !!! Le changement de style des 2 derniers paragraphes m’a beaucoup surprise… Où est donc passé Monsieur Flaubert ?

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  • Marshall Kissy
    Marshall Kissy 26 octobre 2012 à 0 h 35 min

    J’approuve ! Un brin de négligence, à coup sûr ! Je veillerai à être plus attentif la prochaine fois. Merci Valérie !

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  • Licka choops 2 novembre 2012 à 12 h 07 min

    tu es connu sur 225nouvelles semble t’il et voyant un peu ton profil tu es un auteur.
    Moi je ne suis qu’une jeune fille qui adore écrire,mais j’aimerais te demander pour qui tu écrit?Le public que tu recherches c’est lequel? ta promotion? ou ta génération? parce que plus je te lis plus j’ai l’impression que tes mots cherchent a impressionner,plus qu’a etre comprient et partagés par tes lecteurs.Je parle au nom des jeunes de mon age,si vous voulez nous emmener a lire a aimer la lecture captivé nous,et ce pas avec de grand mot mais le coeur et la beauté de l’histoire.
    j’avoue que j’aimerai bien un jour avoir ton intellect mais parfois sort du corps de l’auteur accompli et reveti toi de la plume que tu avais au debut quand tu étais amateur

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  • Licka choops 2 novembre 2012 à 12 h 17 min

    moi je te demande une seule chose écrit nous une nouvelle sans artifice,sans poésie le defis que j’aimerai te lancer c’est la production d’un texte en utlilisan deux tonalités lyrique et pathétique si tu veux drole mais laisse tomber l’oratoir juste pour une fois.
    Ta un style bien a toi,on apprend des mots en te lisant mais si l’on nous donne cette histoire a lire en classe je t’assure que tout le monde dira »hééééééé il parle ow le ga là » parce qu’il ya trop de tournure le texte est riche mais pas comme il le faut
    l’histoire en elle meme est belle mais je me sens pas assez captivé pour lire la suite qui pourtant je suis certaine est belle mais je veux plus assisté a ce défilé de grand mot.Mais je n’ai que 18ans je ne porte pas ton bagage intellectuel donc peut etre que je ne peux épouser tes idées toute fois tu es auteur et voici mon point de vue

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  • Manu Manuh 29 décembre 2012 à 21 h 45 min

    L’opinion de Licka choops est pertinente; le fonds de cette histoire est peut-être appréciable, mais la forme semble pédante. Des mots rares et grandiloquents pour décrire une simple réalité. Et ce quatrième paragraphe inutilement long et indigeste?

    « VERSICOLORE », et d’autres formules pédantes que regorge ce texte sont propres à détourner, même les lecteurs les plus assidus, de la lecture de la suite de cette histoire. Dommage!

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  • Marshall Kissy
    Marshall Kissy 30 décembre 2012 à 19 h 55 min

    Merci cher ami, Manu pour ton avis. Avoir l’avis des autres est toujours bénéfique. Mais, sois un tant soit peu rassuré, j’ai bel et bien tenu compte de l’avis de Licka, je suis moins lourd dans mes récits désormais. Encore merci !!! Bonne soirée.

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  • Heidi 1 mai 2013 à 10 h 55 min

    Je suis plutôt de l’avis de Valérie, la forme est tout aussi importante que le fond. le changement de langage m’a déçu, et je ne trouve pas les « versicolore » indigestes. Faut il baisser le niveau de langage pour contenter, s’adapter au lectorat ‘nouvelle génération » ou au contraire essayer de l’élever?

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