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Licka choops

DANS LE SOUFFLE D’UNE MERE

octobre 17, 2012 12:53 Publié par

J’ai connu l’amour à plusieurs reprises, il a été beau, amer, parfois méchant, mais ce qui ne m’a pas tué m’a rendue plus forte.

Si je t’écris ceci, c’est pour que tu saches la vérité et que tu saches d’où tu viens.

Ton père et moi, on s’est rencontré dans un restaurant, on avait 19 ans. Ton père était le plus beau.

Il avait un charme fou, et des mots à couper le souffle. Il voulait être poète et il  disait que j’étais sa plus grande inspiration. Cela me fait penser à un poème qu’il m’avait écrit :

mon tout

tu es celle qui détient la clé de ma vie

celle sans qui je ne suis qu’une âme perdue dans un corps sans vie

tu es celle qui par son sourire soigne mes peines même les plus grandes je les oublie car avec toi, rêver est permis

je veux faire de toi la femme de ma vie …

Aujourd’hui, je me rends compte que ces mots qui a l’époque me faisaient pleurer de joie, étaient bien faibles, et juste des phrases toutes faites d’un ado.

Ton papa et moi nous sommes aimés. Nous étions amoureux, deux amoureux contre le monde car ma famille s’opposait a cette relation.

Mon père me disait : « Adeline laisse ce vaurien il ne t’attirera que des problèmes. »

Je lui répondais : « je l’aime et c’est tout ce qui compte ! »

Le jour de nos deux ans d’anniversaire de couple, j’ai annoncé à Ivan que j’attendais un heureux évènement, tu aurais dû voir la scène. Lui et moi dans un restaurant, celui de notre rencontre, le décor paradisiaque, un slow envoûtant en fond sonore, tout pour une ambiance romantique. Il me regardait droit dans les yeux et me caressait la main. Je lui souriais et il me disait qu’il m’aimait.

-Je t’aime Adeline.

-Je t’aime aussi mon cœur.

-Deux ans? Ohhhh mon amour j’ai tant envie de faire de toi ma femme, que tu me donnes des enfants et que nous soyons ensemble.

-Je suis enceinte, mon Ivan d’amour.

Seigneur ! Cette phrase a été le déclenchement de sa folie. Il s’est énervé, il m’a insultée, puis nous a renié. J’avais 21ans, je continuais mes études pour devenir médecin. Je ne pouvais apporter une grossesse à mes parents, non ! Je ne pouvais point, car nous étions pauvres et je ne savais que faire.

Mais je ne pouvais pas non plus avorter, car je t’aimais tant, j’ai pris sur moi-même et je t’ai porté durant 9 mois. 9 mois durant lesquels ton grand père ne me parlait plus.Tu sais, tu n’es pas né dans de beaux draps, mais tu es né dans l’amour et tu y as grandi car tu as changé ma vie.

Quand mon père t’a vu pour la première fois il m’a tout pardonné. Il disait que tu étais une porte de bénédiction pour nous, quand je t’ai vu, j’ai oublié que j’ai souffert en travaillant ici et là,tout en étudiant pour pouvoir préparer ta venue.

Tu as changé ma vie Quincy. Mais voilà, tu grandissais et je voulais absolument avoir mon diplôme. J’ai dû te confier à une de mes tantes aisées pour que tu aies un avenir. Ainsi j’ai pu bâtir le mien, oublier ton père et évoluer dans ma profession. J’ai pu te prendre en charge toute seule quand tu as eu 5 ans. nous avons aménagé ici dans notre maison, tu étais un enfant heureux et épanoui, finalement ton père avait tout raté en nous laissant car tu étais un soleil.

Mais voilà, tu grandissais et tu voulais un père comme les autres, tu demandais toujours ton père. A chaque fois, j’inventais un prétexte, une histoire, puis un jour tu es venu me voir en pleurant.

-Maman où est mon papa?

Cette question m’a rappelé un tas de choses, j’ai craqué.

-Tu n’as pas de père, arrête à la fin !

Tu n’avais que 7 ans, je n’avais pas le droit de te dire cela, de déverser ma peine sur toi. Pardonne-moi, car ce jour-là, le soleil qui était en toi s’est éteint. Tu étais devenu réservé. Tu avais deux meilleurs amis, ta feuille et ton stylo. Tu écrivais des choses, des choses qui montraient à quel point tu avais mal de ne pas savoir.

Heureusement pour nous, Michel est arrivé dans nos vie; il a su réparer mon coeur et te redonner le tien. Tu l’aimais beaucoup et moi aussi. Enfin nous avions un homme dans nos vies, et quelle joie pour moi de te donner un père.Vous faisiez tout ensemble, tout ! Et mon cœur s’envahissait de joie quand je vous regardais rire. C’est ainsi que tu as grandi et que aujourd’hui tu es ce jeune garçon de 13ans. Ahhh mon bébé, je ne regrette rien.

Il y a une semaine, j’étais chez le médecin, un de mes collègues. Il m’a annoncé que mes jours étaient comptés, car le cancer avait fini par ravager mes poumons. Snif ! Bébé, je ne sais pas ce qui me fait le plus mal, ne plus vous voir ou ne jamais avoir vu?

Qui? Te demandes-tu? Ton frère car toute cette histoire est la vôtre. Quand j’ai parlé à maman de mon cancer, il y a 2 jours, elle m’a fait des aveux:

-Ohhhh ciel pitiéééé, ma fille pardonne-moi ce que j’ai fais. Pardon !

