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MONSIEUR PØCKPÄ

JE NE SUIS PLUS TON ABIDJANAISE

avril 1, 2013 7:48 Publié par
Insérer le mot « Cunnilinctus » et « Grand-mère » dans une phrase avec une philosophie qui n’a rien de porno, j’aurai voulu le faire. Non dans l’intention d’heurter ton purisme, loin de là, mais plutôt celle de caresser tes zygomatiques et de t’enchanter avec mon humour. J’aurais voulu faire l’alchimie des verbes, transvaser les voyelles, colorer les consonnes, jouer avec les mots comme dans une chanson de Taylor SwiftMais non, j’aurai eu trop de mal ; beaucoup trop de mal à cela, avec les compléments d’objets directs, la grammaire à harmoniser, mon vocabulaire aussi riche que le portefeuille d’un arabe sans pétrole- Mission impossible pour  moi donc de m’aventurer dans une quelconque rude phraséologie-et puis, il y ‘a aussi ces petits soucis de concordance de temps que je traine en sainte gratte-papier depuis le lycée. Tu l’as toujours su, je n’ai jamais été une passionnée de la langue de Molière. La littérature n’a jamais été mon fort .Les études non plus ne faisaient pas ma chose. Ce que je préférais, c’était t’aimer, t’aimer au point de m’oublier… Tu étais ce beau mâle, ce métisse ténébreux aux lèvres boudeuses ,roses comme un magnifique incendie qui embrasait mon cœur à chacune de ces œillades que tu me lançais. Frantz-Anyel, Te souviens-tu ? Te souviens- tu de notre première rencontre ? Je t’avais repéré à l’épicerie du coin où tu faisais quelques courses pour ta mère. Tu promenais si bien ton mètre quatre vingt dix sept entre les rayons de la superette. Tes traits ne passaient pas inaperçus. Tu faisais effet sans effort. Même  Adjoba Kpakpatoyat, la caissière, cette vache amouillante aussi aigrie que son gros derrière,  en bavait de toi. Mon wrèwrèyat qui subitement me fit oublier la raison de ma présence dans le coin -L’achat d’un paquet de cubes d’assaisonnements-me poussa, moi la fleur printanière  , à t ’aborder toi, la pute au masculin. Deux êtres diamétralement opposés qui ne pouvaient s’aimer dans un tel paradoxe. Pourtant je l’ai fait. Je t’ai lancé un « Bonjour » aguicheur accompagné d’un regard mielleusement appuyé, le tout servi  avec  un éblouissant sourire Colgate qui risquait de t’aveugler si tu n’avais pas mis tes lunettes de soleil. Et ça a marché. On est devenu copain-Copine, et on a finit par devenir plus intimes. Tu étais le petit gaou  et c’était moi la go yèrè  qui te faisait découvrir Abidjan : les jolies rues de  Cocody, les glaciers du Biétry,le zoo sur la route d’Abobo, Les joyaux architecturaux des Deux-plateaux, le life star, les coins chauds et tout le Babi gazoil,.Et cette fameuse plage de Port-Bouet où je t’ai généreusement ouvert mes cuisses. Ce soir-là, tu m’as demandé de faire mienne l’idée que j’étais tienne. C’est même toi qui m’a appris que chez toi en Italie, on dit que ceux qui mangent des chocolats sont amoureux. Alors, pour toi, je me suis mise à en manger tous les jours au risque d’exposer  mon estomac à une digestion laborieuse. Tu disais m’aimer pourtant, tu me refusais le rôle de l’héroïne dans le film de ta vie. Je n’ai été qu’une simple figurante puisqu’au bout de deux semaines seulement de romance, tu as changé.   A présent, j’étais la vieille chose, le vieux meuble de famille dont on ne sait trop quoi faire, le bonbon pecto qu’on a fini de sucer… Je ne suis plus cette fille passionnée par toi et tes attributs de beau garçon. Je suis moi aussi changée, mais à une différence près. Les fredaines et les délires d’ados, pour moi, c’est fini et pour de bon. Frantz-Anyel, Mon cœur que tu as bruni, n’est plus qu’un amas de cendres et de brûlis. Si je t’ai écrit, c’était pour  mettre un terme à tout. Pour ne plus souffrir mais, j’en suis sure, le goût de cette rupture dénaturera ta nature. De toutes ces instances sucrées,qu’ensemble nous avons passés, il ne te restera plus  qu’un goût amer dans la bouche. Tu te sentiras comme moi je me suis sentie, lorsque tu m’as jeté comme une peau de banane, dans la première poubelle venue. Même si notre vécu possède une valeur esthétique que : -Ni diamants -Ni bijoux -Ni vêtements de haute couture -Ni Parfums de créateurs ne pourraient, ne sauraient égaler, Frantz-Anyel, Nous n’irons plus nous aimer sur une plage de Port bouet. Nous n’irons plus chiner au grand marché d’Adjamé Nous n’irons plus gazer de Yopougon jusqu’à Angré, Nous n’irons plus manger de l’alloko à Anoumanbo plus jamais car je dois t’apprendre que je ne suis plus ton Abidjanaise.
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Comments (14)

