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Mélissa Guéi

CE THOMAS

septembre 18, 2013 10:52 Publié par

J’avais dans ma gorge et dans mes mots, tout ce qui aux bords de mon cœur ne pouvait se contenir. Ces excédents d’amour, de frustrations, de peur, de tendresse. Et il m’arrivait parfois de les lui lâcher. Comme ça. Comme on ne saurait retenir un hoquet ou un rire. J’étais ce trop plein d’émotions débordantes et bouillonnantes dès lors que j’avais ses yeux, son visage en face de moi. C’était plus fort que moi et j’aimais ça. Etre ce petit bout d’être vivant. Peu de choses pendant ces instants ne pouvaient avoir de plus grandes importances. Il était là. Et c’était bien tout ce qui m’importait. J’avais ses yeux et son visage en face de moi. C’était plus fort que moi et j’aimais cela. Mon Dieu! J’adorais ça. Etre la seule chose qui comptait pour lui. Le fait qu’il n’ait que lui qui compte pour moi. Me lover dans ses bras, lui crier de toutes mes forces qu’il était la vie de ma vie. Wow. J’étais en train d’atteindre la félicité à chaque fois que ses lèvres effleuraient les miennes. Mon Dieu comme, c’était bon comment il savait s’y prendre. On aurait dit qu’il avait fait ça toute sa vie. Et il avait fait ça toute sa vie. Mon homme était un « arnacoeur ». Je le savais. Je savais qu’il savait que je savais. Mais mon cœur lui, n’en savait rien. Emporté par cette candeur infantile, chaque jour, plus que la veille, moins que le lendemain, mon cœur battait au rythme du clignement des yeux de Thomas. Je l’aimais. J’aimais l’aimer. Même si je savais qu’un jour ou l’autre, une seconde ou l’autre, cette seconde ou celle d’après, notre aventure allait prendre fin. Nous ne vivions pas une histoire d’amour. C’était bien une aventure. Rythmée de péripéties et de rebondissements, de passions privées de raison, de battements de cœur, de larmes qui coulent, de sourires en forme de banane, d’hypocrisie et de trop de vérités pas toujours bonnes à savoir. Le jour où j’ai su que Thomas n’était qu’un gigolo, un mannequin prêt à aimer- ou au moins à le faire croire-, j’ai refusé de le croire et j’ai continué à l’aimer. Voilà tout. Je l’ai pourtant vu dans cette espèce de putoir à putain […] Mais peu importe. Je lui ai dit que je savais, il n’a pas bronché. Aucun sourcil ne s’est haussé. Aucun. Il s’en foutait. Il m’a juste volé un bout de mémoire contenu dans un bisou. Mon Dieu. On aurait pu l’appeler Alzheimer ce mignon connard de Thomas.

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Cet article a été écrit par Mélissa Guéi

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Comments (5)

  • Licka choops 20 septembre 2013 à 14 h 20 min

    lol c’est une belle histoire qui me donne envie d’etre amoureuse! c’est vrai que les filles sont masos et aiment les mauvais gas. J’aime beaucoup j’ai joliment raconté

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  • Licka choops 20 septembre 2013 à 14 h 28 min

    pardon je voulais dire c’est joliment raconté au lieu de « j’ai »

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  • Kitchin
    kitchin 23 septembre 2013 à 13 h 36 min

    une histoire qui tient en haleine, bravo

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  • Marshall Kissy
    Marshall K. 23 septembre 2013 à 14 h 44 min

    C’est beauuu Mélissa !
    Quelques remarques:
    « C’était plus fort que moi et j’aimais ça » La répétition de cette même idée, deux lignes plus loin, en remplaçant simplement « ça » par « cela » produit un très bel effet, de rythme notamment ! C’est agréable. Aussi, la concision des phrases, colore ton texte d’une certaine fragrance…
    Ce jeu de sonorité suivant m’a aussi plu : pourtant vu dans cette espèce de putoir à putain […] Mais peu importe ( allitération en « p ».
    Mais quelques coquilles:
    Mon cœur lui, n’en ( mon coeur, lui, )
    Le fait qu’il n’ait que lui ( le fait qu’il n’y ait)
    grandes importances (grande importance)
    MERCI

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  • Melissa Guei 24 septembre 2013 à 18 h 36 min

    Merci beaucoup 🙂

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