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MONSIEUR PØCKPÄ

D.I.V.O.R.C.E

février 23, 2013 9:02 Publié par

Ce jour-là, nous étions lundi, le premier jour de la semaine .Le jour où personne n’a envie de quitter la douilletterie de son lit mais y est contraint. Le jour où les visages se font noirs et les mines orageuses. Lundi, le jour le plus énervant qui soit. Lundi, c’est aussi un jour idéal pour raconter des mythos qui ne valent pas mieux qu’une pièce de cinquante francs CFA et tenter de les faire gober à son épouse. Allez demander à mon [futur ex] beau-père lui sait ce que c’est. Normal, c’est un expert en la matière.

– Chérie, Je ne rentrerai pas ce soir alors, ne m’attendez surtout pas pour dîner. Nous sommes tellement débordés au bureau qu’une journée ne suffirait pas …Ce sont les douze travaux d’Hercule qui m’attendent.

William Kouassy, le très cher et tendre [futur ex] mari à ma mère mentait comme un homme africain qui respire avec ses grosses narines épatées – Cela peut se comprendre, les hommes mentent pour sauver leur peau- Pas besoin d’avoir le quotient intellectuel d’Albert Einstein pour savoir où son mensonge matinal allait le conduire : Entre les cuisses charnues de sa secrétaire de maîtresse où il irait se blottir comme un gros bébé en couche-culotte. Ma mère bouillonnait d’envie de lui arracher les yeux et de lui griffonner ADULTERE en grands caractères sur le front avec ses ongles sublimement manucurés mais elle ne voulait pas avoir à recueillir son sang malpropre d’infidèle chevronné et s’en salir les mains. Il parlait encore et encore mais que dis-je ? Il mentait. Maman ne lui prêtait aucune attention. Elle n’écoute pas les menteurs. Elle était couchée dans le lit conjugal où il ne se passe plus vraiment rien .Vêtue d’une nuisette en soie rose de Victoria secret, elle lisait les misérables de Victor Hugo. Quand à cet idiot qui lui servait de mari, il se tuait à chercher la cravate qui serait la mieux assortie à son costume dans le dressing. -Chérie, j’ai vraiment l’embarras du choix et je ne sais vraiment pas laquelle de ces deux cravates s’assortirait  le mieux à mon costume. Si tu étais à ma place tu choisirais laquelle ? La rose ou la verte ?

Ce fut la première fois en trois ans et demi de vie maritale que William demandait l’avis de ma mère pour un souci d’ordre vestimentaire. Une grande première! Sonnez des trompettes ! A ce moment précis, tout ce que maman désirait, c’était de sauter de son lit tel un puma qui surgit de nulle part et de lui faire avaler ses maudites cravates italiennes. Donatella Versace et Giorgio Armani m’excuseront d’avoir proféré des damnations à l’encontre de leurs créations mais mon beau père est un bel enfoiré. Il mériterait sans aucun doute la certification ISO 9001 2000 en tant que Womanizer-coureur de jupon-professionnel. Lorsqu’il aperçoit une paire de seins rebondis ou un incroyable fessier dans son champ de vision, monsieur s’empresse de draguer la propriétaire comme si on l’avait programmé pour cela : draguer ! Maman répondit sans le regarder. -T’as qu’à mettre la rose. -Merci mon amour.

Mon amour, il venait de l’appeler mon amour. Cela faisait tellement longtemps qu’il ne l’avait pas fait. Ce qu’il peut être adorable lorsqu’il est en mode Mytho. Il a presque failli m’émouvoir. William terminait de nouer son nœud de cravate mais Maman voulait apporter son grain de sel. Elle posa son livre sur la table de chevet et se leva du lit. Elle s’avança tout doucement -Laisse-moi faire lui lança t’elle en dénouant le nœud de cravate qu’elle allait renouer à sa manière. Elle serrait comme jamais son cou de goujat et d’autruche. Ce qui lui procurait un immense plaisir : Celui de la douce mais martyrisante torture. –Mais Leona, qu’est que tu fais ? C’est trop serré. Tu m’étrangles …