  • Josya Kangah
    Josya KANGAH 1 avril 2013 à 9 h 34 min

    A force d’écrire de si belles phrases pour décrire de si douloureuses emotions on va finir par penser que ces dernières n’ont jamais existé. C’est un texte bien écrit, ni trop court ni trop long; juste ce qu’il faut.

    Merci Armie Pockpa

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  • Heidi 1 avril 2013 à 23 h 07 min

    J’ai été séduite par les 2 premiers paragraphes.
    Je pense que tu pourrais encore améliorer la description d’Abidjan, que ce soit plus recherché. Ici, c’est plutôt superficiel! Mais en y repensant, c’est peut être fait exprès, une corrélation avec la relation d’amour superficielle…
    J’ai trouvé drôle, ironique et un brin pathétique la volonté de rompre alors que la rupture est déjà consommée, une sorte d’honneur à donner le point final!
    « Si je t’ai écrit, c’était pour mettre un terme à tout »: le présent de l’indicatif serait plus approprié à mon avis et  » dénaturera ta nature »,l’expression n’est pas très correcte même si on voit bien tout le poids que veut donner la narratrice à cette rupture.

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  • Armie Pockpa 2 avril 2013 à 10 h 39 min

    Heidi,Tu as totalement raison.J’aurai pu.Non, j’aurai DU me donner a une description d’Abidjan plus approfondie, plus rigoureuse mais j’ai laissé champ libre a la facilté …MALHEUREUSEMENT mais l’effet n’es pas negatif, c’est comme tu as dit , c’est juste superficiel.

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  • Marck_Andy
    Marck_Andy 2 avril 2013 à 11 h 49 min

    Oui Frangin j’aime les tournures de tes phrases! En tout cas le texte est bien agencé à mon goût!
    Chapeau Man!

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  • Sadjee 2 avril 2013 à 20 h 02 min

    Armie, continue d’ecrire, je trouve que tu as un très beau potentiel…je suis bluffée par ta jeunesse!

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    • Armie Pockpa 4 avril 2013 à 8 h 35 min

      Merci Sadjee =) Et tout ces encouragements me pousseront a aller plus facilement au devant des choses.

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  • Kitchin
    kitchin 3 avril 2013 à 14 h 30 min

    Bravo, un bon dosage de simplicité et d’humour.

    A te lire

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  • Armie Pockpa 4 avril 2013 à 8 h 37 min

    Kitchin *Calins*

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  • Farapie
    Farapie 4 avril 2013 à 16 h 31 min

    j’aime bien ces mots et expressions typiquement ivoirien dans ton texte. J’espère te relire bientôt!

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  • licka choops 20 avril 2013 à 13 h 15 min

    tu vois que l’appréciation est relative lol moi j’ai pas du tout kiffé pas accroché et je te l’avait dit inbox mais je suis contente de voir que je suis la seule brrrrrrrrrr de l’histoire. Tu as pu faire kiffer les autres alors pour ça bravo

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  • yann 7 juin 2013 à 15 h 47 min

    super!

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