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Aurenzo Amsa

Idylle marocaine (1)

mai 4, 2015 10:06 Publié par

Trois jours maintenant que je l’avais rencontré. Trois jours à penser à lui à tout instant. Je n’arrivais pas à le sortir de mon esprit. Il envahissait ma tête, mes pensées. Dans le taxi, au travail, à l’hôtel, devant mon repas, sous la douche, dans mon lit, dans mes rêves, à mon réveil, je ne pensais qu’à lui. Imad. Quel prénom sensuel, sexy et…masculin. Il lui allait comme un gant. Je me revois trois jours auparavant faisant sa connaissance. Jour béni où je prenais fonction dans la succursale au Maroc où la société mère m’avait envoyée en mission.

Le directeur me présentait aux employés quand il arriva vers nous. Mes yeux ne voyaient plus rien à part lui. Il était grand, bâti comme un dieu de l’Olympe. Il avait des cheveux d’un noir ténébreux, courts, un peu bouclés et soyeux. J’eus l’envie d’y passer mes doigts languissants de le toucher. Son regard était franc et profond. J’avais l’impression qu’il voyait au fond de mon âme, qu’il lisait en moi comme dans un livre ouvert. Je me sentais nue sous ce regard chaud. Son sourire à lui seul aurait pu apaiser n’importe quelle guerre dévastatrice et meurtrière. Ses dents tellement blanches étincelaient presque. Et sa peau d’un même blanc appelait à la caresse.

Enfin, il me tendit la main pendant que le directeur faisait les présentations. Je n’entendis que son prénom, Imad. J’étais tellement absorbée à le contempler que j’en oubliai de serrer sa main toujours tendue. Le directeur toussota, ramenant ma tête et mon corps sur terre. Je répondis à sa salutation et lui renvoyai mon plus beau sourire. Son regard s’illumina encore plus. Cet instant me parut interminable. Mais malheureusement, ce directeur, rabat-joie, m’emmenait par le bras vers un autre service pour achever les présentations avec les autres employés.

Je le guettai tout le reste de la journée mais ne le vit nulle part. Toute déçue, je rentrai à mon hôtel le soir venu. Trois jours sans le voir. Trois jours à ne penser qu’à lui. Trois jours à voir grandir cet amour qui était né dès l’instant où j’avais posé mes yeux sur lui.

Le coup de foudre ça n’existait que dans les films. Pourquoi ça m’arrivait à moi, dans la réalité !? Surtout après cette grande déception que je venais de vivre. Non ce n’était pas le moment de jouer au cœur d’artichaut. Et surtout pas à l’étranger. Cet amour n’aurait aucun avenir. Mais que peut-on y faire ? Le cœur est souvent idiot. Et je continuais à penser à Imad, mon beau marocain ténébreux.

J’entendis une voix rauque et sensuelle dans mon dos m’inviter à prendre un café pour me réchauffer. Je n’hésitai pas un seul instant, j’acceptai. Surtout qu’il faisait vraiment très froid. J’avais reconnu cette voix qui m’avait donné des frissons trois jours auparavant. Je me retournai et fut en face de ces yeux qui avait le pouvoir de me rendre transparente. Il était l’heure de la descente, je ne perdis donc pas une seule seconde.

Nous étions assis depuis maintenant plus d’une heure au Platinium Café à discuter comme de vieux amis. Nous échangions des fous rires complices. Nous n’apprenions pas à nous connaître, nous nous connaissions déjà. Je riais à ses moindres plaisanteries et buvais toutes les paroles qui sortaient de sa bouche. Sa bouche. Si rose, si sensuelle et rude en même temps. Je l’imaginais sur la mienne, sur mon corps. Il y avait une chaleur qui me parcourait le corps et cela n’était certainement pas dû à ce chocolat chaud devant moi. Oui j’en étais sûre, j’avais trouvé ma moitié. Je me mis à échafauder des plans. Comment faire pour que la société décide de me laisser dans la succursale du Maroc ? Je ne voulais plus retourner en Côte d’Ivoire, mon avenir, mon bonheur étaient ici, devant moi, me souriant chaudement.

Je me noyais dans ses yeux d’un marron si clair. Nous étions tellement en harmonie que plus rien autour de nous ne comptait. Jusqu’au moment où il me parla d’elle, plutôt d’eux. Sa femme et leurs deux enfants. J’eus soudain mal à la tête, mes yeux me brûlaient, je n’arrivais plus à respirer. Je n’entendais plus rien. Mon paradis venait de s’effondrer comme un château de cartes. Il était marié !!! C’était un véritable coup de poignard rien que d’y penser. Mais comment cela se faisait-il ? Il n’avait aucune bague au doigt. Bien que ce détail soit subjectif, je m’y accrochai encore en espérant qu’il me faisait une blague. Mais il était tout à fait sérieux, il me dit l’âge de ses enfants, le métier de sa femme.

(A SUIVRE)

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Cet article a été écrit par Aurenzo Amsa

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Comments (5)

  • 225nouvelles
    225nouvelles 12 mai 2015 à 12 h 36 min

    très belle histoire

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  • Rosine 12 mai 2015 à 12 h 46 min

    Impatiente de lire la suite

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    • Aurenzo Amsa
      Aurenzo Amsa 12 mai 2015 à 19 h 21 min

      Ouiiii Rosine 😀 Elle a déjà été publiée la suite, pour info, donc pense à la lire et commenter stp. Merci et ravie que l’histoire te plaise.

       Reply
  • Tchonte Silue 20 juin 2015 à 22 h 54 min

    En tout cas les coups de foudre n’existent que dans les films. En voila une qui va se creer des problemes. J’aime bien la facon dont tu decris Imad et les sentiments qu’il provoque. Merci Aurenzo, je cours lire la suite.

     Reply

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