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Pascaline Ahissi

COUPABLE

février 27, 2014 12:10 Publié par

23 heures 30 minutes quand je tournai la clé dans la serrure du portail de ma demeure, la cour était plongée dans le noir, j’ouvris le grand portail et fit entrer ma voiture. La maison était plongée dans un calme de cimetière. Je traversai le salon sans éteindre la télévision qui était encore allumée, tellement j’avais envie d’aller à la salle d’eau. Après m’être soulagée, je profitai pour me relaxer dans la baignoire une vingtaine de minutes sur la douce mélodie I WILL ALWAYS LOVE YOU de la défunte WHITNEY HOUSTON, mélodie que je remis plusieurs fois tant ma joie était grande. Heureuse je l’étais.

Une fois l’interrupteur de la chambre actionnée après mon temps de relaxation, je dû m’accrocher au meuble de la télévision tant ma découverte m’électrocuta. Là sous mes yeux, mon époux Charles Philippes, la bouche ouverte et la langue tombante, inerte sur le tapis de la chambre, recroquevillé sur lui-même. Je restai figée un moment sans savoir quoi faire puis je me précipitai sur mon sac pour récupérer mon portable afin d’appeler la clinique pour qu’elle fasse venir urgemment une ambulance. Dans l’attente, je fis un tour dans la chambre des enfants, je les trouvai tous endormis. Je revins près de Charles Philippes, je pris mon chapelet mais impossible de me concentrer, à peine une dizaine égrenée que j’arrêtai. Je repris mon téléphone portable pour appeler nos différentes familles et c’est à ce moment que je vis le lumineux signalant la présence de message vocal. – Allo bébé je suis à la maison, j’ignore où tu es à l’instant mais rentre s’il te plait, je ne me porte pas bien, j’ai dû quitter le dîner. J’ai le cœur qui bat si hâtivement que j’ai l’impression qu’il va s’arrêter sur le champ. Bébé rappelle-moi s’il te plait, j’ai besoin de t’entendre, de te parler. J’ai peur bébé, j’ai peur maman.

Mes larmes coulaient le long de mes joues comme coule l’eau de la rivière, j’étais peinée, et malheureuse, en une fraction de seconde je suis passée de la femme débordante de joie à celle pleine de tristesse. Qu’ai-je fais ? Mon DIEU qu’ai-je fais ? Il était 21 heures quand je quittais la maison après le dîner des enfants. Charles Philippes avait prévenu qu’il rentrerait après minuit à cause d’un dîner avec ses patrons et des partenaires. Je profitai de cette aubaine pour rejoindre un ami.

Maël Demeideros, Directeur du réseau particulier d’une des prestigieuses banques de la place était mon ami depuis plusieurs années. Notre rencontre se fit lors d’un séminaire dans le pays du défunt président KWAME NKRUMAH. Bel homme, amusant et serviable, cet homme avait réussi à faire chavirer mon cœur. Je savourais chaque minute passée avec lui. Nos rencontres étaient toujours des moments de joies, de fous rires et d’intenses émotions. Même si nous ne pouvions nous voir à cause de nos emplois du temps, nous nous retrouvions sur les réseaux sociaux pour discuter pendant des minutes ou simplement par texto. J’avais une grande estime pour ce monsieur et aussi un profond amour que je cachais au fond de mon cœur. Je savais qu’il ressentait la même chose pour moi mais vu la situation de chacun, nous mettions notre amour dans la tombe. Cependant ce soir, voulant se retrouver pour dîner et passer un bon moment ensemble, tout bascula.

Quand nos corps se touchèrent, nous dansions au rythme de la chanson I WILL ALWAYS LOVE YOU qui fit véritablement connaître la défunte star WHITNEY HOUSTON. Nos cœurs se serrèrent et sans le prévoir nos lèvres se touchèrent pour la première fois. Mon cœur battait comme celui d’une adolescente. Tous mes sens étaient sens dessus dessous, je vibrais comme jamais, oh mon DIEU, me suis-je dis, j’aime cet homme à en mourir, pardonne-moi. Et quand ses mains effleurèrent ma poitrine restée ferme malgré mes deux maternités, mon adrénaline monta. La suite vous pouvez la deviner.

Le deuxième message que Charles Philippes m’envoya 50 minutes après me fit comprendre que j’étais coupable de sa mort. – Maman, me disait-il, il aimait m’appeler ainsi quand il était dans le besoin, je crois que ma respiration s’entrecoupe, je respire difficilement, au secours, au secours je m’étouffe, ma bien aimée ou es-tu ? Je meurs, je meurs amour de ma vie, je t’aime et je t’aimerai même dans la mort.

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Cet article a été écrit par Pascaline Ahissi

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Comments (5)

  • Ange le paradisiaque 28 février 2014 à 7 h 59 min

    Belle nouvelle. C’est vrai qu’on devine aisément la fin mais ce qui compte c’est que ce texte est un chef d’oeuvre. Merci et bravo à toi.

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  • PASCALINE AHISSI 28 février 2014 à 8 h 58 min

    Merci ANGE le paradisiaque, ravie que tu ai apprécié.
    la prochaine fois, il y aura plus de suspenses.

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  • Inès ACKA 28 février 2014 à 16 h 00 min

    Je ne te savais pas si forte et Romantique, Bravo et Dieu fasse que tu nous sorte un Roman pour lire la fin.
    Doublement BRAVOOO

     Reply
  • M.C AGNINI
    M.C AGNINI 1 mars 2014 à 17 h 43 min

    La narration est bien menée mais comme l’a si bien dit Ange, la chute reste un peu trop évidente sinon bravo. Une grande leçon en ressort, je pourrais la résumer en ces mots (emprunté au rappeur Kery James) : « On ne prend pas le temps de donner du temps à ceux qu’on prétend pourtant aimer tant.
    Merci Pascaline pour ce moment d’évasion. »

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