ET SI…

novembre 6, 2014 9:00 Publié par

Gwendoline venait de finir « Le film d’une vie », un recueil de nouvelles de l’auteur à succès Malicka Ouattara. Elle était devenue la référence en matière de littérature mélancolique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Gwendoline affectionnait particulièrement ce livre car elle s’identifiait à Marie, Stéphanie, Véronique et toutes ces autres femmes qui luttaient contre leurs tourments, recherchaient une once d’approbation dans le regard des autres mais qui finissaient par se retrouver face à leurs choix.

A ce moment précis, Gwen poussa un long soupir qui la fit sortir de ses pensées. Elle se dit qu’il fallait réagir, se reprendre, sortir de cette tristesse accablante. Elle se dit qu’une bonne douche chaude lui changerait les idées. Elle fonça alors droit dans la salle de bain.

(…)

Assise devant sa commode, fixant la bague que lui avait laissée Steve, elle tenait dans sa main gauche la lettre que ce dernier lui avait adressée 3 mois, une semaine, trois jours, 4 h et 47 minutes plus tôt.

Steve, elle l’avait aimé et avait partagé de si beaux moments avec lui !

A cet instant précis, un sourire illumina son visage, une larme perla sur sa joue.

Gwendoline relut encore et encore les mots que Steevie, comme elle avait coutume de l’appeler, lui avait laissés :

« Chère Gwendoline, c’est avec amertume, le cœur serré que j’ai dû me résoudre à m’en aller, sortir de ta vie… »

Ils s’étaient rencontrés 15 mois plus tôt. Quelqu’un d’autre partageait la vie de Gwen. Mais il était aux abonnés absents. Et puis il y eut Steevie. Elle se sentait vivre, aimée, chérie. Elle était le centre de sa vie. Il la rendait heureuse et elle le lui rendait bien. Mais il y avait ce « quelqu’un d’autre » si absent mais si… présent. Steve ne comprenait pas. Il ne comprenait pas pourquoi elle s’accrochait à ce mec qui pourtant l’ignorait. Il ne vivait pas ses moments heureux, ne partageait pas les moments de tristesse de Gwen mais elle ne se résolvait pas à le quitter. Il ne comprenait décidément pas, il ne comprenait plus.

N’en pouvant plus d’attendre un choix que sa belle hésitait à faire, Steve la quitta un matin du mois de février, lui laissant malgré tout une bague accompagnée d’une lettre, signe qu’il croyait toujours en leur histoire d’amour.

Comme Gwen se dit qu’il fallait enfin clarifier la situation, elle chercha un stylo et une feuille à l’autre bout de la pièce puis vint se rasseoir sur sa commode. Elle essaya de donner vie à ses pensées mais les mots semblaient se rebeller contre elle, refusant de violer la pureté de cette page immaculée. C’est alors que dans un profond soupir, elle se leva, marcha d’un pas sûr, sorti de la chambre, se dirigea vers la porte d’entrée, entreprit de l’ouvrir puis, stoppant son mouvement, elle vint se rasseoir. Elle relut la fin de la lettre de Steve:

« …PS : Je suis désormais à cinq (5) rues de chez toi, en face de la Pharmacie du Bonheur, immeuble 225 porte 15. Si tu m’y rejoins, c’est que tu auras accepté la bague de fiançailles que j’ai mise dans ton tiroir de chevet. »

Gwendoline marmonna quelque chose qui semblait s’adresser à Steve et se retourna, prit la direction de la cheminée. C’était décidé. Elle allait mettre un terme « définitif » à leur histoire.

Elle jeta un dernier regard sur la bague et la lettre de Steve et les lança dans le feu et murmura :

« Et si… non, je ne veux pas finir comme Stéphanie*. Tu es parti. Laisse-moi refaire ma vie. Adieu Steve ».

* Personnage de la nouvelle Un jour tiré de « Le film d’une vie » de Malicka Ouattara

Tags : ,

Classés dans :,

Cet article a été écrit par Josya Kangah

Previous Post Next Post

Comments (4)

  • Licka choopss 6 novembre 2014 à 14 h 21 min

    lol merci pour la prophetie ! j’espère que comme ton héroine les femmes arriveront à tirer une leçon de mon livre nous ne devons pas finir comme stéphanie lol jamais de la vie, je suis heureuse que le message soit passé, et je te livrerai les coulisses de mon prochain livre pour te remercier mdr

     Reply
  • Mireille Silue 6 novembre 2014 à 18 h 40 min

    Je me sens mise a l’ecart 🙁 Etant donne que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire « Le film d’une vie » j’ignore ce qui est arrive a Stephanie. Hum ce qui est sur j’aime ton texte Josyah meme si quelque part je ne comprends pas pourquoi elle prefere laisser Steve pour l’eternel absent.

     Reply
    • Josya Kangah
      Josya Kangah 6 novembre 2014 à 22 h 30 min

      Mireille, merci pour tes observations. Ne te sens pas à l’écart. Dès que tu peux, procure toi le livre et tu comprendras.
      Pour ce qui est du choix de Gwen, bien qu’étant l’auteur de de ce texte, je ne comprends pas non plus pourquoi elle préfère l’autre. Elle doit avoir de très bonnes raisons…

       Reply
  • Licka choops 7 novembre 2014 à 6 h 57 min

    Mireille l’histoire dont se réfère Josya dans son texte le titre c’est  » Un jour » et j’avais publié ça ici d’abord je sais pas si tu t’en souviens.

     Reply

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *