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Shannen Rimphrey

COMME UN SIGNE…

novembre 20, 2012 6:02 Publié par

Tu sais ma Marjorie, cette lettre que je t’écris, tu ne la recevras sûrement jamais. J’ai juste tenu à ce que tu l’aies, histoire de décharger ce lourd fardeau que j’essaie de garder depuis déjà une dizaine de jours.

Notre amour je l’avoue était bien particulier.  Je me rappelle qu’assise sur mon ordinateur portable, j’ai reçu une invitation péremptoire d’accepter une amitié. Amitié que je ne me sentais pas encore capable d’accepter car, à trop entendre parler de toi, j’ai commencé à te redouter.

Le temps de l’acceptation passé, nous nous sommes découvert des passions communes. Tu m’as montré tes valeurs, je t’ai montré les miennes. On a discuté de sujets qui nous concernaient réellement. On a discuté de lui. Nous nous sommes suffisamment disputées pour ses faveurs.

Je ne t’ai peut-être pas connu pour de vraie Marjorie, mais les souvenirs que je garde de toi restent intenses. Notre première rencontre, explosive m’a démontré ton punch, ton énergie, ton envie de vivre. Tu étais splendide, forte et digne. Tu te battais pour ceux que tu aimes et spécialement contre moi, pour lui. Tu l’aimais plus que de raison. Moi aussi pareillement. Tu ne reculais devant rien, te battant pour son bien-être, pour qu’il soit heureux, en paix, libre. Telle une lionne tu défendais ton beau monde ma Marjorie.

Moi, dans mon coin et en silence, je t’admirais. Comme une lionne blessée  tu ne manquais jamais de sévir et de punir. Je m’imprégnais de ta force, de ton courage, de ton caractère. Tu étais impénétrable mais tellement disponible pour nous! Je t’ai admiré et respecté pour ton franc-parler. Je t’ai envié pour cet amour qui vous liait. Je t’ai, je l’avoue, souvent jalousé pour tout cela.

Mais le respect et la sympathie que tu as su sans le vouloir m’insuffler m’empêchaient parfois de tout lâcher. Comme une soeur, pour moi tu resteras à jamais dans mon coeur et dans ma mémoire. Je m’efforcerai de conserver précieusement ce peu de souvenir de toi qui me donne conscience de ce que devrais être ma vie à présent. Toujours gardant le souvenir de toi, de ta voix, de ton regard encré au plus profond de mon être.

Tu sais Marjorie, on ne reconnait pas les instants marquants de nos vies au moment où on est en train de les vivre. On s’habitue à tout: les choses, les idées, les gens, mais on ne se rend pas compte de notre chance parfois de les avoir avec nous. C’est seulement quand on risque de perdre quelque chose qu’on réalise à quel point on y tient, à quel point on en a besoin, à quel point on l’aime. La tomate et le piment sont rouges mais n’ont pas le même goût, l’un est délicieux, l’autre pique … de la même manière, les gens n’ont pas la même importance dans nos vies ni les mêmes effets.

Toi Marjorie, tu as été exceptionnelle!  Je me souviens de ta lettre, simple, belle, trop belle. Tu me disais adorer cette amitié entre nous trois, cet amour. Tu disais vouloir nous envoyer une dernière fois au « Nicky Nick », notre pizzeria préférée, lieu de nos rencontres, lieu de nos rendez-vous noctambules avant nos virées abidjanaises. Tu me disais de faire un peu plus attention à moi. Tu me demandais de veiller sur Rodrigue notre amour. Tu me demandais de te le promettre…

Je n’arrive pas à croire Marjorie que tu sois partie sans un dernier regard pour nous. Après nous avoir laissé cette lettre pleine d’espoir, tu as disparue. Tu n’as pas voulu nous voir avant de partir. Tu t’en es allée seule…

Si tu savais combien mon coeur se déchire en t’écrivant cette lettre. Mais il fallait que je me vide, que j’exprime ma peine, ma déconvenue. Je l’avoue sans me cacher, j’ai pleuré comme un bébé, malgré le lieu où je me trouvais et le rang que j’occupais. Je n’ai pas pu retenir mes larmes. Je n’ai pas pu parce que j’ai pensé à tous ceux que tu as laissé derrière toi: Rodrigue, Nathanaël, Aline, Pulcherie, tes amies, ta famille,… moi!

Je t’avoue que j’ai maudit cette voiture et son conducteur de t’avoir arraché à nous. Je l’ai doublement maudit et je sais que nous tous l’avons fait. Il nous a pris notre bien le plus précieux sans crier gare: toi ma Marjorie.

Aujourd’hui, assise devant ce policier que j’avais envie d’étrangler de mes mains parce qu’il ne comprenait pas ma douleur,  je me suis encore demandée pourquoi toi. Pourquoi toi parmi tant d’autres? N’y avait-il pas quelqu’un d’autre sur cette satanée voie du nouveau pont d’Angré? Ce conducteur ne savait-il pas que tu avais des personnes qui t’aiment et espèrent en toi? Ne savait-il pas que tu avais un fils de trois ans que tu aimais et qui t’aimait?

Une seule chose que j’espère de tout mon coeur, c’est que l’on puisse te retrouver saine et sauve pour que nous puissions fêter à nouveau les vicissitudes de cette vie.

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Cet article a été écrit par Shannen Rimphrey

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Comments (7)

  • Skyrocket
    Skyrocket 21 novembre 2012 à 10 h 51 min

    Waouh! Si j’ai bien compris, il s’agit de deux rivales qui sont devenues amies? A la fin tu parles de la retrouver saine et sauve, alors que j’ai l’impression qu’elle est déjà morte. Tu peux m’expliquer?

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  • Shannen Rimphrey
    Shannen Rimphrey 21 novembre 2012 à 16 h 07 min

    Cette impression est réelle car celle qui écrit la lettre ne sait pas dans qu’elle état se trouve Marjorie. et oui, ce sont deux rivales qui ont fini par devenir amies. Marjorie en réalité a été enlevée et personne ne sait où elle se trouve. tous la pensent morte.

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  • Skyrocket
    Skyrocket 21 novembre 2012 à 18 h 03 min

    Ah ok! Moi j’ai plutôt pensé à un accident de voiture. Tu devrais faire une suite alors pour étayer les faits, ce serait bien

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  • Licka choops 22 novembre 2012 à 10 h 12 min

    ce qui est beau avec l’écriture c’est que c’est nous dieu on donne les traits qu’on veut la personnalité qu’on désire et le destin de nos personnages, et deux rivales qui s’aiment autant!! bravo cela montre une imagination grandiose
    j’étais un peu confuse,mais vu tes explications a skyrock je vois mieux et une suite serait la bienvenue a ce texte pleins de mystère bravo j’aime beaucoup le fond de l’histoire

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  • Manu Manuh 18 janvier 2013 à 18 h 36 min

    Ta plume semble décidément bien trempée dans l’encre de l’amour et des sentiments!

    Tu as l’imagination débordante, mais ce coup-ci est un cran au-dessus. J’ai relu ce texte plusieurs fois et de nombreux aspects me paraissent toujours obscurs:

    – Deux rivales qui se témoignent un amitié si grande, c’est invraisemblable.

    – La victime semble emportée dans un accident de la circulation, et voilà que la narratrice espère la retrouver « saine et sauve ». C’est invraisemblable.

    – Une lettre adressée à une personne disparue. C’est encore plus invraisemblable.

    Peut-être qu’une description du contexte, à l’entame de cette lettre, nous aurait aidés à mieux la comprendre.

    Les principales fautes qu’on observe sont l’accord du participé passé employé avec l’auxiliaire avoir:
    « Je ne t’ai peut-être pas connu » connuE

     » et son conducteur de t’avoir arraché à nous » arrachéE

    « je me suis encore demandée pourquoi toi » demandé

    Le message que véhicule cette lettre est difficile à cerner. Cette lettre ne semble pas autre chose qu’un tire-larmes.

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  • Manu Manuh 18 janvier 2013 à 18 h 48 min

    Je relis mon commentaire et j’observe une coquille: « une amitié si grande  » au lieu de « un amitié si grande ».
    j’écrivais ce commentaire avec un autre œil rivé sur la télé.

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  • Licka choops 18 janvier 2013 à 18 h 56 min

    écrire c’est fait parler son imagination,et dans l’imagination y’a rien qui est invraisemblable puisque c’est un monde qu’on imagine comme on veut. Et écrire à un disparu c’est relever ses sentiments c’est dire ce qu’on a sur le coeur alors là encore je ne te comprends pas manuh.
    Ton esprit est peut etre trop réaliste pour s’accorder avec le notre parce que jamais je n’ai lu de toi un commentaire sans critique négative.

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