Maman se prit de pitié pour lui et dénoua le nœud pour finir par le tirer par la cravate. Visages rapprochés et scène similaire à ces feuilletons débiles à l’eau de rose ou les personnages censés être amoureux doivent s’embrasser à s’en arracher les amygdales. Vous voyez un peu ? Non ? Je ne vais tout de même pas vous faire un dessin … Lorsque les lèvres de maman effleurèrent celles de William, une odeur vint se frotter aux parois de ses cavités nasales. Une fragrance, un parfum de femme. « Madame » de Jean Paul Gauthier pour être précise. Evidemment, la bise fut de courte durée -Tu sens du Jean-Paul Gauthier ! Tu mets des parfums de femme maintenant ? rageait maman dans un râle qu’elle tentait tant bien que mal d’étouffer. Elle s’éloigna lentement de sa face de rapace cancéreux. Elle se claqua les doigts en le regardant d’un air colérique. Comme si un ouragan allait ravager la pièce. Je n’aurais pas aimé être à la place de William. Quand Maman est en colère, c’est pire qu’un éclair qui transperce le ciel. William tremblotait sur ses deux pattes. Il reniflait sous ses aisselles. Il bégayait comme une poule qui caquète. -ché-ché- chérie. Euh Ben en fait, cé-cé-cé un cadeau de ma secrétaire. Je-je-je n’avais plu-plu-plus d’eau de Cologne alors elle s’est proposé de m’offrir le sien.

Elle s’est plutôt proposé de laisser son empreinte odorante oui ! Maman serra ses mâchoires et le fusilla du regard. -Ah William ! Mon petit William ! Je vois que tu es passé à autre chose… – Que veux-tu dire par là ? -Ne joue pas aux innocents. Cela ne te donne pas plus fière allure que celle d’un caniche qui a perdu toute sa pilosité. Tes mensonges ont une telle profondeur que j’en ai même des indigestions. -Je ne vois toujours pas où tu veux en venir mon amour…. -Ne m’appelle plus mon amour !

Retournement de situation. On passe de l’épisode romantique à celui d’une prise de catch; plaquage mural. Maman plaqua William contre le mur et le saisit par les cols. -Plus jamais t’as compris ? Plus jamais ! Continua-t-elle en furie ; je ne suis plus ton amour. Cela fait deux ans, six mois, trois semaines, cinq jours, elle inspecta un moment sa montre avant de continuer six heures, douze minutes, quinze secondes et dix tierces que tu t’envoies la secrétaire de direction. Cette vieille cougar pleine de botox…Je n’aurais jamais imaginé que tu sois aussi bête et que tu aies un tel manque d’élégance et de respect à mon égard parce que sinon, tu aurais choisi une personne de ma pointure et pas cette « freshnie » défraichie. Si tu savais comme tu me dégoûtes … Maman finit par le lâcher et tapota doucement son costard qu’elle avait froissé .Elle s’avança une dernière fois vers lui, lui baisa légèrement la joue en lui chuchotant tendrement à l’oreille: William chéri, je demande le divorce….

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Cet article a été écrit par MONSIEUR PØCKPÄ

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Comments (17)

  • Licka choops 23 février 2013 à 9 h 52 min

    Ton histoire c’est de la pub pour grande marque? j’ai eu l’impression que tu racontais un scène de film que tu avais vu. Parce que l’idée est là mais c’est mal developpée pourtant il y’a la une pointe d’humour mais qui n’a meme pas pu me faire arracher un sourire. Enfait je sais pas d’ou vient le hic mais pour moi y’a un hic tu aurais pu mieux expliquer, mieux écrire, et donner du suspense parce que déjà avec ton titre on sait qu’il y’aura un divorce. Un ton narrateur qui est til? une fille? un garcon?

