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Kitchin

ABIDJAN – JOHANNESBURG VIA DAKAR

janvier 9, 2013 10:15 Publié par

Qu’on aimerait bien aller au pays de Madiba . On rêve d’y aller chers amis, afin de pouvoir ramener cette œuvre d’art en or. On veut aussi apporter de retour dans nos bagages la sagesse, le pardon, le vivre ensemble de ce peuple, choses toutes dont notre peuple a réellement besoin. On veut aller labourer les champs, sonder les terres, capturer les photos du Cap depuis nos téléphones portables sur cette terre tout en bas.

Nous, Ivoiriens, voulons aller à Marikana, non pas pour exporter notre « Maracaña », mais pour aller dire à ces frères que nous sommes là, que nous sommes présents pour les divertir, dire aux mineurs que nous saurons le temps d’un tournoi mettre de la joie dans leur cœur, pour effacer le temps d’un mois ces souvenirs tristes de scènes de crimes.

Nous Ivoiriens, nous apprêtons pour ce voyage avec ces garçons venus de la plupart des ghettos d’Abidjan pour mettre le cap sur Soweto, afin d’apprendre le zoulou, écouter l’histoire de CHAKA et danser sous les cris de chants envoûtants de BRENDA. Aussi, nous ne reviendrons pas avant de n’avoir fait un tour dans cette cellule, lieu de pélérinage, pour prêcher de retour les vertus de l’homme au peuple d’ivoire : Ce sont les paroles de Mr Olivier JOUJOU, président du comité de soutien aux éléphants, sur les antennes de la télé nationale à la veille de ce match décisif de qualification pour la CAN qui devait se tenir en Janvier 2013.

Ce soir, dans tous les quartiers d’Abidjan et de sa banlieue, jeunes, femmes, vieux et enfants n’avaient qu’à la bouche le match qui se jouera dans les arènes des lutteurs du Sénégal. Chacun y allait de son pronostic, et les plus fervents supporters pariaient sur une balade des éléphants. Dans le Gbaka qui m’amenait ce jour de veille de match à Anyama, deux jeunes hommes assis juste devant l’apprenti avaient l’air d’être des ‘’connaisseurs’’. L’un tentait d’expliquer la meilleure tactique à adopter par le coach.

– Tu sais quoi ? Si coach Lamouchi adopte un système en 4-4-3 avec un milieu en losange où Kader et Gervinho sont positionnés sur les cotés, les latéraux du Sénégal ne pourront rien faire ! – Oui c’est vrai que les latéraux sénégalais ne tiendront pas la route devant nos deux « dynamiteurs », mais tu sais bien que notre « goaleador » Didier n’est pas trop adroit devant les buts ces derniers temps, lança l’autre.

Et leur discussion continua jusqu’à la descente sous le regard des autres passagers qui semblaient tirés des enseignements de cet échange entre les deux footeux.

La nuit paraissait plus longue que d’habitude au regard de l’empressement des gens pour ce jour capital, qui serait sûrement pour notre capitale une fois de plus jour de fête. C’est dans cette ferveur collective, cette impatience contagieuse que j’abandonnais mon groupe d’amis autour du thé pour rejoindre ma chambre où je me laissais emporter dans les bras de Morphée pour ce rêve.

« Avec des airs de stars hollywoodiennes, chaussures griffées, casquettes à l’envers, sandales à la marque aux trois traits aux pieds, sans oublier les petits sacs en peau de python portés avec fierté sur le côté, nos garçons, frères, pères sont montés dans un avion Air Ivoire prêt à partir vers la nation arc-en-ciel.

Et, en ciel depuis une trentaine de minutes, une dame teint noir, sous la musique saccadée de ses perles aux reins, avec un déhanchement déroutant, sort des toilettes hommes, passe en revue toute la meute d’éléphants, avec à sa tête notre capitaine national, et comme par magie elle avance en dégageant une énergie sensuelle qui ne donne seulement envie de la voir marcher. Dans un silence de « black out », où elle seule arrive à bouger, elle se trémousse, se faufile sous le regard perplexe des hôtesses et autres membres de la délégation ivoirienne qui ont à leur cou un badge marqué « FIF ».

Sans être vive, elle entre dans la cabine et crie aux pilotes : « walaye ! si vous ne passez pas par Dakar, tous nous allons périr », menaçant ainsi le commandant de bord avec des gris-gris enveloppés de peau de lion. Avec au cou un collier d’arachides, elle s’exclame encore : « walaye ! si vous ne passez pas par Dakar, mon marabout depuis Touba fera atterrir cet avion ».

