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Aurenzo Amsa

A TOI, AMOUR

janvier 14, 2013 10:41 Publié par

Je suis au bout du rouleau, épuisée par des journées, des semaines, des mois, des années de souffrance, de déception, d’espoir vain. J’ai pensé pendant longtemps que je te trouverais en chacune des personnes qui ont jalonné ma vie, qui l’ont partagée. J’ai bien cru t’apercevoir au tournant d’une ruelle sombre au cours de mes nombreuses et solitaires balades pendant lesquelles je réfléchissais sur la façon de te trouver, comment t’apprivoiser, comment te garder, comment te chérir afin que tu ne t’en ailles point loin de moi. Les circonstances, le lieu, la manière m’ont paru tellement invraisemblables que j’ai refusé d’y croire, croire qu’enfin tu avais posé les yeux sur moi. Je t’ai rattrapé après une course effrénée. J’ai marché à tes côtés, toute heureuse de t’avoir enfin trouvé. Je t’ai raconté ma vie, toute misérable sans toi. Tu as eu compassion de moi, tu as accepté de marcher à mes côtés, de me protéger, de me consoler, de me donner de la joie, du bonheur.

Je me souviens de tous ces jours où, heureux, nous nous promenions main dans la main dans les rues de cette ville qui a été témoin de nos baisers, de nos caresses, de nos confidences, de notre complicité. Te rappelles-tu ce jour où nous marchions le long de la plage, nos pieds baignant dans les vagues qui venaient mourir sur la berge. Te rappelles-tu que tu m’as promis de rester pour toujours avec moi, de tout partager avec moi, peines, joies, souffrances, rires, pleurs, échecs, réussites. Bref, tu m’as promis de rester à mes côtés pour le meilleur et le pire. Je t’ai cru parce que j’avais longtemps rêvé de cela, j’avais espéré toute ma vie qu’un jour tu me dirais cela. Ce jour fut le plus beau jour de toute ma vie, et même aujourd’hui je le chéris encore.

Nous avons vécu de beaux moments devant les regards jaloux et haineux de ceux qui ne voulaient que notre malheur, ceux qui espéraient la fin de notre histoire. Malgré les coups fourrés des uns et des autres pour nous séparer, nous avons tenu bon, liés par nos promesses respectives. Et nous avons toujours continué ainsi dans notre bonheur presque irréel tellement il était grand. Ce que je ressentais pour toi était tellement fort pour que les futiles récriminations de ces personnes puissent y changer quoique ce soit. Je ne pensais qu’à toi qui remplissais ma vie de tant de bonheur. Qu’importe que ce soit ma famille qui me mette en garde, qu’importe non plus que ce soit mes amis qui le fassent. De toute manière, tu étais ma famille, mes amis. Tu étais tout pour moi. Nul besoin d’eux pour savoir comment diriger ma vie, nul besoin d’eux pour des conseils, pour un soutien, nul besoin d’eux tout court.

Je vivais sur un nuage, flottant dans le bonheur jusqu’au jour où il se dissipa. J’ai eu mal, vraiment mal lorsque tu m’as dit que tu ne pouvais plus rester près de moi, marcher à mes côtés, partager mes peines, mes joies, mes souffrances, mes rires, mes pleurs, mes échecs, mes réussites. Tu m’as avoué que tu ne pouvais plus me protéger, me consoler, me donner de la joie, du bonheur. Qu’il te fallait t’en aller loin de moi pour pouvoir trouver ton bonheur et pourquoi pas faire le bonheur de quelqu’un d’autre. J’ai alors réalisé que tu ne pouvais rester toute la vie près de moi. Je m’étais fait des illusions et du mal en imaginant le contraire. Tu es fait pour aller où bon te semble, tu es fait pour courir d’un lieu à un autre pendant que moi, je voulais te retenir prisonnier dans mon cœur. Mais tu t’es lassé de cette prison aussi dorée soit-elle. Et tu t’en es allé faire chavirer d’autres cœurs.

