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Maximus

AUJOURD’HUI TOUT VA FINIR (2)

avril 17, 2013 5:12 Publié par

–   Je ne lui ai jamais rien demandé lui dit alors Abdel

–   C’est pour cela qu’il acceptera sans broncher.

–   Maman moi j’ai peur de l’argent des riches, ils te demandent toujours plus.

–   N’aie crainte, tout va se régler si tu lui demandes

Finalement, au bout de quelques semaines, Abdel revint lui dire que tout s’était réglé. Le lendemain, ils visitaient une maison, et Aïssata se rendit compte que tout s’était vraiment réglé.

Tout est réglé voulait dire en fait que cette belle maison dans ce quartier était  à elle, oui, c’est vrai « tout était alors réglé », il venait d’avoir son permis et son patron lui avait acheté un taxi.

Abdel était parti très tôt, il revint avec une bonne nouvelle, et comme il le lui dit elle pourrait dès ce soir emménager dans cette demeure somptueuse.

***

Il faisait presque soir et après avoir quitté son zénith, le soleil s’en allait à l’ouest. Après avoir vendu, Aïssata avait déjà fini la vaisselle et rangeait les ustensiles dans un sac comme d’ailleurs le reste de ses affaires. Elle avait envoyé Mariam sa fille au marché pour acheter une valise dans laquelle elle allait déposer  ses habits. Cette dernière lui dit qu’elle passerait chez certains de ses amis et qu’elle reviendrait dans la soirée.

Pendant qu’elle balayait son petit préau poussiéreux et espérait de tout son vœu une pluie  que tout Boribana appelait depuis des semaines, elle entendit un bruit dehors, quelques minutes plus tard un homme apparut, il était tout de blanc vêtu et en sueur, il lança dans la hâte :

–   Maman, s’il te plait cache-moi, ils veulent me tuer

–   Entre, entre vite dans la maison, lâcha-t-elle

Il murmura un merci et s’enfuit dans la maison. Aïssata avait remarqué qu’il avait été lapidé et les projectiles avaient entaché de part en part son beau costume blanc. Il n’était pas de Bori, elle le savait.

Plus de 30 secondes après elle entendit des gens courir dans les environs en criant des « il est où ? » plaintifs. Arrivés à sa hauteur, ils s’arrêtèrent.

–   Maman Aïssata, n’aurais-tu pas vu un monsieur passer ici ?

–   Quel monsieur ? qu’a-t-il fait ?

–   Il était tout de blanc vêtu, il … il …

–   Tu vois,  Euloge, lança-t-elle à l’endroit de celui qui parlait. Je parie qu’il n’a rien fait le pauvre, et vous êtes tous après lui avec des gourdins, passez votre chemin, il n’est pas ici.

Les autres bégayèrent quelque chose et s’en allèrent, avec la même allure pour rechercher leur monsieur tout de blanc vêtu.

Pour la troisième fois Aïssata entendit des pas et vit encore un groupe de personnes, cette fois-ci, des doyens du quartier, ils l’appelèrent de loin.

–   Aïssata !!!

–   Oui, venez !!! Je suis là

–   Bonjour ma sœur,

–   Bonjour, je vous vois ici !!!

–   Oui, Aïssata,

–   Que se passe-t-il, que voulez-vous ?

–   Abdel !!!

–   Quoi ?

Un coup de tonnerre retentit, le ciel commença à s’assombrir

–   Abdel rentrait au quartier à bord d’un taxi neuf, … et une grosse voiture lui rentra par le flanc, sa voiture est tombée dans le ravin, les pompiers ne sont pas encore venus mais les jeunes du quartier ont extrait son corps

–   Quoi ? vous parlez de quoi ???

–   Abdel est mort

–   … rien ne put s’échapper de la gorge d’Aïssata

–   Son meurtrier a pris la fuite, il est rentré dans le quartier, il était tout de blanc vêtu.

–   Eh Dieu, non, pas ça, pas Abdel, non, pas ça, s’il vous plait pas ça lança-t-elle avant de crier.

–   Nous allons nous occuper de lui, les femmes du quartier arrivent, Aïssata sois forte.

Dans la maisonnée, le monsieur tout de blanc vêtu venait d’entendre tout ce que les gens disait et se rendait compte que le ciel était en train de lui tomber sur la tête. Pendant ce temps Aïssata était restée muette, ses larmes qu’elle avait fini de pleurer durant toute sa vie ne pouvaient même plus couler, elle fixait la porte d’entrée de son domicile, elle venait d’y faire rentrer l’assassin de son fils.

Le ciel gronda encore une fois et la pluie commença finement, elle se leva, pendant que le monsieur de la maison voulut sortir, son pied s’entremêla dans les fils électriques qui traînaient devant et Aïssata entendit un grand cri effroyable sortir de sa maison. Comme une masse de terre découpée, son corps s’affala devant elle, dans son grand costume de chauffard assassin alors que les femmes du quartier entraient dans la cour.

***

Quelqu’un appela la police, on ne sait pas qui, ils constatèrent qu’Aïssata avait tué M. Koné, un riche opérateur économique quand elle avait appris que c’était sa voiture qui avait renversé son fils. Ils l’emmenèrent.

Les bidonvilles devenaient dangereux, trois mois après, le maire prit la décision de raser Boribana, bori bana.

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Comments (4)

  • caissta 17 avril 2013 à 20 h 02 min

    J’attendais avec hâte la suite, voila c’est fait , bori bana!
    Le texte est bien écrit et s’enchaîne de sorte qu’on a pas le temps de s’ennuyer , on est juste captiver un peu comme quand on lit un J. K. Rowling

     Reply
  • Josya Kangah
    Josya KANGAH 17 avril 2013 à 22 h 56 min

    J’attendais avec impatience la 2ème partie de ce texte. je ne suis pas déçue. cependant je trouve la fin de l’histoire brusque, précipitée…
    Autant le début de l’histoire nous entraine dans le doute autant la fin doit éluder toute idée dubitative. trop de questions subsistent à la fin de ton texte s’il se termine comme ça.
    En gros pour moi cette partie est une symphonie inachevée

    cela dit, merci Maximus

     Reply
  • valdo 18 avril 2013 à 8 h 57 min

    Belle suite, même si je trouve aussi la fin quelque peu précipitée. Vraiment Bori bana. Merci Maximus

     Reply
  • Heidi 21 avril 2013 à 21 h 23 min

    Moi j’ai pluôt aimé la chute, les évènements se précipitent pour montrer le chaos, l’acharnement du destin sur cette bonne femme. En une seconde, sa vie bascule, de l’enfer au pire.
    Bienvenue Maximus

     Reply

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