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Kitchin

ETRANGER !

avril 9, 2013 2:21 Publié par

Excusez les amis, si aujourd’hui je déroge à mes habitudes, je ne suis pas gothique, mais aujourd’hui permettez moi de me vêtir tout en noir, oui car je veux me confondre dans l’ambiance qui prévaut. Pardonnez-moi encore une fois pour l’utilisation du stylo noir, car les mots qui sont l’expression de mes sentiments sont tous aussi de cette couleur.

Ce matin, dans la brume si humide, un étranger a fait éruption dans la ville, au quartier, dans la maison. Ce matin, cet étranger, fort de sa force a fracassé le portail en fer sans prendre la peine de frapper pour qu’on lui ouvre, n’a même pas pris la peine de prévenir afin qu’on lui réserve un accueil digne de celui qu’on offrirait à un étranger venant de si loin. Confiant de ses étranges manières, techniques et autres parades, il est venu et est reparti sans que personne n’ai put le voir.

Etranger, on ne te voit jamais, mais les signes de ton passage sautent à l’œil de l’aveugle, on ne t’attend jamais mais la musique que tu déclenches après ta présence est audible, perceptible même par le sourd, triste musique d’ailleurs.

Oui ! Tu es venu les bras ballants, sans rien du tout ! Et en partant tu es parti avec quelque chose d’une valeur inestimable, quelque chose dont Dieu, seul, a l’outil adéquat pour mesurer, quantifier… que lui seul le Divin donne…

Etranger, tu es venu en fracassant la porte de la vie pour dérober les espoirs placés, l’amour intense accordé… Drôle d’étranger, tes actes ne sont pas du tout drôles.

L’ambiance est lourde, les visages graves, les voix plus conciliantes, les relations sont plus chaleureuses et fraternelles que jamais après ta présence, car tu ne donnes autres choix. Etranger, tu as laissé derrière toi cette fratrie meurtrie, cette fratrie qui tait ses querelles le temps du passage de tes effets.

Et maintenant plus défaitiste que moi, me dis d’être courageux ; moins fort, plus fébrile que moi, me dit d’être fort, qu’ainsi va la vie. Etranger tout simplement, on ne dira pas de ne pas revenir, car on le sait bien toutes et tous que le paramétrage de la relation qui nous lie à toi n’est pas « réinitialisable », mais s’il te plait préviens quand tu frapperas la prochaine fois.

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Cet article a été écrit par Kitchin

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Comments (7)

  • Kaba Kouda 9 avril 2013 à 18 h 06 min

    RIP pour le défunt. Description simple d’une douleur que chacun de nous à déjà vécu et vivra encore…

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  • Marshall Kissy
    Marshall K. 10 avril 2013 à 0 h 10 min

    Un texte dans un registre nouveau… Bonne idée ! Et lorsqu’on perce le tissu du sens que couve ton texte, la brise d’une tristesse, comme une caresse dans la nuit, sur les joues de nos coeurs se pose. Tranquillement.

    voici quelques coquilles « Tu venu »; « sans que personne n’ai pu »
    Félicitations !

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  • Kitchin
    kitchin 10 avril 2013 à 11 h 35 min

    Je suis content qu’une « grosse tête » comme toi Marshall K. apprécie mon texte. A toi Kaba pour tes encouragements

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  • Sadjee 11 avril 2013 à 7 h 26 min

    « Oui ! Tu venu les bras ballants, sans rien du tout ! Et en partant tu es parti avec quelque chose d’une valeur inestimable » … A l’image de ton texte, ce passage est à la fois sobre et fort. J’aime particulièrement le fait que nulle part, » l’étranger » ne soit explicitement nommé, c’est comme si c’était tabou, comme si tu étais trop pudique pour prononcer son nom. Merci pour ce texte!

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  • Heidi 11 avril 2013 à 21 h 27 min

    « je veux me confondre dans l’ambiance qui prévaut. Pardonnez-moi encore une fois pour l’utilisation du stylo noir, car les mots qui sont l’expression de mes sentiments sont tous aussi de cette couleur. »Ah ça! en ce moment, c’est pas la joie chez les auteurs de 225 nouvelles! Bon courage.
    Beau texte.

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  • Kitchin
    kitchin 12 avril 2013 à 21 h 49 min

    @ Sadjee, je sais pas si c’est pas pudeur ou par peur que j’ai pas nommement cité ce étranger étrange. Merci

    @heidi c’est ça hein, a force de lire des auteurs aussi chevronnés qu’eux ceux de 225nouvelles on attrape vite le virus heinnnnnnnn. Merci

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  • SAS
    sas 13 avril 2013 à 21 h 50 min

    J’aime bien comme l’auteur(e) évoque le sujet de la mort. L’impuissance de l’homme face à la mort nonobstant nos lamentations y est bien exprimée je pense. Cela me rappelle à certains égards l’expression de  »l’absurde » dans les oeuvres de certains auteurs post-seconde guerre mondiale… Merci

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