Tu n’as pas choisi loin car je te vois au côté de cette mégère du quartier, cette fille que je répugne à saluer et que tout le monde méprise. Je me demande encore comment tu as pu t’enticher d’une fille aussi aigrie, qui passe tout son temps à jalouser le bonheur des autres. As-tu voulu lui faire goûter à ce bonheur qu’elle enviait tant à ceux qui avaient la chance de l’avoir ? As-tu  voulu la faire changer ? Je ne saurai sûrement jamais les raisons qui t’ont poussé à aller vers elle car tu fais ce que tu veux, tu vas où tu veux et quand tu le veux. Je ne peux que prier et espérer qu’à nouveau tu reviennes frapper à ma porte. Mais seulement après avoir pansé cette plaie béante que tu m’as laissée. Mais pour sûr, elle guérira, elle se cicatrisera, elle disparaîtra.  Car c’est toujours ainsi : tu viens pour un moment nous rendre heureux, tu repars en nous faisant tellement mal pour ensuite revenir quand bon te semble. Et ainsi de suite, toujours la même chaîne. Rares sont ceux qui ont pu te garder toute leur vie et chanceux sont-ils! Tu es ainsi fait, Amour…

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Cet article a été écrit par Aurenzo Amsa

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Comments (7)

  • Sadjee 14 janvier 2013 à 11 h 07 min

    J’ai trouvé que certaines phrases faisaient un peu cliché ( marcher le long de la plage, pieds baignés par le reflux des vagues …), mais dès que j’ai su la chute, j’ai changé d’avis, je suis remontée relire…je trouve que tu évites admirablement de tomber dans la Pathos par un style tout en simplicité, et qu’en même temps, tu dégages beaucoup d’ émotion. Personnifier ainsi l’Amour, est un très beau choix, je relis ton texte dans cette nouvelle perspective, un régal!J’aime particulièrement l’idée de ce passage : « Tu es fait pour aller où bon te semble, tu es fait pour courir d’un lieu à un autre pendant que moi, je voulais te retenir prisonnier dans mon cœur. Mais tu t’es lassé de cette prison aussi dorée soit-elle ». J’aimerais beaucoup te relire.
    Un miniscule bémol: attention aux coquilles…

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  • Aurenzoamsa (@Aurenzoamsa) 14 janvier 2013 à 11 h 32 min

    Merci Sadjee! Effectivement au début on a l’impression que je parle d’une personne mais à la fin on se rend compte qu’il s’agit en fait du sentiment Amour. J’ai essayé tant bien que mal de le personnifier. Mais stp dis moi quelles sont les coquilles qui se sont glissées à l’intérieur pour que la correction soit faite.

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    • Sadjee 14 janvier 2013 à 13 h 02 min

      « Ce jour fut le plus beau jour de toute ma vie, et même aujourd’hui je le chéri encore. » : je le chériS plutôt.

      « J’ai bien cru t’apercevoir au tournant d’une ruelle sombre au cours de mes nombreuses et solitaires balades pendant lesquelles je réfléchissais sur le comment te trouver » : le « LE » qui précède « comment », est une maladresse dans ce cas, je trouve.

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  • Farapie
    Farapie 14 janvier 2013 à 12 h 10 min

    J’ai moi aussi pensé à une personne et maintenant je pense au monde entier. Nous portons en nous tous ce sentiment, que l’on soit mégère, frivole , honnête…En tout cas, jolie ode à l’Amour!

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  • Sylvain Lefrancet
    lefrancet 14 janvier 2013 à 13 h 12 min

    Mêmes impressions que mes devanciers. Pour savourer vraiment ce texte, saisir sa quintessence, il faut le lire jusqu’au bout. C’est une très belle chute. Je crois qu’il y a trop d’incises.

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  • KABA Kouda 16 janvier 2013 à 13 h 03 min

    Beau texte, belle vue d’ensemble sur le sentiment qu’est l’amour.

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