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Daphney Tarek

CE JOUR LA (1)

août 30, 2012 7:10 Publié par

– Mr Koity ce sera à vous dans quelques instants.

– Merci Madame.

Elle me sourit en s’éloignant. J’ajuste ma cravate. Quand je pense aux huit autres après moi… Je les plains. Cela fait plus de trois heures que j’attends. J’ai eu le temps de passer par toutes les émotions. De l’angoisse à l’insouciance, je crois que j’ai fait le tour. Je ne veux qu’une chose : rentrer chez moi.

-Mr Koity, veuillez entrer je vous prie.

La porte se referme derrière moi.

Quarante minutes plus tard…

-Mais ce fut un plaisir Mme Avon. C’est moi qui vous remercie. A très bientôt j’espère.

Je crois que j’ai eu l’entretien le plus long jusque là. Et ce n’est  pas si mal ! Mais bon. On a beau avoir passé des tonnes d’entretiens, on ne sait jamais quoi penser quand on en sort.

Je suis plutôt content tout de même.

Le centre des affaires, comme presque toujours, grouille de monde.

-Taxi ! Rivéra III, 2.500 F.

Le chauffeur me fait signe de monter après un simulacre de réflexion. J’aurais dû lui proposer moins. Mon téléphone sonne dès que je le rallume …

– Allô?

–  Tu ne veux plus me parler c’est ça ? ça fait des heures que je cherche à te joindre.

Elle ne changera jamais celle là.

– Bonjour chérie, tu vas bien ? Oui moi aussi.  Merci d’avoir demandé…

–  Tu as raison bébé … désolée.

Comment rester insensible. C’était dit avec tellement de douceur.

– J’étais à un entretien … tu sais, BCOM  la nouvelle boite de communication.

– Alors ? Ça s’est passé  comment ?

– je  pense que mes dessins leur ont plu… On attend.

– Je suis contente… Tu passes me chercher à quelle heure ?

Ah c’est vrai ! Ça m’était complètement sorti de la tête. C’est aujourd’hui l’anniversaire de sa cousine Michèle.

– Tu as oublié …

–  Qu’est ce que tu racontes ? Bien sur que je m’en souviens, c’est comme on avait dit. 20h.

–  Ok à ce soir alors ! Bisous.

–  Bisous! Ciao!

Moi qui  espérais pouvoir me prélasser dans mon lit tout le reste de la journée … c’est raté.

Une douche rapide … Quel cadeau vais- je pouvoir acheter à Michèle ?

Ah! Etre avec une femme c’est vraiment être avec toute sa famille… mais qu’est ce que je ne ferai pas pour Amy.

L’année dernière,  cette idée n’aurait jamais effleuré mes pensées. Même aujourd’hui j’ai encore du mal à le croire. Longtemps ma réputation m’avait précédé. « Quand Marc passe, les filles trépassent ». Les femmes ne méritaient pas plus de considération que ça de ma part.

Je l’ai rencontré pendant l’une de mes virées. Elles étaient venues en meute, ses amies et elle, une belle meute. C’était la plus euphorique, elle dansait sur toutes les chansons et incroyablement bien ; c’est surement ce qui avait attiré mon attention et celle de toute la boite en fait. Ça avait été un jeu d’enfant  d’obtenir son numéro. Deux semaines chrono et  elle sortirait de mon lit pour ne jamais plus y entrer…

2 ans bientôt, que j’avais  compris qu’il existait des femmes qui entraient dans nos vies pour ne plus jamais en sortir…

Mais ce n’était pas faute d’avoir essayé … on ne change pas un chaud lapin du jour au lendemain.

Au début, je n’avais pas arrêté de sortir, donc de draguer naturellement… mais je l’aimais bien Amy. On avait donc convenu d’un genre d’arrangement, de relation libre. Elle ne me stressait pas, moi non plus. En plus c’était pratique d’être avec elle. Je profitais de sa voiture, j’avais même le double des clés de son appartement. Quand elle partait pour ses colloques de médecine, j’étais bien équipé pour n’importe quelle conquête et j’avoue que ça leur plaisait  bien, après avoir été au frais dans « ma jeep » d’être invitées « chez moi » pour un dernier verre….

-Je suis épuisée… Home sweet home !  soupirait Amy en entrant dans son appartement

Elle fut accueillie par  « Baby let me hold your hand » de Ray Charles. Rien  de mieux  pour se détendre. Elle adorait cette chanson.

– Marc  doit être là, se murmurait-elle  en souriant.

– Bébé ?

Je l’aurais peut être entendue rentrer si l’autre fille n’exprimait pas son plaisir aussi bruyamment. Amy  était là, figée. A sa place je crois que j’aurais pété les plombs, rien que pour l’affront : la tromper d’accord mais le faire dans son lit.