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  • Licka choops 23 février 2013 à 13 h 02 min

    j’oubliais bienvenue chez toi et courage ici on s’améliore vite

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  • Hanielophir
    Hanielophir 23 février 2013 à 13 h 34 min

    Bienvenue à Armie Pockpa et tous mes encouragements pour la suite. Comme l’a dit Licka, t’a vraiment pas donné du suspense. En tout cas moi, quand j’ai lu le titre « D.I.V.O.R.C.E », je me suis empressé de lire le texte me disant que ce titre cachait autre chose, surtout avec la séparation des lettres avec des points. Peut-être que tu m’expliqueras pourquoi tu as choisi d’écrire le titre ainsi!

    Il faudrait que tu essaies aussi de voir au niveau de la concordance des temps. Je sais de quoi je parle car on m’a beaucoup tiré les oreilles là dessus lors de mon premier texte ici, et à juste titre d’ailleurs. Par exemple: « Maman ne lui prêtait aucune attention », là nous sommes à l’imparfait, et à la suite, « Elle n’écoute pas les menteurs », on passe au présent, et juste après « Elle était couchée dans le lit conjugal… », on revient à l’imparfait et dans la même phrase, à la suite, « …où il ne se passe plus vraiment rien », on passe au présent.

    « Mon amour, il venait de l’appeler mon amour. Cela faisait tellement longtemps qu’il ne l’avait pas fait », là nous sommes à l’imparfait. Et à la suite: « Ce qu’il peut être adorable lorsqu’il est en mode Mytho », on passe au présent. Ensuite « Il a presque failli m’émouvoir », là on est au passé composé puis: « William terminait de nouer son nœud de cravate… », on revient à l’imparfait, etc.

    Il y’a tout de même de bonnes approches dans le texte, surtout avec le brin d’humour, mais je trouve exagérer la référence aux marques. Voilà ce que j’ai noté mais il ne faut surtout pas te décourager. On est tous en apprentissage donc ça va aller, forcement!

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  • Skyrocket
    Skyrocket 23 février 2013 à 13 h 59 min

    Moi j’ai bien aimé le texte parce que je n’ai toujours pas compris comment les gens arrivent à faire les descriptions. Je trouve que tu as mis l’accent sur les détails et ça me plaît, bonne arrivée Armie.

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  • Krys Closran 23 février 2013 à 14 h 25 min

    Hello Armie,

    Ce que Licka veut dire (je parle sous son contrôle) , c’est que pour un texte si court, tu as cité trop de marques… C’est vrai, j’aime la pub… Mais bon…

    De plus, je pense que dans ce texte, tu n’as pas été sincèrement TOI. Je m’explique, essaie de prendre un sujet qui te tient véritablement à coeur. Un truc que tu as vécu ou dont tu es sensible et mets sur papier toutes les émotions qui te submergent. Tu verras que ton texte sera plus fort et plus profond. Ici, tes personnages sont empruntés, caricaturaux… Tu as parlé d’un sujet dont tu ne maîtrises pas toutes les nuances.

    Quand on écrit, on se livre un peu… Ici tu te t’es pas livré…

    Je suis sûr que le prochain texte sera meilleur…

    J’ai vraiment hâte de te lire à nouveau! 😉

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  • Manu Manuh 23 février 2013 à 14 h 43 min

    Ce texte, je apprécié le lire.

    C’est une nouvelle, une vraie. L’auteur respecte les caractéristiques d’une nouvelle littéraire. Le schéma narratif est cohérent:

    – Situation initiale
    – Élément déclencheur
    – Développement
    – Dénouement
    – Situation finale

    L’intrigue est sobre et se concentre sur une action unique. C’est le propre de la nouvelle.

    En plus, le vocabulaire est riche et varié, l’évolution est naturelle et agréable.

    En revanche, l’une des caractéristiques essentielles qui semble absente est la chute. Pour une nouvelle littéraire, la chute devrait être inattendue. C’est l’une des faiblesses de ce texte; la chute est trop visible. Au demeurant, elle est même déjà annoncée par le titre!

    Armie Pockpa, trouver un autre titre qui n’évoque pas le divorce aurait rendu le dénouement plus imprévisible, plus sensationnel.

