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Kitchin

CE QUE JE VOUS LAISSE

novembre 22, 2012 4:00 Publié par

Richissime homme d’affaire, vénéré dans la ville, papa modèle, mari exemplaire, il n’avait qu’un seul souci, mettre les siens dans les meilleures conditions, permettre à ses enfants d’étudier dans les écoles dont il n’avait même pas eu la chance longer les murs. Mr Freeman  était un homme qui voulait laisser après son passage des traces indélébiles.

 Originaire d’un pays voisin de la Côte d’ivoire, il s’était installé à Adjamé dans les années post- indépendances et avait papillonné de petits boulots en petits boulots. D’ailleurs, c’est lors d’un de ses nombreux voyages à l’intérieur du pays, à la vente des chaussures dans la royauté de Mohossou, qu’il rencontra sa future épouse. Elle était fille unique du roi, qui promettait monts et merveilles à celui qui voudra bien de sa fille, car, elle était paraplégique et aveugle.

Freeman, trente  ans après son mariage avait maintenant un niveau de chiffre d’affaire élevé,  il était devenu maintenant le gourou, militait pour les causes sociales, était impliqué dans toutes les actions sportives et éducatives de la ville au point qu’il accéda au poste du premier magistrat communal. Les années passaient et  les critiques pleuvaient de partout sur la morphologie de sa femme. Malgré tout Monsieur le maire disait que c’était la femme qu’il aimait,  et qu’il avait décidé de faire sa vie avec elle  jusqu’à la mort.

Le temps s’écoulait doucement et la fortune s’agrandissait exponentiellement, la famille qui était de trois enfants passait maintenant à une dizaine de têtes, dont sept garçons et trois filles.

Tous avaient reçu de la part de leur père une éducation de qualité, même s’ils se dérobaient parfois des précieux conseils, pour laisser libre cours à leur envie et laisser errer par moment leur instinct d’animal évolué.

La vieillesse arrivant, tous les enfants, tous sans exception s’intéressaient de prêt maintenant aux activités du père malade. Aussi bien ceux qui avaient refusé les études au Québec, car resté sur place leur permettrait de mieux épier les richesses, que les intellectuels  qui avaient laissé le cocon familial pour se frotter aux températures glaciales et autres relations froides. Ainsi  dans la fratrie, des jalousies commencèrent à naître et les voix discordantes crépitaient en rejetant le plus souvent les décisions naguère prises par l’aîné et qui ne souffraient d’aucune contradiction, d’aucune opposition.

Freeman sentait la mort frapper très prochainement à sa porte et s’inquiétait du devenir de sa postérité, de ses enfants qui se regardaient non plus en frères, mais en chiens de  faïence. Ils n’attendaient que le signal de l’ange de la mort pour commencer à se déchiqueter. Lors de la dernière visite chez le cardiologue, son pronostic vital lui avait été communiqué et il n’en avait plus pour longtemps. Juste un mois pour vivre tous ces rêves, réaliser toutes ses envies et donner les conseils qu’il n’avait pu donner du haut de ses soixante-dix ans. Le temps était compté, et son état de santé s’empirait, mais personne à part sa chère et tendre épouse n’avait été informé de son départ futur, même la fratrie qui s’était réunie comme un seul homme en apparence pour faire plaisir à papa mourant, pour qu’il retrouve un peu de sourire, qu’il ait le cœur léger dans ses périodes de maladie.

Les jours passaient, les nuits se succédaient et l’état médical se radicalisait toujours. Freeman pris un soir son stylo et une  feuille pour écrire lui-même son testament. Deux jours plus tard, il rendît l’âme et les enfants, pressés de fouiller dans les affaires du défunt père pour retrouver les documents des nombreuses maisons et d’éventuelles dossiers bancaires, tombèrent sur une enveloppe sur laquelle était écrit, « à vous mes enfants ».

Ils s’empressèrent de le lire très vite  et le cadet commença la lecture.

<<  C’est couché sur mon lit de mort, la vie m’échappant à l’horizon,

Que j’écris, sans un aucun auxiliaire de justice, cette lettre peu ordinaire

C’est dans le souci de lever tout amalgame, toute querelle,

Que je conte mon testament, mes enfants,

Pas de problèmes de chiffres, vous n’aurez rien à déchiffrer,

Pas de problèmes de lecture, vous n’aurez rien à lire,

Pas de souci de partage, chacun je crois a déjà sa part,

Je vous laisse  en héritage mon nom,

Je vous laisse en patrimoine le bilan de mon vécu,

Je vous lègue  cette famille comme propriété, prenez en soin, tous sans exception,

Personne ne viendra vous dérober, prendre, exproprier cette caisse de conseils,

Personne ne pourra se prévaloir même avec testament à l’appui, la propriété de ce coffre fort rempli de votre éducation,

Personne n’arrivera même avec l’or sous toutes ses couleurs à recolorer vos valeurs, vos principes d’alors,

La fortune que je vous laisse, le capital que je vous laisse, les actions que je vous transmets en héritage ne sont ni plus, ni moins, que vous-même,

Soyez en sûrs mes enfants, vous, rassemblés, solidaires, bien investis, bien capitalisés  porterez  intérêts,

Ne pleurez pas, séchez vos larmes,  la mort bien que m’emportant ne pourra tuer en moi ce sentiment de mission accomplie.

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Cet article a été écrit par Kitchin

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Comments (6)

  • Chris 22 novembre 2012 à 20 h 17 min

    Joli mais g reste un peu sur ma faim hein… Y’a-t-il une suite?
    Sinon pourquoi préciser que seule la mère n’était pas au fait de l’état de santé de son mari?
    Est-ce qu’il a donné tous ses biens à des associations ou autres de sorte que les enfants n’aient rien de lui à part le nom, la famille, l’éducation et les conseils?
    Sinon je pense ke cette belle lettre n’arrêtera sûrement pas les plus cupides…

     Reply
  • Chris 22 novembre 2012 à 20 h 19 min

    Mais vous contez vraiment bien l’histoire et elle m’a accroché des le début. Je trouve le sujet intéressant. Tous mes encouragements.

     Reply
  • Licka choops 23 novembre 2012 à 22 h 01 min

    Belle histoire,moi je retiens les valeurs de ce pere ses principes bravo

     Reply
  • kitchin 26 novembre 2012 à 10 h 00 min

    thanks licka , c’est bel et bien ça qui mérite d’être retenu

     Reply
  • Shannen Rimphrey
    Shannen Rimphrey 26 novembre 2012 à 14 h 27 min

    Lol…je m’attendais un peu à cette fin. il les as en tous cas bien eu. chapeau pour la belle histoire pleine de valeurs. 🙂

     Reply
  • kitchin 27 novembre 2012 à 10 h 03 min

    chris, l’histoire n’a pas suite…, mais il est claire que tous les biens reviendront aux enfants; la lettre comme tous vous avez mentionné c’est pour juste rappeller eterniser les valeurs pronées par le père sous forme écrite.

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