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AMLAN, LA CHANTEUSE

février 21, 2013 2:20 Publié par
Baba , nian ô yi klo man wô* ( papa , écoute ta femme ne t’aime pas ) – Purée… Amlan, tu vas m’arrêter ce charabia linguistique s’il te plaît … Quand tu veux chanter, chante en français sinon la ferme ! Mon Dieu, elle me donnera toujours des migraines, celle-là ! -Pardon tonton, j’a trompé oh. – Ouais, c’est ça, fous toi de ma gueule en plus ! -Chérie, qu’est-ce qu’il y a pour que tu sois aussi énervée ? – Ma douce, c’est encore la boniche qui reprend ses conneries. Elle se met à chanter dans son patois. Tu sais bien que ça me donne des migraines ce truc. – Mais bébé, c’est aussi ta langue non ? Ta mère est bien baoulé … – Ouiii, je sais…mais je n’aime pas, OK ? Je me souviens comme si c’était hier, de cette histoire. Si seulement, je comprenais ce « patois », j’aurais évité bien des choses. Pourquoi ? Parce la boniche en question m’envoyait des alertes quant à l’attitude de mon épouse. Sita me trompait avec Salif, mon meilleur ami. Ils étaient tous les deux Dioula. Chaque fois qu’ils étaient ensemble, ils s’étendaient dans des discours en dioula, ponctués de sourires, de regards langoureux et de tapes bizarres. Moi, je pensais tout bonnement que c’était la « douceur » de la causerie qui se manifestait … Je vous raconterai du mieux que je peux ma mésaventure, puisque c’est finalement en baoulé que j’ai pu décrypter ce qui se passait sous mon toit. Un soir, je décidai de rentrer à pied, vu que j’étais tombé en panne à quelques mètres de la maison. A mon arrivée, je trouve Amlan au garage en train de faire la lessive. De bonne humeur, je décide de la taquiner. – Alors Amlan, tu vas bien ? – Tonton, ja complens pas bien français oh (tonton, je ne comprends pas bien le français). Mais pourquoi, toi parlez pas baoulé? Ou bien tu n’as pas comprends lui ? (ou bien tu ne comprends pas le baoulé) – Amlan, le baoulé ne pas m’a pas été enseigné par mes parents. Chez nous, on a toujours parlé français. Mes parents ont jugé ça inutile. En plus, ils n’ont pas eu tort. Je n’en ai jamais eu besoin de tout mon parcours jusqu’à maintenant alors… Je voyais bien qu’Amlan essayait, tant bien que mal, de me suivre dans mon argumentation. Je compris à son sourire qu’elle avait capté l’essentiel. Pas aussi bête que ça, cette villageoise ! Je me retournai donc, pour entrer dans la maison, quand elle m’interpella: – Tonton, ton femme t’a blagué. Je ta dit ça dans mon chanson juskan mais …. (Tonton, ton épouse te trompe. Je te l’ai plusieurs fois dit dans ma chanson) – Quoi ? – Tous les jours, quand tu as là, toi seul, je chanté » Baba, nian ô yi klo man wô » (papa, écoute ta femme ne t’aime pas) mais toi tu écoutes pas moi oh. Si tu comprendais là, tu allais de attraper lui ! Faut partir vite, ça yé dans la cuisine ! Vous êtes surement en train de réaliser avec moi que …. Je m’élance donc dans le salon et je tombe sur la scène qui me torture jusqu’à aujourd’hui : Ma femme et mon ami Salif ! – djarabi mbi fè, walaye (mon amour, je t’aime tant) – gna tchê bé nan nan, kan na kê san (mon homme arrive, ne fais pas s’il te plait) – a tohi, ni hé gnan môgô dé (laisse-le, c’est un imbécile) C’est ainsi que je les surpris, joue contre joue, flirtant dans ma maison… Au moment où je vous écris, je suis au village avec Môh Kla, ma grande tante ! Vous voulez surement savoir ce que j’ai fait d’eux ? J’y reviendrai quand j’aurais trouvé les mots « divorce » et « bastonnade » en baoulé !
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Cet article a été écrit par Lys

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Comments (14)

  • DK 21 février 2013 à 15 h 02 min

    looool. comme quoi c’est important de comprendre sa langue, ca aide beaucoup

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  • Valdo One 21 février 2013 à 15 h 06 min

    lool, merci pour ce moment de lecture et surtout pour l’humour. Comme quoi connaître sa langue maternelle peut toujours être un plus. Encore Anitché.

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  • Sadjee 21 février 2013 à 15 h 28 min

    Hééé…Missié djanvouè ô ti tè ooh!!!lol

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  • Lys
    Lys 21 février 2013 à 15 h 38 min

    J’espère vraiment que ça vous a fait sourire ! 🙂

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  • Tanya Gourenne
    Tanya Gourenne 21 février 2013 à 16 h 47 min

    Merci Lys pour ce texte plein d’humour. Cependant, je me suis un peu perdue quant aux personnages dès les premières lignes. On sait que Amlan parle à un homme (« pardon tonton… »). Puis quelqu’un dit: « chériE…énerveE » et on lui répond: « ma douce ». Donc je me demandais ou était passe le « tonton » et si l’on avait en présence 2 femmes plus Amlan.

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  • Armie Pockpa 21 février 2013 à 17 h 02 min

    Je suis mort de rire ! Beau texte bel argumentation j’adore

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  • Lys
    Lys 21 février 2013 à 17 h 07 min

    @tanya
    c’est un homme qui raconte son histoire . On a donc trois personnages : le mari, l’épouse Sita et Amlan
    pour le mot « énervée », c’est juste une perle qui s’est glissée lors de la rédaction !

    @armie c’était ça le but ! ravie que ça t’ait plu

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  • Josya Kangah
    josya kangah 21 février 2013 à 17 h 25 min

    LOL j’ai aa-do-ré ce brin d’innocence qu’il y a dans ton histoire.

    Et comme il paraît qu’aujourd’hui est la journée internationale de la langue maternelle….

    merci Lys

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  • Licka choops 21 février 2013 à 18 h 18 min

    lol c’est la plus belle histoire que tu nous ai présenté depuis que tu écris! c’est drole simple et instructivee bravo

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  • SAS
    sas 21 février 2013 à 18 h 33 min

    Bravo! J’ai ris à souhait.

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  • Farapie
    Farapie 22 février 2013 à 12 h 32 min

    loool!!! Ton histoire sensibilise sur l’importance de la langue maternelle tout en étant pleine d’humour. Bravo Lys

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  • Marshall Kissy
    Marshall K. 22 février 2013 à 18 h 34 min

    Original, ces transcriptions de la langue. Original, le parler de la boniche. Mais, dans ces cas là, je pense qu’il n’est pas intéressant de traduire correctement après. Tu aurais pu laisser tel quel. ça enlève un peu à l’originalité.

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  • N'cho Esther 1 mars 2013 à 10 h 36 min

    j’ai vraiment adoré, surtout quand elle lui a dit que ça yè dans la cuisine, là il a toute suite compris. looollll… Si nos parents pouvaient lire ça, ils comprenaient l’importance de nous apprendre notre patois.

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  • Daphney Tarek
    Daphney Tarek 16 mars 2013 à 14 h 52 min

    c’est joliment écrit. rien qui déborde , chaque mot à sa place . i like it

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