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Josya Kangah

Du sang pour terminer

octobre 20, 2015 7:02 Publié par
peaceci Papa,  c’est quoi les élections ? – Fiston, comment te l’expliquer… Euh, c’est un jeu au cours duquel plusieurs personnes choisissent quelqu’un pour être leur chef. – Dans ce cas, je veux bien te choisir comme chef, papa. Tu es un papa formidable et merveilleux. Tu seras le meilleur des chefs. Hugo ne put  éviter de sourire après avoir entendu ces mots pleins d’innocence de Paulo, son fils. « Si les choses étaient aussi simples  », se disait-il. Il se remit alors à penser à l’élection présidentielle organisée 25 ans plus tôt dans son pays. « Ce dimanche 25 octobre 2015, les nahoubouriens se sont rendus aux urnes pour choisir celui qui doit prendre les rennes du pays. Encore une fois, la tension est grande comme il y a quelques années au cours du même processus. Va-t-on assister aux mêmes troubles que lors des échéances passées ? Nous espérons que ces élections présidentielles vont se dérouler dans une bonne ambiance et que les candidats malheureux accepteront leur défaite et qu’ils pourront œuvrer avec le président élu pour le développement de Nahoubou notre pays et le bonheur de tous. C’était Perro, depuis un bureau de vote pour Radio Kpèkpess » – Tu sais, Paulo, ce n’est pas aussi simple. Pour être choisi, il faut avoir déposé sa candidature à la Commission Électorale Libre. Ensuite, Le Conseil Constitutionnel valide et annonce la liste définitive des candidats. C’est seulement à ce moment là que quelqu’un peut affirmer être candidat. Mais tu es beaucoup trop jeune. Tu comprendras peut-être plus tard. Expliqua-t-il à son fils. – Ce n’est pas grave papa. Pour moi, tu restes le meilleur des candidats,  fit Paulo avec la même détermination. Cette autre phrase de ce bout d’homme d’à peine 5 ans le replongea dans ses souvenirs. Les élections terminées, arriva la phase tant redoutée de la proclamation des résultats. Le pays entier s’était alors retrouvé plongé dans une atmosphère lourde, irrespirable. Le genre d’ambiance qui ne laissait présager que de mauvaises choses. Les souvenirs douloureux avaient refait surface dans les esprits. A l’image d’un grand malade sous respiration artificielle dont on appréhendait la fin brutale, le temps que durait la proclamation était source d’inquiétudes de diverses natures. – Papa, je veux voter comme toi. Fit Paulo avec sa bouille innocente. – Bien sûr mon fils, voter est un acte citoyen. Cependant, tu es encore trop jeune pour participer à des élections. Mais ne t’inquiète pas. Le moment venu, tu pourras faire ton choix. Chaque mot de son fils faisait voir combien son petit garçon était intelligent. Il le regarda avec amour et n’osait même pas imaginer que son « p’tit gars » grandirait un jour. Il était si innocent. Les résultats proclamés, les nahoubouriens prirent les rues d’assaut. Les mots d’ordre avaient été donnés par les candidats déçus d’une part et le président élu d’autre part. Partout, le sang. Il n’eut pas de mètre carré sans tâche de sang. Dans toutes les cours, tous les quartiers, toutes les communes, toutes les villes, et le pays tout entier, le sang avait coulé, bien coulé. La population d’ovins et de bovins fut décimée pour célébrer la démocratie retrouvée car main dans la main, les uns reconnurent leur défaite et les autres s’engagèrent à diriger Nahoubou, le pays de tous, dans la paix et le dialogue. – Oui, Paulo, élection, ce n’est plus « gnaga » depuis 25 ans maintenant. Et quand tu seras majeur, tu pourras faire parler ta voix dans les urnes sans craindre que ça dégénère en crise.
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Cet article a été écrit par Josya Kangah

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Comments (3)

  • kamso l'italien 28 octobre 2015 à 17 h 29 min

    Pourquoi dans plusieurs pays, surtout d’Afrique, les populations redoutent-elles les élections ? Pourquoi l’idée d’élections entachées de fraudes envahit-elle les esprits avant même la tenue de celles-ci. Pourquoi coûtent-elles chers en vies humaines et occasionnent des destructions d’édifices publics.
    Le moment est venu pour que chacun se débarrasser de ces oripeaux.
    Cet essai vivifiant vient à point nommé pour rappeler à nous tous que comme le dit le slogan « élection c’est pas gnaga ».Pour dire que la vie ne devrait pas s’arrêter après des élections.
    Ce qu’il faut retenir c’est qu’il n’y a que les politiciens que la division enrichit. Et cela ,il est urgent de le comprendre.

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  • Marshall Kissy
    Marshall K 5 novembre 2015 à 14 h 58 min

    Ah ! Ce teigneux Paulo….
    Election c’est pas gnaga ! 😉
    Les coeurs ont, semble-t-il, entendu ce cri de coeur.
    Merci Josya;
    Merci SEIGNEUR !!!

     Reply

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