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Aurenzo Amsa

Idylle marocaine (2)

mai 5, 2015 8:33 Publié par

Je ne pouvais plus rester, je prétextai un mal de tête pour rentrer à l’hôtel où je m’écroulai dans mon lit les yeux grands ouverts. J’avais tellement mal qu’aucune larme ne sortait de mes yeux. La nuit fut difficile tout comme les jours qui suivirent.

Je ne le voyais que très rarement, sa fonction l’emmenant à effectuer des voyages fréquents. J’essayais de le faire sortir de ma tête, de mon cœur mais plus je m’y attelais, plus il s’y enfonçait. J’attendais maintenant avec impatience la fin de ma mission et mon retour à Abidjan. Sûrement que loin de lui, je parviendrai à oublier cette idylle imaginaire.

Pendant cette lutte interne, j’avais fini par me faire des amis dans la société. Assise avec eux, je les écoutais distraitement parler de la vie des employés de l’entreprise. Et c’est là, dans ce flot de paroles, que j’entendis la seule chose qui retint mon attention et qui réjouit mon cœur quelque peu. Monsieur Imad – c’est comme cela qu’ils l’appelaient – n’était pas encore marié légalement malgré ses deux enfants en bas âge avec sa concubine. Sa concubine ! Rien n’était encore joué alors. Ce n’était guère dans mes habitudes de fréquenter des hommes mariés ou en concubinage mais pour lui j’étais prête à tout. Ne disait-on pas à Abidjan : « on construit une maison sur une autre maison » ? Alors c’était possible que je construise une maison sur une autre, d’autant plus qu’ici au Maroc presque toutes les maisons sont des immeubles. Surtout si la deuxième s’avère plus solide que la première. Mais aussitôt, mes principes et ma morale refirent surface. Je ne pouvais me permettre de m’insérer dans un couple, de le briser. En plus de moi-même, je ferai souffrir de pauvres innocents. Je me décidai à le sortir définitivement de mon esprit. J’avais trop souffert dans ma vie amoureuse pour revenir vivre les mêmes choses sinon pires.

Je ne savais pas pourquoi j’avais accepté son invitation à dîner. Je me retrouvais encore face à lui, en proie à mille et un tourments. Il me souriait tendrement comme s’il devinait le feu en moi. Sa main douce et caressante se posa sur la mienne. Et là, sans que je ne m’y attende, il m’avoua ses sentiments. Il me dit que dès le premier jour où il m’avait vu son cœur ne faisait plus que battre pour moi. Qu’il avait essayé de se tenir loin de moi mais qu’il n’y arrivait pas. Que je hantais son esprit. Mon cœur se mit à virevolter dans ma poitrine. Je me retins avec peine d’hurler de joie. Je lui demandai comme si de rien était ce qu’il faisait de sa femme et ses enfants. Il me sourit de sa bouche si désirable. Je ne pus résister plus longtemps. Je n’attendis pas sa réponse. J’enfermai aussitôt mes principes et ma morale dans un cachot et je jetai les clés dans les oubliettes de ma mémoire. Je capitulai. Je ne pouvais en faire autrement, voyez-vous ? Je répondis à sa caresse et à son sourire. Plus rien ne comptait que le moment présent. Je décidai de prendre les choses comme elles viendront, qu’importent les conséquences futures. Pourquoi refuser le bonheur, aussi court et éphémère qu’il pouvait être ? L’avenir pouvait s’avérer radieux malgré les circonstances actuelles. Tout était à nouveau jouable, tout était à nouveau possible.

FIN

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Cet article a été écrit par Aurenzo Amsa

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Comments (4)

  • Tchonte Silue 20 juin 2015 à 22 h 59 min

    Un peu decue par la suite. J’aurais voulu qu’il y ait de l’action, de quoi entretenir un suspense. Peut etre que l’histoire aurait du etre publiee en une seul morceaux. Quoi qu’il en soit, j’aime la simplicite et la fluidite de tes ecrits. Bonne continuation.

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    • Aurenzo Amsa
      Aurenzo Amsa 27 juillet 2015 à 19 h 29 min

      Merci Tchonte! Malgré la déclaration de Imad et leur désir de vivre leur amour sans plus réfléchir, beaucoup de choses peuvent empêcher, détruire ou favoriser cette relation. J’ai voulu laisser libre cours à l’imagination de chacun quant à la suite de leur relation. Et pourquoi ne pas publier des suites version Tchonte, etc?

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  • Marck_Andy
    Marck Andy 20 juillet 2015 à 17 h 57 min

    Aussi simplement que ça ??? J’aurais aimé voir Imad en action; vu sa description – rien que des qualités. Je me suis dit que ses prouesses sexuelles méritaient d’être évoquées. Mais bon, belle idylle marocaine.

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    • Aurenzo Amsa
      Aurenzo Amsa 27 juillet 2015 à 19 h 43 min

      Merci Marck Andy. Comme je l’ai dit à Tchonte, j’ai voulu laisser libre cours à l’imagination de chacun quant à la suite de leur relation. Je n’ai pas non plus voulu m’attarder sur un amour charnel mais plutôt relever l’attirance incontrôlable entre ces deux personnages. L’amour n’est pas que charnel mais dans la connexion, la complicité entre deux personnes.

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