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Incurablement amoureux (3)

avril 1, 2015 8:11 Publié par

Toujours fidèle à mes lettres qu’ils infériorisent, réifient et secondarisent, je ne pense pas autant des sciences et chiffres qu’ils déifient. Moi je ne les sépare, ni les oppose. Je pense que les chiffres et la science iraient mieux à l’homme, si l’on laissait les lettres les humaniser. Et puis, s’ils s’y étaient un peu intéressés, ils eurent compris que la littérature fait vivre de sentiments intenses. Vous au moins le savez. Combien d’entre nous n’ont-ils pas voyagés et transpirés avec Don quichotte et son écuyer, soufferts avec Milédouman, pleurés pour Cosette et se sont énamourés de tous les misérables de Hugo, admirés la sagesse prophétique de Sénèque… M’envoyant en France, furetant ma valise à la recherche d’un livre intrus qui s’y serait faufiler ; en m’imposant ce second exil, papa n’a fait que labourer l’océan. Dès ma première semaine, je suis allé au panthéon et j’ai quasiment achevé la visite tombale de tous mes grands auteurs classiques. Il verra bien papa, j’aurai peut-être mon diplôme de financier et peut-être, travaillerai-je pour lui faire plaisir ; mais son job qu’il m’a imposé sera pour moi, telle une épouse avec qui on m’obligea à contracter noce. Je lui ferai toujours des infidélités ! J’ai plus d’un tour dans mon sac, il l’ignore. Conseiller en cela par les lettres, j’ai imité les anciens. Comme Jean baptiste Poquelin, Pierre Augustin Caron, Louis Destouches, Mongo Beti, Nokan… J’ai pris un pseudo et je continue à écrire sur ce fameux site d’amateurs de littérature.

—————————————————————————————————- C’est l’hiver, je suis en France sous ma couette. L’été nous trempa de ses salves ignées il y a quelques mois, l’automne a joué son rôle de faux arbitre ; la nature comme pour reprendre ses droits, sa gorge toujours chevillée au ciel vomit ces étranges et étrangères boules blanches et immaculées venues comme pour purifier la terre. J’ai fini de réviser mes math-sup comme Papa les appelle. Que voulez-vous ? Lui aussi à son elle ! J’écris actuellement. Ne lui en piffez surtout pas mot, mais un jour il verra. J’écrirai sur tout ça. Lui et ses amis font déjà partie de mes personnages. Un jour, je rassemblerai tout le temps d’encre qu’il m’a fait perdre avec ses philippiques antilittéraires et j’écrirai un bon roman. Je suis un jeteur d’encre, alors je vais grave et fort faire gicler de l’encre ce jour-là. Je me serai alors évaltonné de toutes les pesanteurs, qu’il m’imposa et je deviendrai écrivain. Il a dit la bourse, moi je dis une trousse pleine de stylos et un encrier peut-être. Oui je sais, bourse et trousse, la rime est mal faite ! Mais vous verrez, quand je réécrirai tout ça je la désenlaidirai, puis l’embellirai. Les lettres me permettent tout ça ! Réécrire pour parfaire. À l’endroit comme à l’envers, voici la tryptique à suivre : refaire, faire, défaire dans l’ultime but de parfaire. Construire, déconstruire, reconstruire, dans l’ultime but de parfaire ; atteindre le beau dire et le bien dire. En entendant, je vous en donne une entrée. N’allez surtout pas le dire à Papa, je continue à écrire sous pseudo et je finirai bientôt ce roman : son titre c’est incurablement amoureux. N’oubliez pas le titre, c’est incurablement amoureux. Je retourne à l’elle de Papa. Mais je vous promets, j’écrirai. Ça ce n’est que l’avant-goût… Incurablement amoureux. Je suis incurablement amoureux. N’en piffez mot à Papa, ne moucharder surtout pas ! Je demeure incurablement amoureux. Incurablement amoureux, incurablement amoureux, incurablement amoureux…

Hiver 2014, pour Heidi sœur en lettres.

FIN

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