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Guy Erwin

IL AVAIT OSE ME FAIRE CA !

novembre 17, 2014 2:14 Publié par

Que se passait-il? Pourquoi étais-je si déprimé ? Était-ce de la jalousie ? Non j’en doute, de la colère ? Peut-être. Cette chaleur à la poitrine qui me donnait l’impression de pouvoir faire des choses auxquelles je n’oserais pas pensé normalement. Et si j’y allais, là maintenant lui casser la figure ? Je suis sûre que je me sentirais mieux après. Non ça ne ferait qu’empirer les choses, mais après tout,  je l’avais vu le premier, ça ne serait que justice. Il savait qu’elle me plaisait, mais ça ne l’avait pas empêché de sortir avec elle. Je les imagine en ce moment assis dans ce restaurant entrain de se courtiser… ça me donnait des maux de tête, je ne pouvais m’arrêter de grincer les dents. Je devrais plutôt débarquer là-bas et gâcher leur dîner. Cela mettrait sûrement fin à toute cette mascarade ! Il n’avait donc aucune pudeur ce malotru ! S’emparer comme ça de la copine à son ami… .Eh oui il s’agissait de mon amie ou du moins mon ex amie.

Nous nous connaissions depuis le lycée, et avions décidé de ne plus nous quitter. Ruben, il s’appelle.

Ruben et moi avions une complicité tel des siamois, il était comme un frère pour moi. Nous partagions presque tout ensemble, même nos sous-vêtements. Eh oui quand je dis presque tout, c’est vraiment presque tout.

Une nuit alors que nous rentrions d’une sortie nocturne, Ruben vit des filles faisant le trottoir. Comme à son habitude, il ne put s’empêcher de les embarquer dans la voiture. Pour lui, nous étions des célibataires en quête d’expériences sexuelles, nous ne devions jamais refuser une femme. Selon lui, les femmes représentaient différents menus comme dans un restaurant, et il ne voulait pas se contenter d’une seule commande. Il lui fallait goûter le menu dans son entièreté afin de faire un choix.

Rentrés chez moi, Ruben se pressa de se jeter dans les bras des « trotteuses», c’était comme ça qu’il appelait les prostituées. Une d’entre elles se jeta impétueusement sur moi et se mit à me caresser. Je restais stoïque. Elle continua pendant un moment jusqu’à ce que je la repousse brusquement.

– Que se passe t-il Peter ? me demanda Ruben

– Je veux qu’elles s’en aillent !!

– Pourquoi veux-tu qu’elles partent, as tu oublié ce que je te répète à longueur de temps ? Nous sommes des célibataires en quêtes …….

– Je sais, je sais mais je ne me sens pas dans mon assiette.

– Eh chérie, ne te fâche pas on veut juste vous mettre à l’aise, répondit l’une des trotteuses.

– Oui ! oui ! Ce n’est pas contre vous mais allez vous en !

Après les avoir dédommagées pour le temps perdu, je les raccompagnai à la porte et revint m’asseoir près de Ruben.

– Pourquoi as tu fais ça ? J’allais conclure, tu m’as gâché la nuit ! Alors là bravo !  dit Ruben en donnant des coups de pied dans le fauteuil du salon.

– Assieds-toi Ruben, j’ai un problème.

– Ah oui ?  C’est pile le bon moment pour avoir un problème !! hurla Ruben.

– Calme-toi, tu es mon ami, n’est ce pas ? Pourquoi t’amuserais-tu alors que je souffre le martyr ?

– De quoi parles-tu ?  Ça ne pouvait pas attendre demain ? Ou même une heure après, juste le temps de finir avec les filles ?

– Ruben je suis amoureux de ma patronne.

– Quoi ? Tu veux te faire virer ? Il faut vite que tu la sortes de ta tête ! Vite et très vite même !

– Je n’y arrive pas, et ce n’est pas ma faute !  Tu me conseillerais quoi toi ?

– Tu es mon ami et je ne saurais te faire aller à l’encontre de tes désirs. Je ne peux que t’appuyer. Lance-toi, quelque chose de bon en sortira peut-être. Mais sérieusement tu aurais pu attendre pour avoir cette conversation, je vais me retrouver tout seul ce soir par ta faute pfff !

– C’est rien,  ce n’est pas la première  fois que tu dors seul, allez on y va !

Sur les conseils de Ruben, je répondis à l’appel du destin et fit ma déclaration à Eliane, ma patronne. J’attendis la pause de treize heures pour la retrouver dans son restaurant favori où elle prenait son déjeuner. Je m’assis près d’elle sans invitation et engageai la discussion. Après une longue discussion concernant un problème qu’avait rencontré la société avec un client et qui se poursuivait en justice, je lui fis enfin ma déclaration en lui tenant la main. Celle ci me regarda dans les yeux environs deux minutes puis s’en alla sans mot dire. C’était comme si le monde s’écroulait sous mes pieds, mais je n’abandonnai pas si vite.

Au bout de sept tentatives échouées, je décidai d’impliquer mon meilleur ami afin qu’il m’aide à la raisonner et à la conquérir. Celui-ci esquissa un sourire et me sortit un discours réconfortant.

– J’aimerais que tu viennes avec moi ce midi lui parler, elle sera comme d’habitude, dans son restaurant. Je ne sais plus quoi faire… Figure toi que je me suis fait repousser à sept reprises.