    On pourrait faire quelques petites autres remarques à ce texte: la concordance des temps, la ponctuation. « Donatella Versace » , « Giorgio Armani » … ces longues dénominations ne sont pas, à mes yeux, très utiles pour la compréhension et l’évolution du texte.

    « elle lisait les misérables de Victor Hugo », une petite majuscule au titre des romans serait plus correcte.

    D’autre petites coquilles émaillent ce texte, et l’auteur saurait les rectifier.

    En somme, en dépit de quelques réserves, ce texte est une bonne nouvelle. Vocabulaire varié, schéma narratif cohérent.

    Pour un coup d’essai, c’est un coup de maitre! Presque.

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  • Licka choops 23 février 2013 à 19 h 00 min

    Armie chapeau si au premier essaie tu as réussit a convaincre manu alors là tu feras des prouesses lol

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  • Armie Pockpa 26 février 2013 à 14 h 27 min

    Merci encore pour tous vos conseils et excusez mon retard … je suis la toujours sous le clou de l’emotion. Merci pour tous vos mots gentils. @Licka Choops oui cette histoire de marques…. Mais non , ce n’est pas de la pub c’est un de mes défauts descriptif et non, ce n’est non plus une scène de film en fait, j’aimerais plus tard devenir réalisateur ou scénariste. je ne sais ps si c’est ce qui a joué sur le texte en fait… , j’ai tendance a exagérer .@Hanielophir La encore j’ai du mal mais bon… je crois que ça va changer je vais travailler beaucoup la dessus.
    @Skyrocket Mireille Silué Meeeeeeeeeeeeeeeeeerci Je t’adore ma miry =)
    @Krys Closran Détrompe toi , parce que ce texte est plus intime que tu ne le crois .. on en parlées plus tard sur FB.@Manu Manuh Merci Manuh .
    A vous tous j’ai écrit, je me suis simplement laissé guidé par mon imagination qui est sans cesse en ébullition comme une coupe de champagne mais avec une boisson gazeuse a la place du liquide alcoolisé quoi =)
    Merci de m’avoir accueilli aussi chaleureusement …….
    Armie Pockpa
    The Writter
    xpxp

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  • Licka choops 26 février 2013 à 21 h 02 min

    on a la meme ambition c’est cool

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  • Kitchin
    kitchin 27 février 2013 à 13 h 05 min

    bienvenue à Pockpa, ton texte est bien interessant malgré les points de faiblesses relevés par les uns et les autres. Moi j’ai constaté que tu aimais bien faire des comparaisons. Sinon bonne continuation..

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  • Armie Pockpa 27 février 2013 à 16 h 55 min

    ]Licka Choops Tu aimerais devenir scenariste aussi ?
    @Kitchin Merci encore , ce sont justement ces faiblesses la qui vont me permettre de m’ameliorer

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  • Licka choops 27 février 2013 à 21 h 16 min

    oui oui mais euh c’est plus qu’un reve qu’une ambition quoi parce que je sens que je serai forcé de faire du droit

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  • Armie Pockpa 28 février 2013 à 15 h 08 min

    Je ne pense pas … mais bon ce doit pas etre un obstacle pour toi =) Bonne chance moi j’ai pas encore fini de decouvrir tes ecrits donc je vais m’y mettre

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  • Marshall Kissy
    Marshall K. 28 février 2013 à 18 h 49 min

    Félicitations. Tu as une manière agréable de rendre compte des faits. Yes, I like !

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    • Armie Pockpa 10 mars 2013 à 15 h 39 min

      Merci a toi , c’est tout autant que j’apprecie tes ecrits

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  • Licka choops 28 février 2013 à 21 h 21 min

    tu as tout le temps pour découvrir les textes des uns et des autres j’espère que les miens te plairont quoiqu’il me reste à apprendre je suis comme toi pas encore au point

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  • Armie Pockpa 10 mars 2013 à 15 h 41 min

    Bien dit, mais sache avant tout qu’il n’y a pas de mauvais ecrivains. merci encore pour tous tes conseils

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