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Débora Soro

Journée de la femme écrivain: j’écris donc je suis… Femme

avril 11, 2017 6:51 Publié par

Le mercredi 05 avril, s’est tenu à l’institut Goethe la journée des femmes écrivains de Côte d’Ivoire avec pour thème « J’écris donc je suis… Femme ». Cette célébration a été parrainée par M. Macaire Etty président de l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire (AECI). Le public, composé en majorité de femmes écrivains mais aussi d’hommes de lettres et de quelques étudiants a été entretenu par trois panélistes : Ayéméné Adjoua Carine, Fatou Sy et Sery Lydie Yolande.

Intevention de Ayéméné Adjoua Carine « Anéméya Queen »

Anéméya Queen est chanteuse et écrivain. Elle est intervenue sur le thème « S’engager ; dénoncer et rassembler par l’écriture ». Selon Anéméya Queen l’écrivain est comme un militaire, avec son arme. L’arme de l’ecrivain c’est sa plume, et ses munitions, c’est son encre. Il en est de même pour l’artiste qui a pour arme sa bouche et pour munition sa voix. Cette arme l’écrivain l’utilise non pour détruire mais pour marquer son engagement à des causes qui lui sont chères et pour s’insurger contre les tares de la société : l’insécurité, la démission parentale sociale et institutionnelle face aux enfants, l’inconscience professionnelle, le regard de la société affectant les franges vulnérables de la société, etc… C’est aussi une arme pour éduquer, éduquer le lecteur, le discipliner, et lui inculquer des valeurs. Elle a terminé son propos par un engagement :

« Je m’engage à mettre à contribution ma voix et ma plume en vue d’un changement positif ».

Intervention de Fatou Sy

Fatou Sy est dramaturge et c’est sans surprise qu’elle a entretenu avec beaucoup de passion le public sur le thème de l’engagement par le théâtre. Fatou ne donne pas de noms à ses personnages. Ils sont ceux que le lecteur voit en eux. Aussi elle ne les situe pas dans un lieu précis. Elle tend vers l’universalité. L’issue d’une scène n’est jamais connue d’avance ; elle sera décidée par les personnages. C’est la particularité du théâtre de Fatou Sy.

En ce qui concerne l’engagement, Fatou ne fait pas de théâtre politique. Son militantisme est un militantisme de l’intérieur. Pour elle, si l’homme change le système changera. Il ne sert à rien d’expliquer à l’homme ce qui ne va pas autour de lui sans d’abord aller à la source, ce qui ne va pas en lui.

Son théâtre s’adapte à l’intellect de chacun. Elle n’apporte pas de solution mais pose des questions auxquelles chacun essaiera plus tard de trouver des réponses pour lui-même. Fatou invite donc dans ses pièces à une introspection et à une remise en question personnelle. Elle veut d’abord éduquer le lecteur, avant de chercher à changer la société, c’est là son engagement. Selon elle, le regard de la société sur la femme artiste n’est pas positif en général. On ne regarde pas la femme artiste comme la femme magistrat par exemple. Pour elle si son engagement envers le théâtre arrive à changer ce regard dépréciatif, c’est une victoire.

Intervention de Séry lydie Yolande épouse Yao

Mme Sery Lydie, danseuse et chorégraphe, a entretenu le public sur le thème « Construire une carrière artistique autour d’un rêve ».

Elle a énoncé quatre étapes pour parvenir à construire un carrière autour d’un rêve ou d’une idée.

1. Avoir l’idée L’idee peut venir dans l’adolescence dans le sommeil, dans un rêve, d’une situation vécue, à la lecture d’une œuvre littéraire, cinématographique,…

2. Faire le choix du domaine artistique Il doit être fait après mûre réflexion qui permet d’analyser tous ces contours car il en existe plusieurs.

3. Se former Après avoir choisi son domaine, il faut se former dans une structure, dans un établissement agréé ou sur le tas. Mme Sery à elle même fait ses classes à l’institut des beaux arts de Montréal.

4. Démarrer la carrière artistique À ce niveau il s’agit de mettre en pratique les principes reçus durant la formation. Il est également important d’élaborer des stratégies, de s’entourer des professionnels et d’avoir un local si possible.

Choisir une carrière artistique c’est s’exposer à certaines difficultés, à savoir l’incompréhension des proches, le rejet de certains professionnels du domaine, les moqueries, manque de moyens financiers,les sollicitations à titre gratuit…

Après avoir développé ces quatre étapes, elle a donné quelques conseils et recommandations.

-Il faut prendre sa profession au sérieux, faire preuve de professionnalisme, respecter et honorer les engagements pris (dans les délais) et s’efforcer à produire du travail de qualité.

-Il ne faut pas considérer l’art comme un canal pour l’immigration, et ne surtout pas signer des contrats dont on ne maîtrise pas tous les contours.

-Il faut aussi se connaitre pour mieux s’orienter. Elle est elle même passée de danseuse de cirque à danseuse de Polié en apprenant à mieux se connaître et à tenir compte de ses sensibilités.

Un prix du meilleur écrivain féminin a été instauré par l’association des écrivains de Côte d’Ivoire AECI et sera attribué chaque année, à l’occasion de la journée de la femme écrivain. Pour cette année 2017, il est revenu à Mme Fatou Fanny Cissé pour son roman Madame la présidente. Elle a reçu son prix des mains du président de l’AECI.

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