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Débora Soro

J’ai lu : Poings d’interrogation

mai 9, 2018 2:46 Publié par

Poings d’interrogation est un recueil de nouvelles écrit par cinq écrivains ivoiriens, Essie Kelly, Yehni Djidji, Malicka Ouattara, Cedric Marshall Kissy, Yahn Aka.

Deux parties composent cette œuvre littéraire. La première, intitulée « Mots édentés », comporte 5 nouvelles, une de chaque auteur. Même composition pour la seconde qui a pour titre « Douleurs aphones ». Si plusieurs thématiques chevauchent le recueil de nouvelles, la douleur est sans doute l’état d’esprit dominant : Douleur de la femme stérile, de celle régulièrement battue et violentée par son mari, du mari cocu, de la mère qui pleure sa fille, morte en couche en emportant son petit-fils, du neveu qui n’a aucune nouvelle de son oncle exilé depuis 10ans…

La critique des tares de la societé est aussi très présente dans l’œuvre. Elle est clairement perceptible dans Vies sur fil de Cédric Marshall Kissy, la première nouvelle de l’œuvre « Cécile était dans un état critique. On l’évacua aux urgences. Il fallait intervenir et vite! Et pourtant… aucun spécialiste ! (…) C’était la grève et la grève a ses lois, ses déboires, ses saintetés. » P9 ou encore dans cet autre passage, tiré de la nouvelle le Complexe du paon de Yahn Aka« Pour mettre fin à cette dialectique dans laquelle le gouverneur se sent humilié, il ordonne à ses gardes du corps de faire enfermer Sinvouê. Ils lui coupent la langue, le torturent à mort avec comme d’habitude les applaudissements dogmatiques des « intellectuels » de Nêtêbêsso » P44

Essie Kelly quant à elle, s’est penchée dans sa deuxième nouvelle, La marche, sur les violences domestiques subies par les femmes, faisant de son personnage principal une ambassadrice de la cause féministe. « Au-delà de cette protestation contre la violence, nous défendions d’autres idées notamment celle d’une femme africaine instruite et émancipée. Nous apprenions notamment aux femmes que pour qu’un couple soit équilibré, il était important que la femme ait ne serait-ce qu’une petite activité lucrative afin d’être une épaule pour son mari et avoir un peu d’indépendance. » P65

Voyage en enfer de Malicka Ouattara, même si son intitulé laisse présager le contraire, est la nouvelle qui apporte une note joyeuse au recueil. Des lueurs d’espoir apparaissent également. Pour nos petits-enfants de Yehni Djidji présente le pardon comme une porte de sortie et un espoir pour un avenir meilleur « Pour lui tu es prête à croire encore en la bonne foi des politiques, au miel de leur bouche et à l’avenir radieux que leurs lèvres esquissent et dont le préalable est le pardon mutuel, la réconciliation nationale, totale et véritable » P30

L’œuvre est riche. La qualité des auteurs, la variété des thématiques abordées et des angles développement choisis y sont certainement pour beaucoup. De plus la complexité des tournures et du vocabulaire utilisé en feront pour le lecteur lambda, une belle occasion d’enrichir son vocabulaire et sa culture générale.

J’ai aimé lire Poings d’interrogation !

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Cet article a été écrit par Débora Soro

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