La sérénité légendaire du pachyderme ne quitta pas nos joueurs, l’instinct de vie, chose la plus élémentaire prévaut. Et sans autre forme de révolte, pour l’équipage et toute l’équipe ivoirienne, il est l’heure d’aller au pays de Senghor, loin de l’or qui se trouve dans les stades du Cap. Dès l’atterrissage de l’avion, Dame Diop escorte la délégation orange, blanc et vert dans un restaurant situé dans les faubourgs dakarois, plus précisément à la Médina et commande pour tout le monde des plats de « tchep djen » et de « mafé », spécialités culinaires de là-bas, en déphasage du menu « garba au thon » prisé par les joueurs ivoiriens.

Et avant d’aller à l’hôtel réservé pour l’occasion par Dame Diop : Gorée, lieu de départ des enfants perdus de l’Afrique pour les terres lointaines de l’Amérique où nos joueurs devaient logés, elle exige de faire une escapade en boite de nuit sous des sonorités du mbalax, à 180° de notre coupé décalé national que Kader n’échangerait pour rien au monde.

Et le lendemain, nos joueurs doivent faire 90 minutes sous ce soleil sahélien dans le stade Léopold Sédar Senghor dont les environs sont bordés par des marabouts assis sur des tapis en peaux de moutons implorant Allah pour que notre route s’arrête là, à la sortie de ce stade. »

Allah Akbar, Allah Akbar, Allah Akbar, l’appel du muezzin de la grande mosquée du quartier Dallas d’Anyama sonna la trêve à mon rêve. Toute cette histoire était une fiction, encore une de mes nombreuses imaginations. A mon réveil sur la route de la mosquée, l’envie de gagner faisait maintenant place à la prudence, à la peur dans une certaine mesure. Mon rêve je le savais banal, mon imagination je la savais trop fertile, mais j’avais peur vu l’enjeu du jeu qui devait avoir lieu ce jour à 15h45 heure de Dakar. Ainsi, je restais dans ma chambre en attendant le match, devant moi mon poste récepteur drapé dans un napperon orange et laissant les autres chanter dehors, éléphants, éléphants, éléphants, éléphants.

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Cet article a été écrit par Kitchin

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Comments (7)

  • DJOKE ANGE 9 janvier 2013 à 14 h 51 min

    le coup du rêve semble old fashion mais le début est remarquable .

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  • Licka choops 9 janvier 2013 à 19 h 19 min

    euhhhh le foot déjà c’est pas un sujet qui plait a tous et après avec plus de … je ne sais pas quoi dire mais il manque un truc dans la recherche des idées il manque ce petit truc qui fait qu’on accroche dès les premiere ligne enfait tu as voulu selon moi trop bien écrire et au final tu en as fait trop peu dans le sens ou c’est confu et plat mais c’est mon point de vue a moi bonne chance pour la suite

     Reply
  • Kitchin
    kitchin 10 janvier 2013 à 10 h 49 min

    merci pour tous les critiques, je prend acte et je ferais tous la prochaine fois pour combler vos attentes. Il est vrai qu’on écrit d’abord pour se plaisir mais il est important aussi que les autres ressentent la même sensation.

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  • Sylvain Lefrancet
    Sylvain Lefrancet 14 janvier 2013 à 13 h 45 min

    Ton texte m’a bien la tête d’un reportage. Il ne se comporte pas comme une nouvelle. Je crois qu’il y a bien de la matière mais il faudra un peu plus de tact pour faire rêver le lecteur.

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  • Heidi 19 février 2013 à 22 h 40 min

    Je me suis perdue dans ton texte Kitchin 🙁 Tu parles de tellement de choses à la fois, qu’on ne suit pas tout. L’idée du rêve est très intéressante, mais tu ne l’as pas bien exploitée.

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  • Kitchin
    kitchin 20 février 2013 à 16 h 21 min

    heidi, comme tu l’as remarqué , les autres amis m’ont déja faire savoir le fait que mon texte avait beaucoup et même trop d’imperfections. le fait que tu le mentionnes encore montre bien que le texte n’est pas bon. je prend actes et prochainement je ferais de mon mieux. merci

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  • Heidi 20 février 2013 à 20 h 51 min

    Sorry kitchin, c’est juste que j’ai découvert le blog récemment donc je lis les articles au fur et à mesure..Ne sois pas si dur envers toi même 🙂

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