Je n’ai pas eu de mots à dire, elle n’en a dit aucun elle non plus. Tout ce qu’elle m’a laissé voir avant de se retourner, ce sont les  larmes qui  perlaient  sur sa joue et je vous jure que sur le coup, j’aurais préféré recevoir dix mille claques à la place.

L’autre fille s’est rhabillée et est partie en  me traitant de tous les noms ; mais elle pouvait  me dire ce qu’elle voulait, je ne l’entendais pas. J’étais amoureux  d ’Amy. Je venais de le réaliser.

Je vous épargne comment j’ai bataillé pour qu’elle veuille me donner une autre chance… Mais bon  tout ça était bien loin. Et depuis j’avais résolu de me racheter toute ma vie  de l’avoir fait pleurer un jour.

-Allô, tu viens m’ouvrir ?

J’entendis  le verrou de la porte se débloquer.

– Eh ben dis donc !  dis-je en riant, tu montais la garde derrière ta porte  ou quoi ?

– Tu aurais peut-être préféré que je te laisse poiroter des siècles devant la porte ?  Attends-moi bébé, je reviens dans quelques secondes, dit-elle en s’éloignant.

–  Je range un peu le souk que j’ai foutu dans la chambre et je reviens.

Je la retins par le bras, pour la serrer contre moi.

– Je reviens.

Son murmure me traversa tout entier.

*************

La fête battait déjà son plein quand nous sommes arrivés dans la boite qu’elle avait louée pour l’occasion.

– Amy!

C’était Michèle qui nous avait vus rentrer.

– Tu m’a fais peur, je commençais à désespérer de te voir ! Je n’allais plus jamais t’adresser la parole !

– Toi aussi Michou, est ce que je pouvais rater l’évènement du mois ?

Elles éclatèrent de rire.

– Joyeux anniversaire Michou ! Tiens, c’est pour toi. Je savais qu’elle aimait les parfums d’Yves Rocher.

– Eh mon joli « beau » ! Trop gentil. Moi j’aime les beaux  « capables » ! Viens que je t’embrasse !

Elles avaient vite fait de me laisser tout seul, je ne faisais pas le poids devant la piste de danse.

Je me suis tranquillement dirigé  vers le bar. Je venais d’apercevoir Joe, un cousin d’Amy.

– C’est comment mon gars ?

– Tranquille Marc et toi ?

–  Me voici !

– Les filles et leur histoire d’anniversaire ! Tu imagines tous les sous qu’elle a brûlés pour ce soir ! Location de la boite, boissons à profusion. Tu me donnes ça comme fond de Business et je deviens milliardaire. C’est son chéri qui me fait pitié.

–  Eh Joe, tu aimes trop l’argent. Les millions que tu gagnes par jour ne te suffisent pas ? – il est propriétaire de deux parcs autos – il faut que tu t’occupes de l’argent de tes  amis.

–  Mon cher, heureusement que l’argent  tourne !  Aujourd’hui ils le dépensent, demain ce sera peut-être pour moi.

– Le businessman !

– Laisses ça ! Sinon, et toi ? Tu as pu trouver un truc maintenant ?

– J’ai aligné entretiens sur entretiens, j’attends…

– Ça va aller ! C’est pour tout ça que je n’ai pas fait « papier longueur », l’argent tarde trop à venir.

Je t’ai déjà proposé…

Joe continuait de parler, à vrai dire je ne l’écoutais qu’à moitié faire l’apologie du « business world ». Les gens dans la boite étaient déchaînés, ils semblaient bien s’amuser. Amy comme à son habitude s’était fait des fans, émerveillés par sa maîtrise de l’art de la guinche. Je me demandais de qui elle tenait ce talent. En plus, elle  avait pratiquement grandi en Europe.

– Marc, tu la connais la fille, là-bas à droite ?

– Euh… non, fis-je en jetant un coup d’œil rapide.

– On dirait qu’elle si. Elle te reluque depuis un moment. Eh Marc, fouilles dans ta mémoire de « gazeur», elle doit être quelque part ! plaisanta-t-il.

– Regardes, elle vient vers nous.

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Cet article a été écrit par Daphney Tarek

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Comments (2)

  • ATTO 30 août 2012 à 10 h 18 min

    j’ai bcp aimer l’histoire surtout le récit de la relation entre Marc et Amy par compte je déplore un style un peu trop télégraphique et brusque en ce qui concerne le déroulement de l’entretien, le taxi

     Reply
  • Daphney Tarek
    Daphney Tarek 30 août 2012 à 18 h 07 min

    Merci Atto pour cette critique constructive.

     Reply

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