– Tu es robuste dis donc ! A ta place j’aurais abandonné il y a belle lurette, disait Ruben en souriant.

– Arrête de faire de l’humour, alors tu m’aides ou pas ?

– Tu sais bien que je vais t’aider, c’était juste pour détendre l’atmosphère.

Il était treize heures et trente minutes quand j’entrai dans le restaurant. Elle était là, toute belle dans sa robe bleue avec les cheveux noués au dessus de la tête. Ça lui donnait un air sérieux disait-elle. Nous nous approchions d’elle, quand elle me vit arriver avec Ruben, elle se leva brusquement puis se dirigea vers la porte tandis que je m’empressais de la retenir. Je réussi à l’arrêter et fit rapidement les présentations, Ruben n’eut même pas le temps de dire mot qu’elle prit la direction de sa voiture.

 Un mois, deux mois, trois mois passèrent sans que nous ne nous adressions la parole . Nous collaborions désormais par le biais de nos secrétaires. C’était insupportable mais j’y étais obligé car je ne savais quoi lui dire si je l’avais devant moi. J’avais mal, mais comme un héros j’ai su cacher ma douleur. Ruben avait tenté de me remonter le moral en me présentant d’autres filles, mais c’était sans succès. Je pensais encore à Eliane.

<< Oh Eliane, si tu savais  combien tu me manques ! Pourquoi me rejettes tu ? En plus sans me donner d’explication >>.

J’avais réussi à cacher mon désarroi jusqu’à aujourd’hui. Je n’en pouvais plus, il fallait que j’aille lui parler, lui crier mon amour au visage et exiger d’elle une réponse ! C’était l’heure de la pause, pile le bon moment ! Je sortis de mon bureau et pris la  route du restaurant.

Je fus surpris à mon arrivée de voir la voiture de Ruben, je l’avais remarqué par sa plaque d’immatriculation. Intrigué, je m’avançai près de la fenêtre espérant ne rien voir d’inattendu. Je vis Ruben assis à une table avec en face de lui Eliane, ma futur copine. Que pouvait-il bien se dire main dans la main en se regardant dans les yeux. Pour moi s’était clair comme de l’eau de roche, il avait osé me faire ça à moi son meilleur ami. Il ne perdait rien pour attendre !  Elle ne m’avait jamais souri à moi en quatre ans de services, c’était puéril. Je me retournai dans mon bureau, ruminant ma colère. Ce Ruben, il avait osé me faire ça ! Il verra de quel bois je me chauffe celui là ! Cela faisait maintenant deux heures qu’ils étaient là, elle n’avait jamais passé plus d’une heure dans ce restaurant et revenait toujours au bureau après avoir fini. À son retour , j’irai dans son bureau lui filer un bonne paires de claque après avoir donner ma démission , ensuite je m’en irai m’occuper de ce traitre de Ruben . Ah oui celui là, il gagnera bien plus qu’une claque.

Mon portable vibrait, c’était Ruben qui m’appelait. Ce salopard, il avait le courage de m’appeler après ce qu’il venait de me faire. Je suis sûr que c’est pour me narguer, vraiment, comme on le dit dans le jargon moderne « l’homme change ». Et je ne reconnaissais plus Ruben, mon ami d’enfance.

J’entendis une sonnerie, cette fois-ci c’était le téléphone du bureau.

– Monsieur, la directrice vous demande dans son bureau, me dit la secrétaire.

– Dites-lui que j’arrive.

Que me voulait-elle ? Cela faisait maintenant trois mois qu’on ne s’était pas parlé, jusque la nous ne communiquions que par nos secrétaires. C’est suspect je trouve, elle voulait sûrement me mettre au courant de sa relation avec Ruben. Devrais-je y aller ? me demandai-je. Après une bonne minute de réflexion, je me décidai à y aller.

Une fois dans le bureau, je vis Ruben assis dans un fauteuil et pas loin de lui Eliane, debout près de la fenêtre.

Je m’apprêtais à leur sauter dessus quand Eliane couru vers moi et m’embrassa. Je restai de marbre une dizaine de minutes puis tentai de placer un mot mais impossible, Eliane m’offrit un autre baiser.

– Que se passe-t-il ici ? demandai- je d’un air étonné.

– Il se passe que je t’aime, répondit Eliane.

– Ah bon ? dis-je surpris.

– Ton ami Ruben est venu me voir au restaurant, figure-toi qu’il a réussi à me convaincre de ton amour pour moi. J’avoue que tu me plaisais mais je n’osais pas le dire au risque de voir notre relation professionnelle détruite comme ce fut le cas ces trois derniers mois.  C’est pourquoi je n’osais pas répondre à tes avances. Mais ça vas changer maintenant, ajouta Eliane en m’embrassant encore une fois.

Ne sachant quoi dire, je me contentai de la serrer dans mes bras en lui murmurant des mots doux à l’oreille.

Ruben s’était bien joué de moi, mais je crois que sa valait mieux pour lui.

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Cet article a été écrit par Guy Erwin

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Comments (2)

  • Josya Kangah
    Josya Kangah 17 novembre 2014 à 14 h 26 min

    J’ai failli me laisser prendre mais vu que ton dénouement est intervenu assez rapidement, ma haine n’a pas grandi.

    Merci Guy Erwin

     Reply
  • KABA Kouda 27 novembre 2014 à 8 h 32 min

    Vraiment heureusement sinon la haine pour Ruben allait croissant!!! Bravo

     Reply

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