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Wonseu

DON D’UNE VIE

octobre 17, 2013 3:15 Publié par

Le visage inondé par les larmes, Bérénice était en colère de s’être fait avoir une fois de plus. Elle ne regardait pas vraiment la route, manquant de renverser quelques passants, se faisant klaxonner parfois par d’autres véhicules. Elle repassait la scène dans sa tête; voulant faire une surprise à son fiancé, elle était rentrée plutôt de sa mission et l’avait trouvé à califourchon sur une autre femme. Sans dire mot, elle était retournée à sa voiture et avait démarré en trombe.

Elle repensait à tous les sacrifices consentis pour cet ingrat quand son téléphone sonna. Elle décrocha sans même regarder qui l’appelait et se rendit compte que c’était Jean-Marc. Énervée, elle lui criait dessus quand son téléphone lui glissa des mains et tomba. Tentant désespérément de le prendre tout en maintenant le volant, elle ne vit ni le feu qui passait au rouge, ni le gros camion qui venait sur sa droite.

Crissement de pneu, coup de freins, bruit assourdissant, puis plus rien…

Cinq minutes plus tard, une ambulance était au grand carrefour de Koumassi, lieu du drame.

Inconsciente, Bérénice fut transportée d’urgence à la clinique de l’Indénié pour recevoir des soins.

-Ne pleures plus Loïc. Maman ne sera plus à la maison mais elle restera dans ton cœur, et elle veillera toujours sur toi. Tu sais, très souvent les plus grands doivent aller se reposer pour beaucoup de temps. Ne pleures plus, tout ira bien mon chéri.

Jacob Tasso essayait tant bien que mal de réconforter son fils, alors qu’une tumeur cérébrale venait d’emporter sa femme. Il cachait mal sa peine mais il devait rester fort pour son fils, leur fils.

Jacob Tasso remplissait les derniers formulaires pour l’incinération de sa femme quand il vit arriver sur un brancard, une femme avec une barre de fer dans l’abdomen.

-Docteur, cette dame à l’air presque morte. Que lui est-il arrivé ?

-Elle a eu un grave accident qui nécessite une greffe du poumon d’urgence.

-Faites tout pour la sauver docteur.

-Nous ferons tout notre possible.

Sans savoir pourquoi, il attendait des nouvelles de cette inconnue, inquiet, redoutant le pire.

-Monsieur, mademoiselle Bérénice à urgemment besoin d’une greffe du poumon et malheureusement on ne…

-Bérénice ? Qui est-ce ?

-Eh bien, celle dont vous preniez les nouvelles tout à l’heure. Vous ne la connaissez pas ? Je croyais que …

-Non docteur, je ne la connais pas. Ecoutez ma femme vient de mourir. Je ne sais pas comment vous l’expliquer mais cette femme doit rester en vie. Faites tout ce que vous voulez, faites des tests, peut-être que ma femme est compatible. Ces organes sont encore viables, n’est ce pas ? Faites de votre mieux.

-Merci monsieur, nous ferons de notre mieux.

Deux jours après l’opération, alors que Bérénice ouvrait doucement les yeux, elle vit ces hommes qu’elle ne connaissait pas, cet endroit qui ne lui était pas familier et cette odeur qui lui rappelait les hôpitaux.

-Enfin vous vous réveiller mademoiselle. Nous étions si inquiets à votre sujet.

-Qui êtes-vous ? Où suis-je ? Qu’est-ce qui se passe ? Toutes ces interrogations en même temps qu’elle essayait de se relever.

-Attention, restez calme. Vous avez eu un accident très grave et vous aviez besoin d’une greffe. Cet homme que voici a fait don du poumon de sa défunte épouse.

-Vous auriez du me laisser mourir renchérit-elle.

Jacob Tasso était peiné par ce qu’elle venait de dire mais préféra quitter la chambre. Le médecin essaya de calmer Bérénice puis rejoignit Jacob Tasso dans la salle d’attente.

– Certaines personnes réagissent de la sorte après ce genre de choc, ne vous inquiétez pas monsieur Tasso.

– Je comprends docteur merci pour tout.

Bérénice se réveilla deux heures plus tard et vit à ses côtés la photo d’un petit garçon de cinq ans. Elle fut attendri par le regard innocent du gamin et se demandait qui cela pouvait être lorsqu’elle aperçut un bout de papier sur le lit.

« Cet enfant, c’est le mien et il vient de perdre sa mère, ma femme. Il y’a a peine deux jours, j’ai vu ma femme lutter de toutes ses forces contre la mort, je l’ai vu souffrir, dépérir considérablement puis s’en aller. J’ai eu mal, pas seulement à cause de ma femme mais pour mon fils. Aujourd’hui vous avez la chance de vivre, soyez en heureuse car je suis sûr que quelque part il y a une personne qui souffrirait beaucoup si vous vous en alliez maintenant. J’espère que vous saurez profiter de cette seconde chance mais dans tous les cas je pense avoir fait le bon choix. »

Le mot était signé Jacob Tasso et pendant qu’une larme coulait sur sa joue, Bérénice se fit la promesse de retrouver cet homme qui lui faisait don d’une vie.

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Cet article a été écrit par Wonseu

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Comments (9)

  • M.C AGNINI
    M.C AGNINI 17 octobre 2013 à 16 h 31 min

    Belle narration.
    «  »Bérénice se fit la promesse de retrouver cet homme qui lui faisait don d’une vie. » Tu nous fera certainement une suite, peut être dans un autre cadre. Il le faut. Merci WONSEU

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  • Wonseu
    Wonseu 17 octobre 2013 à 18 h 14 min

    Merci beaucoup 🙂

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  • Adje Valdo 17 octobre 2013 à 18 h 46 min

    Belle histoire d’humanisme! Les autres ne sont qu’une partie de nous-même que nous découvrons chaque jour.
    Merci Wonseu!

     Reply
    • Wonseu
      Wonseu 18 octobre 2013 à 12 h 06 min

      Derien et merci aussi d’avoir lu 🙂

       Reply
  • Licka choops 17 octobre 2013 à 18 h 48 min

    j’aime et mon histoire va un peu dans le meme sens! histoire qui n’a pas été publiée. Mais bon j’aime beaucoup et c’est facile à comprendre. Cet homme qui veut donner à quelqu’un la vie que sa femme n’a pas eu. C’est beau merci

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  • Paula
    Paula 17 octobre 2013 à 21 h 43 min

    Très beau texte, et j’espère vraiment que tu nous feras une suite ! 🙂

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    • Wonseu
      Wonseu 18 octobre 2013 à 12 h 07 min

      J’espere aussi 🙂 Merci !!!

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  • Heidi 19 octobre 2013 à 23 h 14 min

    Joli texte, je suis restee sur ma faim mais la narration est belle.

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