-Maman ce n’est pas de ta faute si je meurs, tu sais? Ainsi va la vie, ça fait mal mais que…

-NON ! Ton fils ne te connaîtra jamais! Celui que j’ai donné à une autre.

-Pardon? De quoi tu parles?

-Quand tu as accouché, ton bébé est né avec une malformation qui demandait de nombreux soins et de l’argent. Nous n’en avions pas. J’ai donc échangé ton bébé avec celui d’une femme riche qui avait accouché le même jour.

-Non maman, c’est faux! Tu n’as pas osé? NONNNNNNNNNNNNN.

Je ne peux en vouloir à maman, de toute façon bientôt je ne serai plus là; mais je devais te le dire, je devais te dire que je t’aime et que tu es mon fils, le soleil de ma vie. Cependant, je ne sais pas si demain je serai là ou même dans les heures qui suivent. Je n’ai plus de force pour pleurer ou courir à la recherche de mon enfant perdu, de ton frère.

Je veux juste profiter de toi et de mon époux, vous donner de l’amour. Prends soin de ton papa, tu sais il essaie d’être fort pour ne pas que tu découvres la vérité mais il pleure les soirs quand tu dors.

Si tu me lis, cela veut dire que je ne suis plus sur cette terre, ne pleure pas je suis en paix, je pars. C’est vrai, je ne veux pas mourir si vite, je veux vivre, mais la vie est ainsi faite.

Recherche ton frère pour moi et retrouve ta maman, car le ciel t’en prend une et t’en donne une autre. Tu n’es pas orphelin, quand tu trouveras ton frère, dis-lui qu’il a été mon courage, ma détermination. Donne lui cette lettre qu’il connaisse lui aussi son histoire.

Dis-lui que son père se nomme Cheick Ivan Coulibaly et qu’il est un  petit poète qui vit avec sa femme et ses enfants dans un quartier. Je ne sais où. Qu’il le cherche s’il veut plus de réponses.

Ne pleure pas mon bébé, maman est là dans ton cœur. Aujourd’hui je sais pourquoi je t’ai tant aimé, c’est pour que tu puisses en donner un peu à ton frère. Trouve-le et aimez-vous, soyez des frères, grand mère t’aidera.

A toi mon petit chéri je ne connais même pas ton prénom, mais tu sais je t’aime aussi, je t’ai aimé durant 9 mois je te parlais jour et nuit. Hum, tu t’en souviens pas, mais bon triste sort de la vie nous n’avons pas pu nous connaître. Je suis heureuse que tu aies une maman qui t’aime sur terre, car dans le ciel moi je vous aime, vous protège et sur la terre ou dans les divins vous êtes mes essentiels. Ne pleurez pas, la vie est belle devant.

maman qui t’aime fort

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Cet article a été écrit par Licka choops

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Comments (6)

  • licka choops 20 décembre 2012 à 21 h 28 min

    mon histoire est si nul que ca?

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  • Sadjee 20 décembre 2012 à 21 h 33 min

    Lol, Licka, bon juste parce que tu as eu le courage de le réclamer, je rellis et je commente avec plaisir.

     Reply
  • licka choops 20 décembre 2012 à 22 h 07 min

    merci sadjee

     Reply
  • Sadjee 20 décembre 2012 à 22 h 19 min

    Ok, je l’ai relue; elle est belle, ton histoire, triste aussi. D’autant plus qu’elle touche une question cruciale dans nos hôpitaux: le vol des bébés, au « mieux », leur échange. J’imagine l’imbroglio dans le coeur de cet enfant à qui elle écrit, et je me demande si la maman ne lui laisse pas un fardeau trop lourd?En plus, elle ne se demande pas comment les parents de son vrai fils risquent de prendre la chose, les conséquences éventuelles pour ce dernier? Et les risques pénaux qu’encoure sa mère pour avoir échangé les 02 bébés? Ton histoire pose beaucoup de questions. L’ écriture est claire et aérée, et je crois que tu as un gros potentiel. Seul bémol que j’ai noté dans plusieurs de tes histoires : le « SNIF » que tu utilises souvent pour raconter des scènes de larmes…je ne sais pas, mais ça me dérange un peu, je trouve ça déplacé dans ce type de récit. Ça fait plus BD, non? En tout cas, j’aime ta sensibilité et ton inspiration, ne t’arrête pas!

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  • licka choops 21 décembre 2012 à 15 h 46 min

    merci beaucoup sadjee pour ton analyse et pour avoir lu et commenter surtout je suivrais ton conseil

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  • Licka choops 23 février 2013 à 8 h 35 min

    sadjee tu sais je viens de trouver les réponses à tes questions, la mère en écrivant cette lettre je l’ai vu dévasté, elle connaissait son état de santé depuis une semaine, et a su pour l’échange dans la meme période. Alors euh avant d’écrire il y’a pensé elle a vu les réalités de cette situation. Mais sa lettre c’est un réconfort pour son fils , elle lui écrit pour qu’il puisse ne pas sombrer mais qu’il se donne un objectif! et surtout pour ne pas qu’il apprenne cela par quelqu’un d’autre.
    Mais moi ce qui me touche le plus c’est la mère parce qu’elle connaitra jamais son enfant, elle part le coeur détruit, bien qu’elle fasse mine de partir en paix elle est détruite. par sa lettre elle donne les armes neccessaire a son fils d’affronter la réalité qui s’ouvrira a lui, elle lui donne une raison de s’accrocher, d’esperer encore

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